It's a race - Feat Night

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Sam 27 Fév - 22:27
Night Evans & Raven Walker
It's a race !
Raven était arrivée à Tevara depuis déjà quelques jours et commençait à prendre doucement ses marques. Ce n’était pas forcément facile d’intégrer un lycée en deuxième année, cependant ici c’était une chose courante. La jeune fille avait vite repris une routine qu’elle connaissait bien. Les journées se déroulaient sur une chaise dans une classe. Rien de plus banal. Cependant, c’était bien la seule chose banale sur cette île.

De sa chaise, Raven avait la tête tournée vers la fenêtre qui dévoilait discrètement un horizon splendide. De toute sa vie, la jeune fille n’avait jamais vu rien d’autre que sa ville et des immeubles à perte de vue. Forcément, le décor paradisiaque qu’offrait cette île était incroyable. Elle ne se lassait pas de regarder ce paysage. Malgré tout, ses réflexions lyriques ne suffisaient pas à occuper son esprit très longtemps.

Elle n'avait pas bougé de toute la matinée, et après un repas quelconque, elle était de nouveau sur sa chaise depuis plus d’une heure et demie. Il ne lui restait que trente minutes avant la fin des cours, mais c’était la demi-heure de trop. Elle était lasse de n’avoir rien à faire. La jeune fille se dandinait sur sa chaise. Elle avait mal aux fesses. Elle se trémoussait dans tous les sens, alternant son appui entre la fesse droite et la gauche. Ça ne changeait pas grand-chose, mais elle ne pouvait rien faire de plus. Raven essaya alors d’écouter les explications du professeur sur un théorème saugrenu, mais cela lui donna mal à la tête. Elle soupira.  

De longues minutes plus tard, la sonnerie libératrice retentit dans tout l’établissement. Son supplice prenait fin. Elle quitta la pièce rapidement. Par chance, il n’était que quinze heures et elle avait fini les cours. Elle voulait profiter du reste de la journée pour se détendre. Elle pensait faire un tour en dehors de l’école pour découvrir les alentours lorsque son regard fut attiré par une fenêtre du couloir ; ou plutôt par ce qu’elle voyait à travers. Le terrain de sport. Elle su aussitôt ce qu'elle allait faire de son après-midi. Elle allait pouvoir se défouler un peu.

Cependant, elle ne pouvait pas faire du sport avec son jean et ses bottines. Elle passa donc par sa chambre, en profitant pour sortir les livres de cours de son sac qu’elle déposa sur son lit. À la place, elle y rangea des vêtements et une paire de chaussures. Elle parcourut l’école jusqu’aux vestiaires. À cette heure-ci, la plupart des élèves étaient en cours et les autres devaient être en ville. Quoi qu’il en soit, le vestiaire était désert, certainement comme le terrain de sport d’ailleurs. La demoiselle n’était pas spécialement pudique, mais appréciait tout de même avoir le vestiaire pour elle toute seule. Elle enfila un legging, un sweat-shirt fleuri et des baskets. Elle entassa le reste de ses affaires dans un casier.

Tandis qu’elle rejoignait le terrain de sport, elle mit des écouteurs dans ses oreilles et brancha le cordon à son téléphone. Elle n'aimait pas vraiment le silence. Il n’y avait personne. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Elle attacha ses cheveux en une queue de cheval haute et commença à s’échauffer. Les courbatures du lendemain n’étaient vraiment pas agréables. Elle devenait prévenante avec le temps. Elle tirait ses jambes l'une après l'autre vers l’arrière en s’aidant de ses mains, tout en fredonnant l’air de la chanson qui passait dans ses écouteurs.

C’est alors qu’elle aperçut une adolescente qui courait le long du terrain. Elle ne l’avait pas remarquée avant. D’ailleurs, elle courait étonnamment vite cette fille. Ses cheveux de blés s’envolaient au gré de ses pas. La violine ne put s’empêcher de sourire pendant qu'elle retirait ses écouteurs. Elle se savait pas si l'inconnue l'avait entendue chanter, mais si c'était le cas, ça n'avait pas dû être très agréable pour ses oreilles. Alors que l’adolescente arrivait à sa hauteur, Raven s’adressa à elle.

— Tu cours vite ! Mais je parie que je suis encore plus rapide que toi.

Elle avait prononcé ses mots d’un air un peu narquois. En réalité, elle n’était même pas sûre d’être plus rapide que la blonde. Certes, elle était sportive, mais n'était pas une championne dans ce domaine. Elle avait dit ça par pure provocation. Le défi était à peine caché. Elle aimait bien narguer les gens, ça l’amusait. Et puis honnêtement, elle n'avait pas très envie de courir toute seule. Elle trouvait ça bien plus distrayant de mettre un peu de compétition dans sa vie. Elle hésita un court instant avant de se décider à en remettre une couche. Elle croisa les mains dans son dos et se pencha légèrement vers la blonde. Son sourire ne quittait pas ses lèvres.

— Enfin, peut-être que tu as peur de perdre.

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Dim 28 Fév - 0:08

It's a race !



 
Il est 14 heure et une masse de lycéen se pressent dans les couloirs et dans la cours, c'est insupportable. Pourquoi est-ce qu'ils sont tous aussi pressés d'aller en classe ? Il y a bien mieux à faire. En plus je déteste toute cette foule qui se presse et se grouille comme des animaux. Sérieusement, il n'y a aucun endroit à peu près calme ici où je pourrais être tranquille ? Les salles de classes, les couloirs, la cours, le préau... tout ça est synonyme de bruit, de chaos, de monde, de murmure. Ca m'énerve rien que d'y penser.
D'ailleurs je viens de revenir de la cantine, je pense que c'est le pire endroit du monde ici ! Il y a encore plus de bruit qu'au bahut, les gens se sentent obligés de beugler pour qu'on les entendent dans tout ce raffut...et en plus la bouffe est même pas foutue d'être bonne ! Je suis pas très difficile niveau nourriture, mais là c'est au même niveau que les gâteaux que j'achetais à Paris. Et mon dieu qu'est-ce qu'ils étaient degueu !

Enfin bon, je devrais peut-être arrêter de me plaindre. Je suis mieux à Tevara qu'à Paris et ses ruelles sombres. Les profs disent tous qu'il faut réaliser la chance qu'on a d'être ici, et que tout le monde n'a pas cette opportunité. C'est sans doute vrai m'enfin, moi je me retrouve dans la classe E. La pire classe des 5, pas sûr que ce soit vraiment une chance hein. D'ailleurs en parlant de classe, je suis sensée être en cours actuellement et je suis là en train de marcher dehors vers...je sais même pas. Pff, qu'importe, je suis mille fois mieux ici qu'assise sur une chaise à écouter un prof condescendant nous répéter encore et encore qu'on est juste une bande de losers de la classe E. Je le sais déjà, pas besoin de le répéter, merci le corps éducatif.
Rien que de penser à tout ça je m’énerve ! J'ai besoin de me détendre. J'irai bien au club mais vus que je suis censée être en cours, pas sûr que ce soit une bonne idée de me faire remarquer. J'vais aller me défouler tiens, on m'a dit qu'il y avait un complexe sportif juste à côté du bâtiment scolaire. Ca serai le lieu idéal si il n'y a pas trop de monde. Pas envie de croiser des gens. J'm'en fou des gens.

J'arrive finalement dans le fameux lieu. Bon ok, je dois avouer que ça à de la gueule... Le gymnase et la piste d'athlétisme sont comme neuf, sans parler des différents terrains aménager. C'est vraiment impressionnant. Ca m'étonnerai pas qu'on trouve une piscine olympique ici ! Sérieusement ils sont bourrés de frics ou quoi ? Jamais j'aurai penser avoir la chance de tomber sur ça... Finalement Tevara est peut-être pas si mal... En plus il n'y a personne ici, c'est vide. Tant mieux ! Je déteste la foule, mais je crois l'avoir déjà dit.

D'une main, je noue mes cheveux blonds en haut de mon crâne en chinions. J'ai envie de courir et ce sera sans doute mieux si je n'ai pas les cheveux dans les yeux. D'un pas pressé je rejoins la piste après m'être changée (courir en jean c'est pas forcément le plus pratique, je garde cependant mon sweet gris et mon t-shirt). Elle est plutôt grande, la piste. Un tour doit faire environ 500 mètres... Je vais en faire quelques uns, des tours, je pense. Au moins pour m'échauffer, on verra ce que je fais après. Sûrement un sprint, je n'aime pas trop l'endurance et j'adore la vitesse. Bon, c'est parti.

J'apprécie vraiment cet endroit. Ca fait presque quarante-cinq minutes que je suis ici, l'endroit est agréable. C'est ouvert, apaisant, et surtout il n'y a personne. Je peux être tranquille en profiter. Ca fait vraiment du bien de courir, je pense que j'ai besoin de bouger un peu au moins pour libérer toute l'énergie accumulée. J'en aurait eu bien besoin tiens, dans le temps. Dommage qu'être élever par un couples de riches coincés n'implique pas de pouvoir faire des activités en dehors de l'enfer quotidien. Enfin...Mr jouait au golfe il me semble, quel sportif ! Sincèrement, le golf... le seul sport qui t'énerves au lieu de te détendre. Je n'ai jamais compris cette passion de taper dans une balle blanche que tu vois même pas et essayer de la rentrer dans un putain de trou indiqué par un drapeau que...Tu vois même pas. Pff, sport de riche.

Je devrais pas penser à tout ça pendant que je cours... Ca à le don de m’énerver et du coup j’accélère et là je suis carrément épuisée. je m'arrête au bord de la piste vers mes affaires et je récupère ma bouteille d'eau pour boire un coup. Je pensais boire tranquillement puis me remettre à faire un dernier tour de piste avant de rentrer, mais non, évidemment, tout ne se passe pas comme prévu.
Devant moi, il y a quelqu'un qui se tient avec un grand sourire et qui me fixe. Putain, pourquoi est-ce qu'il a fallut qu'il soit là celui-là. Enfin plutôt elle d'ailleurs. C'est une fille, et elle je n'aime pas son expression. Je suis sûre à 100% qu'elle va venir me parler et me faire chier.

"-Tu cours vite ! Mais je parie que je suis encore plus rapide que toi."

Bah tiens ! J'aurai du parier, je serai devenue riche ! Misse cheveux violets viens d'ouvrir la bouche pour sortir une remarque hyper intéressante. Je sais que je cours vite, merci. Et d'ailleurs je m'en fou qu'elle court plus vite que moi. Je la dévisage un coup en levant un sourcil. Son jogging et son sweet-shirt m'indique qu'elle est pas là pour faire de la botanique, mais bien du sport. D'ailleurs elle peut pas le faire tout en se mêlant de ce qu'il la regarde ? Non il faut qu'elle vienne m'adresser la parole avec un air supérieur de défis ! Ca m'énerve.

Je m'en fou, je lui répond pas. Je passe devant elle, mon sac et mes affaires traînent juste derrière et j'ai vraiment soif là. Besoin de boire, pas envie de parler. Je choppe ma bouteille et bois une bonne gorgée d'eau avant de faire demi tour vers la piste. Evidemment je repasse devant mademoiselle qui visiblement à sincèrement envie de démarrer la conversation. Alors que je suis à sa hauteur, elle se penche vers moi et parle avec le même air narquois que tout à l'heure.

"-Enfin, peut-être que tu as peur de perdre."

Honnêtement, je ne sais plus quoi répondre. Premièrement, je déteste qu'on me parle sur ce ton, c'est insupportable. Deuxièmement qu'est-ce que fou à se pencher comme ça vers moi ? J'aime pas le contact ni avoir la sale tronche des autres près de moi. En plus elle me regarde de haut et ça me fait remarquer qu'elle doit bien mesurer dix centimètres de plus que moi...et ça..ça m'énerve ! Et troisièmement...Non je n'ai pas peur de perdre. Putain.

"-Pardon ?"

Je ne saurai pas décrire mon visage à ce moment là. C'est un mélange entre de la surprise, de l'énervement et un air blasé. Je sais qu'elle me provoque ouvertement, comme si ça l'amusait. Je n'aime pas son visage moqueur et son air narquois. Plus rapide que moi ? Ouais ça reste à prouver hein. Elle ne devrait pas être aussi sûre d'elle celle-là. Et je le répète je n'ai pas peur de perdre. Je lui aurai bien refermer son clapé mais j'ai pas envie de perdre mon temps. Qu'on me foute la paix un peu. je suis fatiguée. Je la regarde droit dans les yeux avec un air aussi provocateur que le siens. Je dit d'une voix bien sarcastique avant de passer devant elle direction la piste.

"-Je t'ai rien demander madame cheveux aubergines."
(c'était pas vraiment cette couleur mais bon, on s'en fou) "Pas envie de perdre mon temps contre toi, maintenant laisse moi tranquille. Ravie d'avoir pu faire ta connaissance !"


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Dim 28 Fév - 23:12
Night Evans & Raven Walker
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"- Je t'ai rien demander madame cheveux aubergines. Pas envie de perdre mon temps contre toi, maintenant laisse moi tranquille. Ravie d'avoir pu faire ta connaissance !"

Elle n’était pas commode cette fille, mais qu’est-ce qu’elle était amusante. Elle avait l’air d’avoir du répondant, et ça plaisait à Raven. Elle comprit qu’elle venait de tomber sur une adversaire coriace. Bon, elle passa outre le nom sarcastique attribué à cause de sa couleur de cheveux qui était d’une répartie impressionnante… Mais la laisser tranquille ? Non, non, ça, c’était hors de question. Raven venait juste de commencer, elle n’allait pas la laisser filer si facilement.

La demoiselle « aubergine » souriait de nouveau, mais n’avait plus cet air narquois sur son visage. Non, cette fois-ci, c’était un sourire sincère. Depuis quelques jours, elle s’ennuyait de n’avoir personne à titiller. Elle avait rencontré des gens gentils depuis son arrivée et à vrai dire la gentillesse n’est pas vraiment distrayante. Oui, elle est certainement un peu masochiste.

Malgré l’amusement certain de Raven, elle était tout de même un peu contrariée. Elle aurait préféré que la blondasse s’énerve, se vexe ou prenne ses remarques au premier degré. En somme, qu’elle rentre dans son jeu. Toiser l’adolescente était certainement la réaction la plus déstabilisante. De cette façon, elle ne se sentait plus maîtriser la situation. C’était relativement frustrant, mais cela rajoutait de l’enjeu pour reprendre le contrôle. Elle ne voulait vraiment pas en rester là.

Raven avait rarement connu des gens aussi acerbes que la jeune blonde qui se dressait devant elle. Elle avait des cernes prononcés, une peau pâle et un regard d’animal sauvage. Ce physique intriguait énormément son acolyte. Tout autant que son comportement asocial. La jeune fille aux cheveux violines avait envie de la titiller, pour voir jusqu’où elle continuerait à l’envoyer chier. Elle voulait savoir quand elle sortirait les crocs. La limite de sa nonchalance.

De toute façon, si la demoiselle et ses cernes de trois kilomètres ne voulaient pas la défier, alors elle continuerait à le faire elle-même. Raven avait toujours eu une mauvaise dépendance à l’obsession. Lorsqu’elle avait quelque chose en tête, elle était capable de tout pour arriver à ses fins. Elle ne se mettait jamais à la place des autres. Elle ne tenait pas compte de ce qu’ils voulaient ou non. Elle se foutait de leurs avis. Elle n’avait besoin de la permission de personne pour s’acharner sur quelqu’un ou quelque chose. Et là, ce quelqu’un, c’était elle. Cette fille-là. Elle voulait la pousser à bout. Qui sait, peut-être qu’ainsi, elle accepterait une petite compétition. Raven rattrapa alors sa camarade pour marcher à ses côtés. Elle joignit ses mains derrière la tête et leva la tête vers l’horizon, avançant d’un pas léger. Son ton n’était pas narquois, elle parlait d’un air neutre, proche de l’indifférence.

— J’en étais sûre, t’as la trouille. T’as qu’la gueule en fait, petite.

Le corbeau insista exagérément sur son dernier mot. Oui, elle prenait l’autre jeune fille de haut, mais en toute franchise, ce n’était pas difficile. En réalité, elle cherchait le point sensible qui la ferait réagir. Elle était persuadée qu’en la provoquant un peu trop, la petite zombie finirait par rentrer dans son jeu. Bon, il était possible qu’elle lui mette une droite à la place, mais cette éventualité n’effleura pas le cerveau de la gamine. Pourtant, une fois que Raven aurait obtenu ce qu'elle voulait, elle lâcherait l'affaire. Probablement. Une idée germa dans son esprit.

— Si tu gagnes la course, je te laisse tranquille.

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Lun 29 Fév - 19:47

It's a race !



 

Je ne sais pas trop ce que j'imaginais en répondant de la sorte. J'avais espoir qu'elle comprenne mon avertissement et qu'elle me laisse tranquille. Visiblement, je me suis gourée sur toute la ligne. En même temps, ça aurait été trop beau si elle avait simplement tracé sa route, l'autre aubergine là. Mais quand même, c'est quoi cette manie à vouloir forcer alors que vous voyez bien que l'autre n'en a aucune envie ? On vie dans un monde d’égoïstes et d'hypocrites ou quoi ?

Je marchais d'un pas rapide vers la piste histoire de faire un dernier tour, mais l'autre fille me collait aux basques et marchait à côté de moi. Elle avait rejoint ses mains derrière sa tête et regardait le ciel, comme si elle était en balade. Sérieusement, je viens de lui dire quoi ? J'ai pas été assez sarcastique ? J'aurai du l'insulter ? Lui en coller une ? Je sais pas comment faire pour que les gens percutent moi ! Bon je m'en fou, elle a qu'à marcher si elle veut, tant qu'elle me parle pas.

"-J’en étais sûre, t’as la trouille. T’as qu’la gueule en fait..."

Ah bah oui, parce qu'en plus il fallait qu'elle tente un énième contact. Déjà, j'ai pas la trouille, et ma gueule elle l'emmerde. Ca serai plutôt à elle de la fermer, sa gueule. Bon au moins elle avait perdue son air narquois absolument insupportable. C'était déjà ça. Elle parlait avec neutralité et indifférence. Je préfère.

"-...petite."

A peine ai-je entendu ce mot que je retourne vers elle en la foudroyant du regard. Ai-je bien entendu ? Elle vient de dire quoi là ? Est-ce qu'elle peut répéter ? Petite c'est ça ? C'est une blague ? De quel droit est-ce qu'elle vient me narguer comme ça celle là ? Finalement je crois vraiment que je vais lui en coller une...Raaah, du calme Night, du calme. On t'a déjà dit que la violence ne résous rien. Même si j'avoue que là c'est carrément tentant.

Je serre les dents, prête à répliquer qu'au moins moi je ressemble pas à un légume dégueulasse (je n'aime pas les légumes) mais je me retiens au dernier moment. Je suis trop fatiguée et je commence à avoir mal aux jambes. Pas envie de perdre mon temps pour cette...cette...cette pouffiasse. J'ai mieux à faire que de m’énerver sur le mot....le mot...
...LE MOT PETITE.
Sa phrase me trotte dans la tête. En plus elle a bien insisté dessus, comme si elle faisait exprès de me provoquer. Franchement c'est quoi ces gens qui viennent faire chier les autres juste pour leur propre plaisir ? N'importe quoi. M'en fou, je rentrerai pas dans son jeu.

"-Si tu gagnes la course, je te laisse tranquille."

On est arrivée au bord de la piste et elle vient de balancer ça. Je ne sais pas trop quoi en penser. Quand j'entends qu'elle va me laisser tranquille je ne peux pas m'empêcher de me sentir soulagée, mais quand je vois son expression je me dis que je ne devrai pas être si optimiste. Elle a sérieusement l'air de vouloir m'emmerder. Je suis pas là pour ça moi, y'a pas marquer "victime" sur mon front. Elle a qu'à s'faire des amis ou s'acheter un punching-ball si elle a besoin d'extérioriser ses émotions. Mais pas sur moi bordel, je la connais même pas. J'vous jure.

Je réfléchis quelques instants. Vus qu'elle n'a de toute façon pas l'intention de me laisser filer, autant tenter le coup non ? Le deal est plutôt simple: je gagne, elle me fou la paix. Je perd, elle...je sais pas, mais j'ai pas envie de savoir. Il est 15h et rien que de penser devoir la supporter quelques minutes de plus me donne mal à la tête. C'est bon, je vais la faire, sa course. J'ai pas envie de courir, j'ai mal partout et j'ai faim. Mais je n'ai visiblement pas le choix

"-D'accord. 100 mètres. Première qui arrive."

Je la regarde avec mon regard neutre et vide avant de balancer ces mots. Ce ne sont même pas des phrases mais je ne vais pas me fatiguer pour elle. Je m'approche de la piste sans lui demander son avis et me met sur le départ. Elle aussi. Elle doit sûrement être ravie d'avoir réussie à me défier. Tant mieux pour elle, si ça suffit à lui faire plaisir.

Je suis dans les start in bloc (j'ai toujours trouver ce mot bizarre. Déjà que le matos qui porte ce nom lors des courses olympiques est carrément chelou, l'expression l'est encore plus. Mais bon, ça aussi on s'en fou). A mon top je m'élance. C'est parti.

Clairement, j'avais pas envie de me donner à fond, mais le jeu en vaut la chandelle, alors allons-y. Je sprint dès les premiers mètres, de toute façon on court sur 100 mètres ce qui est relativement peu et se fait relativement vite. Elle a dit lorsqu'elle m'a vue que je courrais vite, elle va bien voir. D'ailleurs elle aussi est carrément rapide, on est quasiment à égalité lors de la première moitié du défis, je suis un peu devant elle, mais de peu.
Si je continue comme ça je gagne, c'est sûr. Le problème c'est qu'elle elle est toute fraîche et que moi j'ai déjà couru 4 ou 5 tours et je suis à bout de force. Pourquoi est-ce que ça doit m'arriver maintenant alors que je n'ai plus d'énergie putain... J'en ai marre... Il faut que je me ressaisisse... J'ai pas le choix.
On est à égalité, il reste grosso modo 10 mètres et elle m'a rattraper parce que j'ai ralentie. Mais je ne peux pas me permettre de perdre, il faut que j’accélère ! Allez Night putain, tu peux le faire ! Tu vas le faire...

Agh... J'ai plus de souffle et je m'assoie par terre (ou je m'écroule ça dépend du point de vue), totalement claquée. Mon esprit est totalement embrouillé, j'ai soif, j'ai faim, je ne sens plus mes jambes... C'était clairement la course de trop. Même ma vue se trouble un peu, mais je la vois quand même (hélas) me toisant avec un regard triomphant. Bordel. Ca s'est joué à une seconde prêt je suis sûre... mais elle a gagné.

Putain.

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Jeu 3 Mar - 23:09
Night Evans & Raven Walker
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La demoiselle aux cheveux d’or avait finalement accepté de faire une course contre sa rivale. Raven venait de trouver le moyen de la motiver. Enfin. Elle affichait un grand sourire, heureuse de sa réussite. Elle prenait sincèrement plaisir à provoquer la petite depuis dix minutes, cependant, elle avait vraiment besoin de se défouler autrement que verbalement. Elle était contente de pouvoir faire une vraie compétition. Un sprint ? C’était parfait. De toute façon, tous les sports faisaient l'affaire, du moment qu’elle dépensait son énergie. Et il faut dire qu’elle en avait à revendre, de l’énergie. Bien qu'elle soit plus habituée à pratiquer de l’endurance, une course brève à grande vitesse lui convenait aussi. Elle hocha la tête en signe d’acquiescement de la proposition de l’autre fille.

Les deux femmes se mirent sur le départ. Au signal de sa partenaire de course, Raven se précipita sur la piste. Elle courrait aussi vite que possible, mais dès les premières secondes, sa rivale prenait de l’avance. Elle avait beau courir de toutes ses forces, elle n’arrivait pas à mener la course. Elle suivait de très près son adversaire, mais ne pouvait pas la dépasser. Et merde. Non, elle ne pouvait pas perdre. C’était impossible. Pas après avoir nargué sa concurrente sur sa vitesse. Pas après s’être persuadée d’être la meilleure. Non, non, non !

L’air glacé fouettait son visage, pourtant la chaleur envahissait son corps, son pouls se faisait plus rapide, son souffle plus prononcé. Bordel. L’arrivée était de plus en plus proche et les deux adolescentes étaient au coude à coude. Il suffisait d’un rien pour que Raven prenne le dessus, mais elle était déjà au maximum de sa vitesse. Putain. Elle ne pouvait pas perdre. Elle ne voulait pas. C’était impossible. Soudainement, alors qu’il ne restait que quelques mètres, un événement surprenant bouleversa la course. La blonde ralentit quelque peu sa cadence. Ce n’était pas énorme, mais suffisant pour la dépasser. La violine réussit à prendre la tête de la course. Ça se jouait à quelques minimètres, mais elle voyait sa concurrente du coin de l’œil légèrement derrière. Son adversaire la collait aux basques, mais elle semblait à bout de force. Elle était essoufflée, alors que Raven pouvait tenir encore longtemps à cette allure. La course dura moins de 15 secondes, mais sembla une éternité pour la jeune fille.

Ça y est. Ses pieds dépassèrent la ligne d’arrivée. Elle s’arrêta deux ou trois mètres plus loin, entraînée par son élan. Oui. Elle avait gagné. Elle avait réussi, elle avait battu cette femme considérablement rapide. La fierté n’en était que plus grande. Après tout, il n’y a aucune satisfaction à gagner contre un faible. Mais elle, c’était une autre histoire. Elle s'était révélée très coriace. Tout le long de la course, Raven avait eu le sentiment d’être quelque peu en dessous physiquement. Le fait qu’elle gagne ce sprint tenait du miracle. Autant dire que la joie qu’elle ressentait était immense.

Yepa ! J’ai gagné !

Raven avait parlé un peu fort et avait levé les bras dans l’engouement de sa satisfaction. Elle aurait même pu sauter partout, mais elle se contrôla. Elle savourait sa victoire tandis que l’autre s’était écroulée par terre. D’ailleurs, est-ce qu’elle allait bien ? Elle était au sol depuis tout à l’heure, et elle était encore plus pâle que d’habitude (faut croire que c’est possible). La violine se dirigea vers elle pour constater son état. Il ne faudrait pas qu’elle finisse à l’hôpital pour une course. D’autant plus que Raven l’avait presque forcée à la faire. Elle culpabilisa tout de même un peu. Elle se pencha vers la jeune fille.

T’es morte ?

Évidemment, Raven se doutait qu’elle était en vie. En fait, c’était surtout pour savoir si elle allait bien. Enfin, pas trop mal en tout cas. La petite avait rouvert les yeux, mais ils avaient l’air vitreux. De plus, son essoufflement paraissait excessif par rapport à l’effort fourni. Elle avait les lèvres gercées et semblait à la limite de tourner de l’œil. La violine était songeuse. Elle n’avait jamais vu quelqu’un dans un tel état. Elle ne savait pas trop comment se comporter. Que pouvait-elle faire ? Elle se décida à aller chercher sa bouteille d’eau qui trainait non loin de l’endroit où elles avaient commencé la course. Elle revint en marchant rapidement, puis quand elle fut arrivée à la hauteur de sa partenaire de course elle lui tendit la bouteille. Elle ne voulait pas paraitre trop gentille vu la relation houleuse qu’elle entretenait avec l’autre adolescente, mais elle n’allait tout de même pas la laisser crever là. Elle se montra donc prévenante avec elle, sans en faire trop pour autant. Elle laissa le temps à sa camarade de se remettre de ses efforts.

Lorsqu’elle comprit que celle-ci allait un peu mieux, Raven repensa aux mots qu’elles avaient échangés avant la course. Si l’aînée perdait, elle devait laisser l’autre tranquille, mais les deux filles n’avaient rien prévu dans le cas contraire. En vérité, Raven n’avait même pas pensé à cela. Elle avait balancé cette phrase uniquement pour convaincre l’autre fille d’accepter une compétition avec elle. Maintenant, elle avait gagné et avait donc le privilège de demander quelque chose à sa cadette. Elle avait bien quelques idées, mais elle voulait choisir la meilleure d’entre elles.

Vu que j’ai gagné, tu as une dette envers moi. Je pourrais te demander de me supporter encore un peu par exemple.

Toutes sortes d’idées se bousculaient dans sa tête. Elle pourrait lui faire faire ses devoirs (elle en avait une liste qui s’accumulait de jour en jour), lui faire des piques sans qu’elle ne puisse réagir, ou bien programmer un autre affrontement sportif. Mais en fait, ce que voulait Raven, c’était taquiner un peu plus la jeune femme. Elle se rapprocha de sa camarade qui s’était un peu redressée, bien que toujours assise. Elle attrapa son menton pour relever son minois et plongea ses yeux bleus dans le regard sauvage de la blonde. Elle approcha alors ses lèvres de son visage et murmura à son oreille.

Ou alors… je pourrais te demander quelque chose de plus… spécifique.

Elle recula quelque peu pour observer la réaction de sa partenaire de course. Après un court instant à croiser son regard, elle recula suffisamment pour reprendre une distance convenable. Ses avances avaient de quoi mettre mal à l’aise. Malgré tout, elle ne disait pas ça sérieusement. Quoique. Elle voulait principalement la mettre dans l’embarras. Elle s’amusait des réactions aigres de ce petit animal farouche. En vérité, Raven n’avait pas vraiment d’expérience dans ce sujet et était encore moins d’une nature séductrice. Ce n’était qu’une de ces nombreuses farces d’un mauvais goût. Au bout d’un moment, elle plissa les yeux et se mit à rire.

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Ven 4 Mar - 19:05

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C'est la première fois que faire autant de sport me fou dans cet état. C'était vraiment la course de trop. Je ne sens plus mes jambes ni aucun de mes membres. Je suis par terre, recroquevillé sur moi même. Je n'ai plus de souffle et j'ai vraiment du mal à respirer. Ma vision se trouble mais (malheureusement) je vois toujours l'autre abrutie qui se dandine fière d'elle. J'aurai bien aimé l'insulter ou lui dire de se calmer mais je n'arrive même plus à parler, je suis trop essoufflée... Bon sang, qu'est-ce que je donnerai pas pour être dans mon lit ou sous la douche à ce moment précis.

L'autre hystérique n'arrête pas de parler mais je n'arrive pas à l'entendre correctement, même si c'est mieux que l'entendre complètement. En tout cas mon ouïe semble être dans le même état que ma vue. Génial. Ca m'apprendra à vouloir être en forme... Un coup je crève de chaud, un coup j'ai froid, l'autre coup j'ai de nouveau chaud... mon cœur bas à la chamade, je dois être sacrément blanche. En tout cas je suis visiblement dans une sale état puisque la fille se penche vers moi avec une mine inquiète. Je ne comprends pas les mots qu'elle me prononce et je n'ai de toute façon pas envie de comprendre. Qu'elle me laisse un peu tranquille.

Comme par miracle elle s'éloigne ! Il suffisait peut-être de demander... La violine disparut de ma vision à mon grand soulagement. Elle devait sans doute avoir mieux à faire que de me regarder m'essouffler par terre (je peux comprendre que ce ne soit pas la meilleure des activités). Je me redresse et m'assoie en tailleur. Je me suis un peu calmé mais je me sens vraiment pas bien, j'ai toujours un peu la tête qui tourne et je préfère rester au sol. Je passe ma main sur mon front pour aplatir mes mèches rebelles sur le haut de mon crâne histoire de me dégager un peu la vue (c'est peut-être pour ça que je ne voyais rien en fait, vus la quantité de cheveux que j'avais devant les yeux) et ferme les yeux pour respirer un grand coup. Calme toi Night, fais le vide dans ta tête et profite du silence et calme.

Calme qui ne dura pas longtemps puisque j'entendis des pas de courses derrière moi, je fais regarde en arrière et aperçoit l'autre fille. Ah bah oui, il fallait qu'elle revienne hein ! Elle pouvait pas juste...partir et dégager de ma vie ? Non évidemment, ce serai trop beau. J'aurai bien aimé lui lancer un regard noir mais je n'en ai pas la force. Tant pis, je vais sans doute devoir encaisser une remarque narquoise sans pouvoir répliquer. Du moins, c'était ce à quoi je m'attendais. Mais visiblement non, Miss Aubergine n'est pas venue pour ça. Dans sa main aperçoit une bouteille d'eau qu'elle me tend. J'avoue que là...Je suis un peu surprise. Je ne m'attendais vraiment pas à ça de sa part. Finalement elle n'a peut-être pas si mauvais fond...
Bon de toute façon ce n'est pas le moment de me poser de question. J'attrape la bouteille et je bois de grosses gorgées. Ca fait du bien, j'étais essoufflée et ma gorge était sèche. Cette eau faisait vraiment du bien.

"-Vu que j’ai gagné, tu as une dette envers moi. Je pourrais te demander de me supporter encore un peu par exemple."

Je vous promet que je m'étais dit que, vus qu'elle avait été sympa de m'apporter à boire, j'allais faire preuve de gentillesse et de reconnaissance et la remercier. Mais avant d'avoir pu le faire voilà ce qu'elle me balance ! C'est une blague c'est ça ? Putain, qu'elle aille se faire foutre. Je n'ai pas envie d'avoir une dette envers elle et encore moins de la supporter. C'est carrément hors de question.
Je m'apprête à répliquer, mais je n'en ai encore pas le temps. En fait, là, tout ce passe très vite et je ne comprends pas trop ce qu'il m'arrive. La fille se pencha vers moi avec un petit sourire qui ne veut jamais rien dire de bon et d'une main attrape mon menton pour relever ma tête. Je n'ai même pas le temps de réagir tellement je suis surprise et trop fatiguée. Et elle a de la chance parce que sinon je pense que je lui aurait foutu un coup. Je sens son souffle dans mon oreille et je l'entends murmurer.

"-Ou alors… je pourrais te demander quelque chose de plus… spécifique."

Je cligne des yeux. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je sais pas trop comment j'aurai du réagir, mais la seule chose qui me soit venue à l'esprit à ce moment là c'était:


"-Hein ?"

Je...Je suis carrément confuse là. Je sais pas si c'est parce que son geste juste avant m'a surpris, si c'est parce que je ne m'y attendais pas, ou si c'est parce que j'ai juste carrément pas compris ce qu'elle envisageait. Je crois que c'est les trois.
Attendez attendez, on reprend tout depuis le début. Je la regarde en levant un sourcil et en la dévisageant, je dois tirer une tronche pas possible vus qu'elle vient d'éclater de rire. Les mots résonnent dans ma tête et ça percute enfin.


"HEEEEEEIIIN ?"


Ce "hein" là est totalement différent du premier. Je suis furieuse, comment est-ce qu'elle ose me dire ça ? Comment est-ce que...Raaaah ça m'énerve ! Je vais définitivement lui en coller une ! Je me révèle les dents serrés et les yeux pleins de rage. Je vais la buter. On joue pas à ça avec moi, c'est hors de question ! Le pire c'est que ça m'a un peu gêné et elle a sans doute du le voir... Putain.

"Crève."

Je la regarde droit dans les yeux avec un regard furax. J'ai parlé d'un ton sec et acerbe histoire de masquer mon agacement et ma gêne. J'ai carrément pas envie qu'elle en profite encore pour se foutre de ma gueule ou m'emmerder. Je fais demi-tour avant qu'elle n'ai pu répondre, j'ai pas envie de la voir plus longtemps. Le problème c'est que j'ai toujours mal au jambe et je suis épuisée, pile dans le moment où j'ai le plus besoin de partir loin d'ici tiens... Tant pis, il y a un banc là-bas et même si elle est pas très loin, ça sera toujours quelques mètres de gagner. Je m'assoie et refait mes lacets en ignorant la fille complètement.
Non mais elle a crut quoi ? J'ai aucune envie de la supporter plus longtemps, ni d'être son larbin, ni d'obéir à toutes ses envies. Je l'ai déjà dit elle a qu'à se trouver des potes et quelqu'un pour ça plutôt que de venir m'emmerder moi. En plus je la connais même pas ! Je ne connais pas son nom, je sais pas dans quelle classe elle est, quelle âge elle a... Et elle non plus. Alors pourquoi est-ce qu'elle vient me faire chier hein ?

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Mar 8 Mar - 0:38
Night Evans & Raven Walker
It's a race !

La sauvageonne resta un moment sans réaction. Elle semblait totalement absente. Error 404 : not found. Raven se demanda même si elle avait compris le sous-entendu plus qu’évident de sa phrase. La fille aux cheveux blonds venait sûrement d’être prise au dépourvu puisque son comportement laissait pour la première fois transparaitre une faille. L’agressivité avait disparu de son regard pour laisser entrevoir du malaise. C’était étonnant de la voir ainsi. En fait, c’était même carrément attendrissant. Son comportement et ses expressions faciales étaient amusants. C'était vraiment drôle à voir. Elle semblait tiraillée entre la confusion et la candeur. Raven était ravie qu’enfin l’une de ses provocations déstabilise aussi bien sa cible. Cependant, celle-ci ne baissa pas sa garde bien longtemps. Son visage passa par plusieurs expressions, de l’incompréhension, à la l’embarras puis la colère. Aussitôt, comme si elle venait de remettre son masque, elle afficha cette mine qu’elle avait depuis la première seconde où elle avait croisé Raven. Sûrement depuis bien avant, en fait.

Une fois de plus, la jeune blonde envoya balader Raven et partit sans attendre. La violine aurait volontiers continué à la faire chier. C’est ce qu’elle faisait de mieux après tout. Mais cette fois-ci, c’était différent. L’autre adolescente semblait folle de rage. Son comportement n’exprimait plus simplement de la férocité, mais de la haine. Peut-être avait-elle touché un point sensible ? Ou alors elle était allée trop loin. Cela ne se voyait pas seulement au comportement de la petite, mais aussi à ses mots. Elle ne faisait plus en sorte d’enrober ses réparties cinglantes dans du sarcasme. Non, elle se contentait maintenant d’un simple mot injurieux, sans mettre la moindre forme. Raven ne savait pas si l’autre avait mal pris ses allusions quelque peu déplacées, ou si elle voulait cacher sa gêne. Le corbeau privilégia donc pour une fois la réflexion avant de foncer les yeux fermés. Après tout, elle avait suffisamment ennuyé sa camarade depuis tout à l’heure. Qui plus est, elle avait obtenu la course qu’elle souhaitait tant (et l’avait gagnée, ne l’oublions pas). Que pouvait-elle donc attendre de plus de la demoiselle ? Pourquoi continuer à l’importuner ? D’autant plus que ce n’est pas comme si elle était ravie de la présence de son aînée. Raven se décida donc à remettre ses écouteurs et reprendre son sport.

Elle s’apprêtait à repartir courir, lorsqu’elle remarqua que l’autre blondasse était assise sur un banc à peine à quelques mètres de distance. Sérieusement ? Si elle voulait vraiment esquiver la violine, elle aurait dû partir beaucoup plus loin. Il fallait dégager totalement de sa vue pour sortir Raven de sa vie. Là, c’était presque de la provocation, voire même une invitation. L’adolescente hésita. Bordel. Elle ne pouvait tout de même pas rester sur une fin aussi merdique que ça. « Crève ». Et puis quoi ? C’est tout ? C’était trop minable comme chute. La lycéenne fit demi-tour en direction de sa camarade. Elle marcha d’un pas déterminé, comme pour dissimuler le fait qu’elle avait momentanément décidé de s’en aller. Qu’elle était prête à lâcher l’affaire. Raven rejoignit rapidement sa nouvelle rencontre. Lorsqu’elle fut à moins d’un mètre du banc, elle s’adressa à elle en affichant son éternel sourire. Elle ne voulait exprimer aucune animosité.

Bah quoi ? Tu m’attends ?

Elle arriva au pied du banc lorsqu’elle eut fini de poser sa question. Elle s’assit à côté de la blonde. Elle se plaça à l’opposé du banc, pour ne pas être trop envahissante. Elle marqua un temps d’attente pour observer la réaction de la seconde lycéenne. Elle tourna son regard vers la façade d’un bâtiment de l’école qui se dressait au loin sans vraiment prêter attention à ce qu’elle voyait. Après un instant, un long silence s’installa, comme si elle n’osait pas briser cette accalmie. Mais la quiétude rendait Raven nerveuse. Parfois, elle en devenait même désagréable. C’était comme une sensation de malaise. Elle ne supportait pas le silence. Elle ne put s’empêcher de revenir sur la gêne évidente qu’avait ressentie la blonde un peu plus tôt. Raven parlait toujours trop. Elle ne savait jamais quand s’arrêter. Ce fichu besoin de combler les blancs. Elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle n’écoutait jamais le silence, c’était bien trop frustrant. Trop contradictoire. Même lorsqu’elle était seule, elle trouvait le moyen d’occuper ses oreilles. Non, elle ne parlait pas toute seule (pas toujours du moins), elle écoutait de la musique. Elle ne se séparait jamais de ses écouteurs, que ce soit dans son sac ou dans ses oreilles. Par ailleurs, la mémoire de son téléphone était plus saturée par de la musique que par des applications ou d’autres usages. C’est notamment pour ça qu’elle avait rejoint le club de danse. Et aussi parce qu’elle n’avait pas la patience d’apprendre à jouer le moindre instrument musical. Tout en ne lâchant pas son regard de l’immeuble grisâtre, elle s’adressa à sa voisine.

Tu sais, faut pas être intimidée, je ne vais pas te manger, dit-elle avant de marquer un silence. Pas sans ton avis en tout cas. Elle se mit à rire. On avait convenu que je devais te laisser tranquille si tu gagnais la course. Sauf que tu n’as pas gagné. On a qu’à dire que si tu me dis ton nom, tu ne me devras plus rien.

Elle se justifiait. Comme si elle tentait d’expliquer ses actions et de rendre sa présence légitime. Comme si elle avait besoin de se convaincre que sa place était bien ici, sur ce banc. Peut-être qu’ainsi, l’autre comprendrait ses raisons. Peut-être qu’elle ne l’enverrait pas chier. Pas cette fois. Raven avait essayé toutes les approches possibles auprès de l’autre adolescente, mais cela n’avait pas vraiment marché. Cette fois-ci, bien qu’elle avait placé une pique dans ses paroles, elle voulut tenter une approche plus délicate. Elle tenta donc de dissimuler son attaque dans de la complaisance. Après tout, elle faisait preuve de clémence. Elle était prête à annuler la dette de sa camarade. Elle ne demandait en retour qu’un simple nom. C’était bien la preuve de sa grande bonté d’âme. De toute façon, l’adolescente rebelle n’avait pas l’air de vouloir céder un quelconque avantage à la violine. Malgré l’accord implicite que les deux jeunes filles avaient passé avant la course, et en dépit de la victoire -écrasante- de Raven, la blonde n’était pas prête à fournir le moindre effort pour supporter sa camarade. Faute de mieux, elle s’était adaptée avec une requête plus simple. Évidemment, c’était assez frustrant pour la deuxième année de savoir qu’elle aurait pu exiger des choses bien plus concrètes, mais après tout, elle n’aurait pas pu avoir mieux de la part de sa cadette. Elle s’était donc rabattue sur la connaissance du prénom de la blonde, qui, vu son asociabilité, semblait être déjà énorme.

La violine n’avait pas l’habitude d’user de subtilité dans sa vie. C’est peut-être ce qui expliquait la maladresse de ses propos. Elle n’avait jamais pris la peine de prendre des pincettes avec quelqu’un. Elle s’en fichait, de toute façon, de l’avis des gens. Ça n’avait pas d’importance qu’on l’aime ou non. Elle ne se préoccupait même pas de ses propres sentiments, alors pourquoi se soucier de ceux des autres ? Raven s’intéressait souvent aux mauvaises personnes. Elle se sentait terriblement attirée par ces gens qui dégageaient une aura qu’elle ne pouvait pas comprendre. Cette lueur dans leurs yeux, cette rancœur sur leurs visages. C’était comme une question suspendue à laquelle elle devait répondre. Alors elle s’accrochait de toutes ses forces. Elle s’en foutait qu’on la repousse. Elle s’accrochait encore plus fort. Elle s’en foutait qu’on la haïsse. Elle continuait de s’accrocher. Là, elle s’agrippait à cette demoiselle présente à ses côtés. Elle était intriguée par son comportement. Celle-ci était constamment sur la défensive, ce qui ne faisait qu’augmenter la curiosité de Raven. Elle détourna enfin les yeux du paysage insipide pour se tourner vers la lycéenne.

Moi c’est Raven. J’suis en D.

Peut-être que l’autre n’en avait rien à faire. Peut-être qu’encore une fois, elle allait la rejeter, mais au moins la demoiselle faisait un énième pas vers sa camarade. Sauf que cette fois, c’était une approche un peu plus amicale. Plus douce. Elle avait même montré l’exemple en se présentant en première, signe de sa bonne volonté. Elle était fière d’avoir pu faire preuve d’autant de politesse.

Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia
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Mar 8 Mar - 21:15

It's a race !



 

Si on devait résumer la situation je pense que ça se déroulerait en quatre étapes. Premièrement elle vient m'aborder alors que je lui ai rien demandé. Deuxièmement elle me provoque ouvertement pour finalement me défier à la course. Troisièmement elle la gagne alors qu'elle n'aurait pas du. Quatrièmement elle me drague (mal en plus) et se moque une nouvelle fois de moi. En gros, c'est vraiment une mauvaise journée. J'suis épuisée, énervée, et assise sur un banc à rien faire. Bon d'habitude je ne sois pas très productive, mais à c'est pire.
Et encore ! Si toute l'histoire avec l'autre violette ne se résumait qu'en quatre étape, ça irait ! Sauf que non, évidemment, voyons Night, ce serai trop beau ! Il faut qu'il  y en ai une cinquième ! Je suis recroquevillée sur mon banc et je la vois arriver vers moi. Visiblement elle a pas lâché l'affaire. Et puis c'est quoi cette expression ? On dirait qu'elle sourit.

"-Bah quoi ? Tu m’attends ?"

Je ne réagis pas. Je n'ai rien à dire et elle peut trouver la réponse à sa question toute seule. La fille s'assoit alors sur le banc. Bon, au moins elle a prit un peu ses distances, peut-être qu'elle a comprit le message... Je vois bien qu'elle attends une réaction de ma part mais je n'ai pas envie de lui répondre ni de briser le silence. Il se fait trop rare en ce moment et moi j'en ai besoin. Il y a trop de murmures partout, trop de gens qui font des bruits à vous rendre fou, trop de gens qui parlent pour ne rien dire, trop de vacarmes inutiles. Ca résonne dans votre tête et ça refuse de partir comme un bourdonnement permanent. Il y a tellement de bruit qu'on oubli à quel point le silence et le vide peuvent être sacrément agréable. Moi, ça m’apaise, c'est comme une musique qui fait le vide dans mon esprit et qui me calme. De toute façon, l'enfer c'est les autres, non ?
Ca n'a pas l'air d'être de l'avis de la miss puisqu'elle ne tarde pas à le briser de nouveau.

"-Tu sais, faut pas être intimidée, je ne vais pas te manger. Pas sans ton avis en tout cas."

Je cligne à nouveau des yeux. C'est une blague ? Parce que si oui c'est pas drôle. Elle ça à l'air de l'amuser puisqu'elle se mit à rire et j'ai la désagréable impression qu'elle se moque de moi. Franchement niveau approche elle est pas super douée. Je sais pas trop à quoi elle joue mais rien que tout à l'heure avec sa pseudo tentative de drague ça se voyait qu'elle n'avait aucune expérience. Enfin je dis ça mais moi non plus.
Il m'est parfois arriver de séduire des malheureuses victimes mais c'était pour survivre. D'ailleurs ils étaient sacrément cons ceux-là,  tellement désespérés qu'ils accepteraient n'importe quoi. Au final tout ce qu'ils ont gagné c’est d’avoir perdu toutes leurs économies. C'était tellement facile ! Tu séduis l'homme un peu grassouillet qui passe par là, ou tu amadoues la femme un peu riche qui craque en te voyant dans un sale état... Et puis finalement, tu repars les poches pleines pendant qu'eux ils s'enfuient avec la crainte de se prendre une balle dans la tête (un flingue, chargé ou non, c'est sacrément pratique). Enfin, c'était jamais aller plus loin que ça, et je n'ai plus envie de recommencer.
En tout cas elle peut aller se faire voir elle et sa remarque. Je ne suis pas intimidée. Non mais elle crois quoi ? Qu'elle me fait peur ? Et  puis elle n'aura jamais mon avis, mon avis l'emmerde d'ailleurs.

"-On avait convenu que je devais te laisser tranquille si tu gagnais la course. Sauf que tu n’as pas gagné. On a qu’à dire que si tu me dis ton nom, tu ne me devras plus rien."


Je ne suis pas d'accord. On avait rien convenue si je perdais, donc je ne lui doit rien. Je l'aurait bien envoyé balader une fois de plus mais j'ai eu le temps de l'observer depuis qu'elle est là et elle semble différente. Je ne sais pas comment l'expliquer mais elle à l'air beaucoup plus sincère que tout à l'heure. Elle me parle calmement et en souriant, son air narquois à disparut (pour mon plus grand bonheur) et elle ne semble rien me vouloir. Sauf mon nom. D'ailleurs qu'est-ce qu'elle en a à faire de mon nom...
Bref. J'hésite à lui répondre et à être un peu sympa. J'en ai clairement pas envie mais la fille parlait d'un ton plus doux et amicaux. En plus elle me regarde avec un regard beaucoup plus honnête que tout à l'heure. Çà me tue de l'avouer mais je pense que ça me ferai un peu mal à cœur de la repousser si elle est pleine de bonne volonté.

"-Moi c’est Raven. J’suis en D."

Mon visage crispé se calme et mon regard se détends un peu. Je pousse un long soupir. Je suis un peu moins sur la défensive de tout à l'heure, mais pas trop non plus parce qu'on ne sait jamais. Je détourne mon regard de ma camarade pour regarder au loin. Elle à l'air vraiment sincère finalement. Je devrais peut-être lui répondre, elle ne mérite peut-être pas autant que je la repousse comme ça.
Je la regarde une nouvelle fois en plissant les yeux. J'essaye de savoir si elle pense ce qu'elle dit ou qu'elle se fou juste une autre fois de moi. Ma fierté me dit de l'envoyer chier une nouvelle fois mais ma raison me dit le contraire... Rah ça m'énerve.
Bon tant pis, je vais lui répondre, et pas parce qu'elle a été plutôt sympa mais seulement parce qu'elle a dit qu'elle me laisserai tranquille si je lui donnais mon prénom. Croyez-pas.

"-C'est bizarre comme prénom Raven."

Je m'arrête quelques instants. C'est qui qui vient de dire ça ? Ah, merde, c'est moi.
C'est sortit tout seul, sans réfléchir, j'ai parler spontanément sans faire attention à la connerie que je viens de balancer. J'suis un peu perturbée du coup, je m'en veux un peu. J'espère que ça va pas l'énerver sinon je sens qu'elle va être encore plus chiante que tout à l'heure. Je détourne le regard pour pas qu'elle que j'ai dit une connerie et que je m'en veux et je m'empresses d'ajouter.

"Désol-"

Wowowowow. Hors de question que je m'excuse ! Ca va pas ou quoi ? Jamais de la vie ! Je me reprends une nouvelle fois et je déclare sèchement.

"Non rien. Je m'appelle Night."

Je ne lui donne ni mon nom de famille ni ma classe. Mon prénom suffit largement et je n'ai pas envie qu'elle en sache plus. Mais d'u côté je commence à culpabiliser un peu surtout après lui avoir balancer tout ça. Je n'aurai peut-être pas du faire cette réflexion ni lui répondre aussi sèchement... Mais en même temps elle le mérite hein vus tout ce qu'elle m'a dit et fait faire ! Mais d'un côté... Roh putain depuis quand est-ce que ce genre de chose me font autant me prendre la tête ? Ça n'a aucun sens.

Je tourne la tête pour la regarder dans les yeux. Ma vision change maintenant que j'ai un nom à mettre sur une tête. Elle s'appelle Raven, comme je l'ai dit tout à l'heure c'est un nom particulier. Enfin je dis mais moi je m'appelle Night donc c'est pas forcément mieux. En tout cas elle n'a rien d'un corbeau physiquement parlant. Elle est plutôt grande, yeux bleus et de longs cheveux qui tendent vers le violets. Rien à voir avec moi, à part peut-être pour les yeux. Moi je suis plus petite (mais je ne suis pas petite.), j'ai des cheveux blonds pas coiffés que j'attache systématiquement du coup, et sûrement l'air sauvage. Elle, elle semble beaucoup plus féminine, beaucoup plus belle aussi...beaucoup plus lumineuse. Je n'aime pas les gens comme ça. Peut-être que je suis jalouse.

En parlant de mes cheveux, je passe ma main dedans pour défaire le noueux qui les retiens et je les laisses tomber sur mon épaules. Ils ne sont pas très longs, ils tombent pile dessus. Il parait que ça me va bien d'avoir les cheveux lâchés, mais je ne suis pas de cette avis. Et puis d'ailleurs je m'en fou d'être bien coiffé ou pas, c'est plus pratique de les avoir attachés. D'une mains je les lissent et je les démêlent un peu, ça ne leur fera pas de mal.
En même temps je regarde la brune pour voir comment est-ce qu'elle va réagir. J'ai remarqué qu'elle se trimbale toujours avec des écouteurs. La musique c'est une bonne technique pour se couper du monde, mais c'est dommage de la réduire dans un baladeur. Entre écouter de la musique depuis un portable ou un mp3 et écouter de la musique en face d'un musicien et de son instrument, je choisis la deuxième proposition sans hésiter. Ça n'a absolument rien à voir. il faut vivre la musique, sentir les ondes et le son traverser votre corps et votre cœur et vibrer avec. C'est comme le silence, c'est tellement apaisant.  
Enfin en tout cas, je me demande quand même ce qu'elle écoute. Ne vous faites pas d'idées ça ne m'intéresse pas ! Et je vais pas démarrer la conversation pour lui demander, faut pas rêver, je ne démarrerai jamais la conversation. Ca me rend juste un peu curieuse. D'ailleurs j'espère qu'elle n'a pas remarqué que je fixais ses écouteurs, faut pas qu'elle se fasse des idées non plus.

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Mer 9 Mar - 23:20
La nuit & Le corbeau
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Raven ne savait pas vraiment à quoi s’attendre venant de sa camarade. Celle-ci n’avait cessé d’envoyer chier la lycéenne. La violine avait abordé plusieurs fois l’autre fille et c’était mangé autant de rejets. Elle se protégeait souvent en affichant qu’elle se foutait de tout. Elle se détachait des sentiments pour oublier la peine qu’ils pouvaient causer. Elle faisait croire qu’elle avait un fort caractère. Elle se défendait en attaquant les autres. En se sentant dominer une situation, elle pensait contrôler également ses émotions. Elle se moquait des autres pour éviter l’introspection. Elle fuyait ces moments où l’on se questionne sur soi-même. Ceux où l’on discerne ses points faibles et où l’on reconnait nos erreurs. Non, Raven ne se remettait jamais en question. Elle avait toujours raison. Mais au fond, c’était quelqu’un de sensible. Certes, elle était sûrement trop bête pour souffrir de futilités, mais restait fragile. Évidemment, jamais elle ne l’admettrait. Alors, une fois de plus, elle faisait croire qu’elle s’en foutait que l’autre adolescente la repousse encore. C’est ce dont elle se persuadait. Elle voulait le croire, même si son corps et son visage montraient le contraire.

C’est bizarre comme prénom Raven.


C’toi qu’est bizarre. Niveau délicatesse, elle faisait fort. Ce n’était vraiment pas la remarque la plus aimable qu’on puisse attendre. Raven aurait très bien pu se vexer, mais elle n’était pas du genre susceptible. Pas pour ce genre de détails. En fait, elle trouva même cela amusant. La spontanéité et le manque de tact de sa camarade étaient assez désopilants. C’est ce qui la rendait si intéressante. D’autant plus que cette remarque était totalement justifiée. Elle-même avait parfois eu du mal avec son prénom, surtout lorsqu’elle était plus jeune. Les enfants à l’école se moquaient souvent d’elle en imitant des croassements. À l’époque, ça l’énervait beaucoup. En grandissant, elle avait appris à s’en accommoder et l’assumait plutôt bien. Au final, elle appréciait avoir un prénom qui n’était pas commun.

La réaction de la blonde qui suivit allait vraiment étonner son aînée. Elle murmura l’esquisse d’une excuse. C’était à peine audible, juste un bruit filant. Raven ne saisit pas immédiatement ce que l’autre adolescente venait de susurrer et ce n’est qu’après une longue réflexion qu’elle comprit. La blonde n’avait même pas fini ce fameux mot qui aurait prouvé ce moment de faiblesse. Peut-être qu’elle pensait avoir offensé la brune. Cette fois-ci, Raven ne put s’empêcher de rigoler. Ce n’était pas un rire moqueur, de ceux qu’elle faisait bien trop souvent. C’était un rire léger, s’envolant comme des notes de musique. Le rire amusé d’une gamine. À ce moment, la blondinette montrait une facette d’elle encore méconnue à Raven. Sa garde semblait se fêler petit à petit. Elle paraissait s’ouvrir lentement, ce qui augmentait l’envie de la violette de gratter un peu plus. Demander pardon n’est jamais simple, car cela signifie reconnaitre une erreur. Raven ne s’excusait jamais. Elle comprenait donc de l’effort inconscient qu’avait dû fournir la camarade pour murmurer ce début d’excuse. Dommage qu’elle se soit retenue au dernier moment. Mais finalement, c’en était que plus drôle. Comme si elle s’était rendu compte sur le coup de la connerie qu’elle disait. Alors que Raven était en pleine réflexion, elle ne remarqua même pas que son acolyte venait de parler. Elle n’entendit que la fin de sa phrase.

Non rien. Je m’appelle Night.


Elle avait répondu d’un ton sec. Comme si elle voulait effacer sa faiblesse affichée quelques secondes avant. Et voilà qu’elle remettait ce maudit masque. Fallait pas s’attendre à ce qu’elle s’ouvre complètement, tout de même. Une personnalité ne se modifie pas si vite. Encore moins des défauts. Personne ne change. Pas comme ça. Malgré la dureté de ses propos, la petite lycéenne s’était présentée. Night. Peut-être qu’elle ne voulait pas paraître trop gentille, mais elle avait tout de même fait un effort de sociabilité. Cela signifiait peut-être que la demoiselle commençait à apprécier Raven et qu’elle acceptait d’entamer une conversation, bien que cela semble peu probable. Sait-on jamais ? C’est beau de rêver. Ou alors elle voulait juste lui céder une information pour qu’enfin le corbeau la laisse tranquille. Mais Raven préféra rayer cette possibilité et se retrancha donc sur la première hypothèse.

La violine repensa aux propos de cette fameuse Night tenus un peu plus tôt. Elle s’était moquée du prénom de Raven. C’était une blague en fait ? Parce que oui, bien sûr. Night et un prénom extrêmement banal. La similitude de leur prénom étonna d’ailleurs étrangement la lycéenne en deuxième année. Ils avaient tous les deux une signification linguistique. L’un évoquait la nuit, l’autre le corbeau. Uniquement des choses sombres. C’était un peu glauque, quand on y pense. D’ailleurs, pourquoi la nuit ? C’était vraiment un prénom surprenant.

Mes parents sont bizarres. Mais c’est vrai que Night, c’est pas du tout un prénom étrange !


Elle prononça ses mots sur le ton de l’humour, teinté d’ironie. Cela permettrait peut-être de détendre la petite Night. Elle voulait démontrer ainsi qu’elle n’avait aucune rancune quant à la remarque faite par la première année concernant son prénom. En retournant la réflexion à la demoiselle elle se mettait au même niveau. La franchise n’est pas une mauvaise chose tant qu’elle est mesurée. Malheureusement, Raven ne connaissait pas cette limite. L’envie de taquiner sa camarade revint en force. Cette fille était tellement adorable quand ses joues rougissaient de colère. Mais pas autant que lorsqu’elle était mal à l’aise.

T’es mignonne quand tu t’excuses.

Son sourire sournois revint immédiatement. Comme un putain de tic. Comme une image programmée à l’avance. Prédestinée. Cette phrase aurait très bien pu être gentille. Cependant, étant donné le contexte, Night n’allait sûrement pas l’interpréter ainsi. Pas avec le faciès arrogant de la brune. Elle ne voulait pas se moquer de sa camarade, mais simplement faire de l’humour. Le problème, c’est que ses facéties n’étaient pas vraiment appréciées. Pourtant, au fond Raven n’avait pas dit cette phrase uniquement pour se moquer. Il y avait aussi une part de vérité. Pas sûr que Night comprenne cette subtilité. Après réflexion, la brune venait peut-être de faire une connerie. La carapace de la jeune adolescente commençait à peine à tomber. Le temps d’un instant, la violine avait eu le sentiment qu’elle pourrait apprivoiser Night. Mais pour ça, il fallait du temps. Il fallait du tact. Fallait vraiment qu’elle apprenne à la fermer, Raven. Elle venait de tout niquer. En tout cas, c’est ce qu’elle craignait. Malgré tout, sa remarque n’était pas si offensante. Elle ne savait donc pas comment la petite blonde allait interpréter sa remarque.

C’est à ce moment qu’elle vit Night retirer le nœud qui maintenait sa tignasse attachée. Ses cheveux, bien qu’un peu ébouriffés, s’envolaient doucement au vent, comme une danse langoureuse. Elle était vraiment belle ainsi. Sa féminité ressortait. Ses traits semblaient adoucis et l’éclat de ses mèches faisait ressortir ses yeux bleus. Des jeux d’ombres et de lumières se jouaient sur sa peau, en fonction du vent, de l’arbre non loin du banc et du soleil. Raven resta un long moment à regarder le visage de sa camarade, comme hypnotisée par la délicatesse qu’elle dégageait. C’est un aspect que Raven n’avait jusque-là jamais remarqué et qui l’embellissait. Alors qu’elle dévisageait sa camarade, la jeune fille se rendit compte que l'autre la regardait également. Elle sortit immédiatement de ses pensées. La blonde avait les yeux rivés sur son décolleté. À quoi pensait-elle ? Ah non, c’était en fait ses écouteurs qu’elle regardait. Elle aimait la musique également ? Avant de pouvoir se poser plus de questions, le regard des deux filles se croisa. Raven détourna aussitôt les yeux de sa camarade, un peu gênée. L'adolescente sentit ses joues rougir, mais fit comme si de rien n’était. Elle avait observé avec insistance l’autre lycéenne pendant un long moment. Elle ne savait même pas depuis combien de temps elle était ainsi à ne rien dire. Elle ne savait pas non plus si l’autre avait remarqué cette insistance ou ce malaise. Le silence qui s’installait devenait lourd. C’était d’ailleurs une démonstration de l’embarras de la demoiselle qui habituellement parlait sans arrêt. Elle se concentra pour reprendre ses esprits et son comportement habituel.

Tu aimes la musique ?

Elle s’était retranchée sur la première idée qui lui vint en tête. Elle espérait ainsi changer de sujet. Elle voulait faire oublier le trouble qu’elle avait ressenti peu avant. Elle avait espoir que Night ne remarque pas cette situation délicate. Elle souhaitait également oublier elle-même son trouble. Elle savait que ses expressions corporelles la trahissaient bien souvent.
Night regardait toujours ses écouteurs, elle semblait vraiment intriguée par ceux-ci. C’était donc la diversion parfaite. Surtout que Raven tenait à lui parler encore un peu. Elle avait promis de la laisser tranquille une fois qu’elle aurait eu son nom, mais elle voulait prolonger la conversation. La jeune fille avait fini par comprendre que pour susciter l’intérêt de Night, il fallait faire preuve de délicatesse.

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Jeu 10 Mar - 18:40

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J'avais peur qu'elle ne se vexe suite à ma remarque sur son prénom, mais visiblement non puisqu'elle ria doucement. A moins peut-être qu'elle ne se moquait de moi à cause de ce que j'avais dis juste après. C'est possible après tout, vus ce qu'elle m'avait déjà sortit tout à l'heure. En tout cas son rire m'agace un petit peu, je n'aime pas qu'on se foute de ma gueule ou qu'on rit à mes dépends, surtout quand je ne sais pas pourquoi.

"-Mes parents sont bizarres. Mais c’est vrai que Night, c’est pas du tout un prénom étrange !"

Gnagnagna. Bon au moins comme je le pensais ma remarque ne l'avait pas énervée puisqu'elle me répondit sur un ton plutôt humoristique. Tant mieux je suppose, même si l'humour c'est pas vraiment mon trip. Raven me renvoya la remarque de son prénom sur le mien. Elle avait raison, Night non plus c'est carrément pas commun. Je me demande si ça existe autre part d'ailleurs. Enfin bon moi j'ai une excuse, c'est pas le prénom que mes parents m'ont donné mais celui que j'ai choisis. Après je ne connais pas l'histoire de Raven donc si ça se trouve... après elle a dit que ses parents étaient bizarres donc j'en conclue que c'était bien eux qui avaient choisis se prénom, non ? De toute façon je vois pas pourquoi je réfléchis à ça puisque je m'en moque.

Je ne réagis pas à sa remarque son mon prénom, j'attends la suite. Enfin plutôt j'appréhende la suite. Parce qu'entre nous ça ne me dérange pas que la conversation s'arrête là. Un sourire se dessina sur le visage de la brune. Ce même sourire que lorsqu'elle m'avait aborder donc ce n'était pas forcément bon signe.

"-T’es mignonne quand tu t’excuses."

Je m'attendais à une raillerie ou une petite remarque désobligeante ou de la provocation...mais pas à ça ! C'est quoi son problème ?Pourquoi est-ce qu'elle me sort ça ? Ca fait trois putain de fois là ! Je détourne rapidement la tête pour pas qu'elle ne voit mon visage. J'ai pas envie de montrer que ses mots m'ont touché, on ne m'avait jamais dit ça avant aujourd'hui alors je ne sais pas comment réagir. Et puis elle dit des conneries... Premièrement je ne me suis pas excusée, j'ai faillis, mais je l'ai pas fait, et puis quoi encore ? Et puis je suis désolée mais je suis tout sauf mignonne. C'est n'importe quoi, sa remarque c'est n'importe quoi, elle dit n'importe quoi... Raaah je suis encore plus énervée que tout à l'heure !

Comme je ne répondis rien un silence s'installa naturellement. J'aime bien les silences d'habitudes mais là ce n'était pas comme d'habitude. C'était un silence lourd et pesant, sûrement parce qu'elle m'avait mis mal à l'aise. Mais hors de question qu'elle le remarque. Mon regard se pose à droite et à gauche, j'observe tout et n'importe quoi pour passer le temps: le toit du bâtiment, la forme de la piste...mais jamais Raven. J'ai pas envie d'y repenser, c'était assez délicat comme ça. Je ne tiens pas longtemps à l'esquiver puisque mon regard se pose à nouveau sur ses écouteurs. Je me demande quelle musique elle écoute. Sûrement un style totalement différent de ce que j'écoute vus comment on est diamétralement opposée sur le plan mental et physique. Enfin peut-être pas, je ne devrais pas juger sans savoir.

Et là, grosse erreur: je releva la tête et je croisa son regard. Nouveau moment de gêne. Mais cette fois-ci c'était différent, celle qui semble embarrassée ce n'était pas moi mais bien Raven. Bizarre, ça ne lui ressemble pas de ce que j'avais vus tout à l'heure. Mais là vraiment, elle semble un peu mal à l'aise. J'aurai presque crus la voir rougir. Je ne sais pas pourquoi elle réagit comme ça, c'est encore plus bizarre que son comportement à mon égard depuis tout à l'heure. Et puis d'ailleurs pourquoi est-ce qu'elle me regardait ? Enfin surtout, est-ce qu'elle me regardait ? Peut-être que nos regards se sont croisés par hasard après tout.

"-Tu aimes la musique ?"

Sa question vient très rapidement. Peut-être que je me suis fait des idées finalement, même si son temps de réaction me laisse sceptique puisque j'ai l'habitude de changer de sujet de la même manière quand je suis dans une situation que je n'apprécie pas. (enfin quand je dis changer de sujet, c'est soit une insulte, soit un regard mauvais, soit je me barre tout simplement)

Je réfléchis à sa question qui est un peu débile en soit. Enfin "débile"...je veux dire que c'est pas trop compliqué de trouver la réponse. C'est le genre de question qu'on place quand on sait pas forcément quoi dire, ce qui me fait de plus en plus penser qu'elle à cherchée à s'échapper d'une situation gênante. M'enfin bon, la réponse est oui. Evidemment. C'est rare de rencontrer quelqu'un qui déteste toutes formes de musique. La musique existe depuis la nuit des temps, des milliers d'années pour être exacte. Elle a du naître naturellement en même temps que les premières civilisations et n'a pas arrêter d'évolué au fil du temps. la musique, le chant, toutes ces formes d'arts sont devenues tellement importantes maintenant qu'elles font parties de notre culture, de notre identité finalement.

Et voilà que je me met à faire un cours (sûrement faux d'ailleurs, puisque c'est juste mon avis personnel) sur la musique. Niveau barbant j'suis pas mal là. Heureusement que j'ai pas pensé ça tout haut. Le visage de Raven me tire de mes pensées et me ramène à la réalité. Elle me regarde comme si elle attendait une réponse de ma part. Une réponse pourquoi déjà ? Ah oui je me souviens.

"-Oui."

Je ne suis pas bavarde alors ma réponse sera un simple oui. Pas besoin de plus. Je n'ai pas envie de parler ni de développé. Je commence à être un peu fatiguée, surtout après cette séance de sport improvisée. Et puis être assis sur un banc à rien faire c'est fatiguant. Je me lève alors sans prévenir et je m'étire en oubliant l'autre aubergine qui doit sûrement être (encore) en train de me regarder. Je me tourne vers elle avant de la toiser un peu du regard. Finalement je lâche:

"-Je vais me changer."

Honnêtement je ne sais même pas pourquoi je lui dit ça. Elle a pas à savoir ce que je compte faire... mais bon c'est sortit tout seul. Tant pis. Je me dirige vers le bâtiment histoire d'aller me changer. J'dois avouer que les habits de sports c'est confortables mais pas forcément très propres après une heure de sport. j'ai besoin de me passer un peu d'eau sur le visage, de revêtir mes bonnes vieilles fringues et de me recoiffer un peu. C'est le problème quand je lâche mes cheveux: ils ne ressemblent plus à rien. Surtout que là il y a un léger vent donc ça doit vraiment être le gros bordel sur ma tête.
Je me demande ce que va faire Raven, si elle va rester planté là ou si elle va me suivre, voir si elle va continuer ses activités.  Roh et puis pourquoi je me pose la question ? Je m'en fou non ? Pourtant je ne tiens pas et cède à la curiosité. N'aller pas croire que c'est parce que ça m'intéresse ! C'est juste pour vérifier qu'elle ne viendra pas m'emmerder une fois de plus.
Je jette un regard par dessus mon épaule. La miss n'a pas bougé, elle est toujours assise sur le banc. Je soupire avant de lancer sur un ton un peu railleur.

"-Reste ici si ça t'amuse."

Bon je suppose qu'elle l'aurait fait sans mon accord. D'ailleurs je ne dit pas ça pour l'autoriser à rester assise là. C'est plutôt l'autorisation de me suivre si elle en a envie. Je ne sais pas ce qu'elle compte faire, mais je m'en veux un peu de la laisser planté là donc... Si elle peut me suivre si ça lui chante. Non pas que j'apprécie à sa présence, faut pas déconner non plus. Mais je suppose que si elle vient ça ne me dérangerait pas, au point ou j'en suis de toute façon. Tant qu'elle ne m'embête pas...non tant qu'elle ne parle pas en fait. J'espère juste avoir était assez subtile pour pas qu'elle ne remarque mon espèce d'invitation. Mais pas trop non plus, ça ne sert à rien si elle ne pige pas l'implicite de ma phrase. Ce qui est tout à fait possible si elle est un peu débile, chose qui ne m'étonnerai pas de sa part.

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Lun 14 Mar - 20:37
Night Evans & Raven Walker
It's a race !
Ce qu’elle pouvait être stupide, Raven. Ce n’était pas croyable d’être aussi nulle en improvisation. Elle ne savait jamais comment gérer ses émotions, du coup elle avait dit n’importe quoi. Au final, ça avait juste empiré la situation. Mais pourquoi est-ce qu’elle avait posé cette question dénuée d’intérêt, dont on connait la réponse avant même de l’avoir posée ? Et puis on ne peut pas obtenir grand-chose d’une formulation fermée, à moins que la personne qui répond développe un minimum. Elle voulait en réalité demander des choses plus concrètes, mais ne s’était pas exprimée de la bonne manière. Évidemment, elle ne s’était rendu compte de la débilité de ses propos qu’une fois qu’ils étaient sortis de sa bouche. À question bête, réponse bête. « Oui. » Bah oui, d’accord, forcément qu’elle aimait la musique. Raven aurait très bien pu le deviner toute seule, malgré l’étroitesse de son cerveau. Elle aurait pu faire un effort l’autre blondasse et argumenter un peu sa réponse. Ce n’était pas compliqué quand même. Quel style de musique préférait-elle ? Quelle était sa chanson du moment ? Bref ce genre de trucs basiques, quoi. C’était tout l’intérêt de ce genre de question. « Oui ». C’était pourri comme réponse. On ne pouvait rien en tirer, de ce petit « oui » ridicule. M’enfin, c’était Night. Fallait pas s’attendre à une tirade de dix minutes. Ce qu’elle pouvait être énervante parfois, celle-là ! C’était fatiguant de devoir chercher soi-même les mots au fond de sa gorge. Mais après tout, ça faisait partie de sa personnalité.

Tandis que Raven s’agaçait de son mauvais sens de la formulation, ainsi que du mutisme de Night, celle-ci se leva. Est-ce qu’elle allait encore se barrer ? Là, c’était carrément la fois de trop. Si elle voulait partir, libre à elle. Cette fois, Raven ne la suivrait pas. La violine avait obtenu ce qu’elle souhaitait, et c’est sûrement le maximum que pourrait lui donner l’autre lycéenne. Que pourrait-on attendre de plus d’une personne aussi solitaire ? La demoiselle annonça à Raven qu’elle allait se changer. Elle avait au moins la décence de prévenir, il y avait du progrès. D’ailleurs, pourquoi est-ce qu’elle précisait ça ? Peut-être qu’elle finissait par s’attacher à Raven. En tout cas, formulé ainsi, ça ressemblait fortement à une invitation. Du moins, c’est ainsi que l’interprétait la brune. Enfin, Raven était du style à s’emballer facilement, elle pouvait s’imaginer des choses improbables et il lui arrivait parfois d’avoir faux sur toute la ligne. Elle était un peu perdue dans ses interprétations. Elle resta plantée là, un peu conne, sur son pauvre banc nu. Elle ne savait pas quoi faire et était en pleine hésitation. En temps normal, elle aurait certainement repris son sport et après un ou deux tours de terrain, elle aurait poursuivi sa routine habituelle. Mais la journée avait été riche en émotions et en événements, au point même qu’elle ne ressentait plus vraiment le besoin de se défouler. Et puis très franchement, elle n’avait aucunement envie de reprendre ses habitudes monotones. Sa rencontre avec l’autre adolescente avait comme un goût d’inachevé.

Reste ici si ça t’amuse.

Raven sentit les commissures de ses lèvres s’étirer et tenta de les contrôler. Night avait-elle lu dans ses pensées ? Est-ce qu’elles s’étaient faites la même réflexion ? C’était fort probable puisque la demoiselle aux cheveux d’or s’arrêta et tourna la tête vers sa camarade, qui n’avait toujours pas déterminé ce qu’elle allait faire de cette fin de journée. Elle semblait l’attendre. Évidemment, ces mots n’étaient pas d’une douceur extrême. C’était même une remarque narquoise, exactement de celles qui auraient pu sortir de la bouche de Raven. C’était étrange de ressentir ce qu’elle infligeait aux autres. Elle n’avait jamais prêté attention à ces mots et était loin d’imaginer l’impact de ce type de remarques. Malgré tout, la violine s’amusa de voir que la petite avait bien une once d’humour finalement. Elle n’était peut-être pas aussi froide que Raven aurait pu le croire. Mais après l’amusement vint le sarcasme. Après de telles paroles, Raven ne pouvait pas rester sur ce banc. Non, c’était hors de question de lui donner raison, et puis quoi encore ? Elle ne voulait pas écouter cette fille, juste par esprit de contradiction. Parce que Raven, elle ne fait jamais ce qu’on lui conseille. Elle n’écoute jamais ce qu’on lui dit. Elle veut faire ses propres choix. Alors, sans apercevoir ce qui se trame autour d’elle, elle se bouche les oreilles et change de direction. Elle ne se rend même pas compte que c’est exactement ce qu’on attend d’elle.

La violine décida de se lever. Elle feignit l’indifférence et ignora un moment l’autre fille pour pas qu’elle croie que Raven lui courrait après. Comment ça, c’est exactement ce qu’elle fait depuis le début ? Nan, nan, c’est un pot de colle, mais pas un toutou. Elle s’amuse juste à l’emmerder, ça n’a rien à voir. Ce serait dérangeant qu’elle croie que Raven la suivait, ce qui était, évidemment, faux. C’est uniquement parce qu’elle en avait marre d’être là. Il commençait à faire froid et l’après-midi touchait à sa fin. Elle commençait à avoir mal aux fesses et sentait ses membres s’ankyloser. C’était d’ailleurs très désagréable. D’autant plus qu’elle était restée assise de longues heures avant ça, ce qui n’arrangeait pas son affaire. Elle avait eu sa dose. Et puis honnêtement, ça ne l’enchantait pas vraiment de rester plantée là, comme une aubergine pas mûre. Elle récupéra ses quelques affaires et avança en direction de Night, sans trop se presser.

Ce serait dommage de rater ça.

La violine rattrapa rapidement l’autre adolescente, qui marchait assez lentement, comme si elle n’attendait que ça. Les deux jeunes filles marchèrent ensemble jusqu’aux vestiaires. C’était bizarre. Cela faisait une heure que les deux filles se faisaient la guerre, peut être plus. En fait, Raven ne savait même pas depuis combien de temps elle était avec l’autre lycéenne, vu qu’elle n’avait pas vraiment prêté attention à l’heure. En tout cas, cela semblait faire une éternité. La brune en avait presque oublié qu’il n’y a pas si longtemps, elle ne connaissait même pas cette fille. C’était étrange comme sensation. D’un côté, elle semblait avoir cerné la personnalité de Night, mais d’un autre côté, elle ne connaissait rien d’elle. Et voilà qu’elles marchaient maintenant côte à côte, comme de vieilles amies. Mais, elles n’étaient même pas amies. Ni ennemies, d’ailleurs. C’était spécial comme relation. Raven ne connaissait aucun mot pour décrire ça.

Les deux étudiantes arrivèrent assez rapidement aux vestiaires. Elles entrèrent dans une pièce recelant tous les casiers. Raven ouvrit le sien, tournant ainsi de dos à l’autre lycéenne. Elle était contente de retrouver ses affaires. Raven eut soudainement assez chaud, pourtant la température de la pièce n’était pas très élevée. Sans doute était-ce amplifié par la variation thermique entre la chaleur ambiante du vestiaire et le froid hivernal de l’extérieur. Raven retira son sweat-shirt ainsi que son débardeur. C’était beaucoup mieux. Son corps sembla reprendre une température normale. Elle n’éprouvait aucune gêne à se changer ainsi. Elle ne pensa même pas au fait qu’elle se trimbalait en sous-vêtement. Elle fouilla dans son casier à la recherche de son haut de rechange. Elle repensa aux instants passés en compagnie de Night et à cette rencontre improbable entre deux personnes que tout oppose.

Tu comptes faire quoi après ?

Raven tourna la tête vers sa camarade lorsqu’elle lui parla. Un réflexe. Night était en train de se changer également. Non, la brune n’était pas en train de la mater. C’est totalement faux. Du coin de l’œil, elle put tout de même remarquer que la blonde avait de jolies courbes. Elle avait une allure élancée et svelte. Malgré sa petite taille, ses formes étaient plutôt bien développées. Elle avait un très beau corps. Sans compter qu’elle paraissait plus fine que la demoiselle aux cheveux teintés. Merde, elle n’était pas censée regarder ! Raven ferma les yeux un instant, pour essayer de reprendre ses esprits. Elle oublia qu’elle avait toujours sa main dans son casier à la recherche d’un vêtement perdu. Elle fit un mouvement brusque et mal contrôlé, bousculant par la même occasion les affaires dans son casier. Elle avait toujours été bordélique. Ce n’est pas pour rien qu’elle perdait à tous les coups quand elle jouait à Tétris avec Amy, son amie d’enfance. Certains vêtements dégringolèrent de la pile qu’elle avait entassée avant sa séance de sport et son sac s’écrasa par terre, éparpillant tout son contenu au sol. Elle aurait peut-être mieux fait de prendre quelques minutes au préalable pour organiser son casier. Elle aurait gagné du temps, en fin de compte. Bon évidemment, l’autre allait sauter sur l’occasion pour se foutre de sa gueule. L’opportunité était trop belle. Elle-même ne se serait certainement pas gênée, mais ce n’était pas vraiment un exemple à suivre.

Putain.

Quelle idée de mettre des casiers longilignes qui n’ont même pas la largeur nécessaire pour contenir ne serait-ce qu’un sac, sans devoir le tasser ? Raven était obligée de faire une pile énorme pour tout rentrer dans ce ridicule contenant. Forcément, la chute était inévitable. Pas besoin de vous dire que la plupart des filles ont tellement d’objets qui encombrent leur sac qu’on se demande parfois comment ça tient à l’intérieur. Voilà la réponse. Ça ne tient pas. Connerie de sac. Connerie de casier. Connerie d’apesanteur. Elle se baissa et rassembla les quelques vêtements et objets qui s’étaient cassés la gueule non loin d’elle. Certaines affaires s’étaient étalées jusqu’à l’autre bout de la pièce. Raven se concentra pour déclencher son pouvoir. Les objets qu’elle avait repérés se déplacèrent jusqu’à elle. Elle enfourna le tout dans son sac. Le tri sera pour une prochaine fois, ça pouvait encore attendre. Au fait, la petite avait-elle vu la scène ? Elle avait peut-être découvert une partie de son pouvoir. Cette révélation l’angoissa, à cause de l’habitude de cacher son pouvoir au commun des mortels. Dans sa vie d’avant, il n’y avait que son père et Amy qui étaient au courant de ce secret. Bien qu’ici, les pouvoirs soient une chose banale, la demoiselle n’était pas encore habituée à cette réalité. Elle finit par se détendre puisque les lycéennes étaient sûrement toutes deux des Expérimentées. Raven se demanda ce que Night avait comme capacité, sa camarade n’avait rien montré qui permettait de le deviner. Pas le moindre indice. Peut-être qu’elle le découvrirait plus tard.

Elle repensa à la conversation qu’elle avait tenté d’entamer juste avant tout ce remue-ménage. Elle ne savait pas encore ce qu’elle ferait de cette fin de journée. Il y avait tellement de choses qu’elle voulait faire ici, tellement de lieux à découvrir. Il était sûrement trop tard pour sortir hors de l’école. Bien que cela ne l’inquiète pas vraiment, peut-être y avait-il des lieux agréables à voir dans l’enceinte du lycée également. Mille idées fusaient dans sa tête. Le paysage devait être magnifique vu du toit ; de la cour aussi, mais à cette heure-ci, il devait y avoir beaucoup de monde. Pas sûr que ça plaise à la petite Night. Cependant, c’est à l’extérieur qu’il devait y avoir les plus belles vues. Raven n’avait jamais vu la mer et avait toujours rêvé d’y aller. Les bois aussi devaient être magnifiques. La jeune fille avait pu entendre par certains étudiants qu’il y avait aussi un parc. Tant de choses à faire. Cependant, en fin de compte, tout ce qui importait la demoiselle, c’était d’être en présence de sa camarade. Elle enfila son pull de rechange kaki et bien trop ample qu’elle avait finalement retrouvé au sol. Tout en continuant de se changer, elle s’adressa à Night.

Moi, j’aimerais bien voir le soleil se coucher.

Elle voulait juste rester encore un peu avec l’autre adolescente, mais elle n’osa pas le dire. Pas directement du moins. Elle voulait savoir l’état d’esprit de sa camarade. Elle lui laissait ainsi le choix de partir faire sa vie si elle le désirait, bien que ça ne lui fasse pas vraiment plaisir. Elle voulait que Night soit libre de sa décision et qu’elle reste avec la violine uniquement si elle le voulait. Au début de leur rencontre, Raven avait –plus ou moins- forcé la blonde à la supporter. Même si elle n’éprouvait pas de remords concernant cette approche, elle voulait évoluer sur quelque chose de plus sincère ; au risque de tout perdre. Elle prit le risque de se prendre un rejet dans la gueule, mais tenta tout de même le coup. Elle s’était fait repousser tellement de fois aujourd’hui qu’elle n’était plus à ça près. Pour sauver son orgueil, elle avait tout de même masqué sa sollicitation dans des propos assez vagues. Comme ça, elle aurait un peu moins l’impression de se prendre un vent. Mais après tout, il était aussi possible que Night accepte de venir avec elle.
Penses-tu que les miracles existent ?

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Lun 14 Mar - 23:09

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"-Ce serait dommage de rater ça."


Oui Raven, ça serait dommage. Dis plutôt que tu n’attends que ça ! En la voyant me rejoindre en faisait semblant d’être totalement indifférente à ma remarque, j’aurai presque pu esquisser un sourire. Enfin, pas un sourire sourire hein ? Dans vos rêves. Plutôt un sourire sarcastique et victorieux. Elle m’a peut-être battue à la course mais moi j’arrive à la faire bouger où je veux. Chacun sa victoire hein ! Bon en réalité je ne suis pas sûre que la tolérer un peu plus longtemps est une vrai bonne idée. Mais je m’en voudrais de la laisser planter la toute seule. Et puis...son air fier et mine de rien est quand même un spectacle qui en vaut la peine. Bon je ne devrais pas me moquer, je suis pareil.

Lorsqu’elle arrive à ma hauteur nous marchons ensemble jusqu’au vestiaire. Je regrette ma proposition parce qu’elle mesure une tête de plus que moi et que ça à le don de m’énerver. Je repense à son “petite” de tôt à l’heure qui m’est un peu resté en travers de la gorge. Je n’aime pas qu’on se moque de ma taille, surtout que je ne suis pas si petite que ça faut pas déconner.

Heureusement on arrive rapidement, et ce sans un bruit. Raven n’a pas parlé de tout le trajet, ce qui, avouons le, relève du miracle. J’aurai au moins pu profiter de quelques minutes de répit. J’entre dans la pièce direction mon casier, comme par hasard le miens et pile en face de celui de l’aubergine. Je n’ai pas envie de me changer devant elle. Je n’aime pas me changer devant les gens, je m’arrange toujours pour qu’il n’y ai personne ou d’avoir déjà mes affaires sur moi. Mais aujourd’hui je ne pouvais pas prévoir qu’elle serait là, du coup je me retrouve un peu emmerdée. Je sais que ça peut paraître ridicule et que beaucoup diront que ce n’est pas grand chose, mais je n’aime pas qu’on voit mon corps. Et j’ai mes raisons.
Du coup je ne changerai pas de t-shirt, je ferai ça quand je serai rentrée au dortoirs. J’enlève tout de même mon sweet histoire de m’étirer une dernière fois puis je récupère mon jeans que j’enfile après avoir enlever mon jogging. C’est bien plus confortable et plus agréable comme ça.

"-Tu comptes faire quoi après ?"


Bon évidemment le silence n’allait pas durée une éternité, à force d’avoir discuter (si on peut vraiment considérer qu’on ai eu une discussion) avec elle je commence à comprendre comment elle fonctionne. Je devrais la chronométrer d'ailleurs, pour voir combien de temps elle arrive  à se taire.
Raven m’avait posé cette question pendant que je me changeais donc j’avais un peu attendue avant de lui répondre. Je n’aime pas faire plusieurs choses en même temps. Donc je finis de me changer, et ensuite je lui répond.
D’ailleurs qu’est-ce que je vais lui répondre ? Je n’en ai absolument aucune idée. Quand j’y réfléchis sa question est aussi débile que l’autre en fait. Je vais comme tout le monde, rentrer aux dortoirs, vaquer à mes occupations qu’elle n’a pas besoin de savoir, dîner, me coucher. Une soirée lambda quoi.

Je me retourne pour lui répondre quand je remarque qu’elle me regarde. Bon c’est logique de regarder quelqu’un quand vous lui parlez, mais là elle me regarde un peu bizarrement quand même. Je détourne la tête un peu mal à l’aise, j’espère qu’elle n’a pas remarqué que je l’avais vus sinon bonjour le malaise. Qu’est-ce qu’elle a à me regarder comme ça putain ? C’est pas la première fois en plus…

"-Putain."

Ah bah oui c’est le cas de le dire. Enfin attendez, pourquoi est-ce qu’elle dit ça elle ? Je me retourne un peu sceptique avant de découvrir une pile d’affaires éparpillées au sol. Je sais pas comment elle a fait son coup mais bravo, c’est du grand art. Réussir à faire tomber autant d’affaires d’un si petit casier… J’aurai bien applaudis. Bon au moins comme ça elle arrête de me reluquer.

Je pourrais  me moquer d’elle mais je ne le fait pas. Elle a l’air assez embarrassé comme ça, et moi contrairement à certaine personne que je ne citerai pas, ça ne m’amuse pas de rabaisser les autres. Je m’approche d’elle pour l’aider à ramasser ses affaires dans un élan de bonté qui n’arrive qu’une fois tout les quatre ans mais visiblement elle n’a pas besoin de mon aide. En réalité j’assiste à une scène un peu étrange. Ses affaires se mettent à...à...à bouger toutes seules. Je lève un sourcil, sceptique. C’est pas tout les jours qu’on voit des objets voler et je me demande si je suis pas tellement claquée que je me met à avoir des hallucinations. Mais visiblement non. En tout cas ça n’a pas l’air de déranger Raven qui elle semble tout à fait normale vis à vis de ça. Tant mieux hein, mais c’est quand même carrément chelou.
Du coup je réfléchis. Si ça se trouve la tête d’aubergine est une expérimentée comme moi et son pouvoir c’est tout simplement...ça. Pouvoir faire lévité les objets à sa guise. C’est carrément styler en fait, quand ta la flemme, hoplà, c’est réglé. Bon j’avoue que la scène me laisse un peu curieuse et que j’ai bien envie de savoir comment elle a fait. Mais je sais qu’à sa place je n’aurais aucune envie de parler de mon pouvoir. Peut-être que c’est pareil pour elle. Elle ne savait même pas que je la regardais donc je ne vais prendre le risque de taper là où ça fait mal. Je me retourne l’air de rien pour récupérer mon sweet et mes affaires et fermer mon casier. N’empêche comment elle a fait pour sortir tout ce bordel d’une si petite caisse de métal ? Je comprend pas tout ces gens qui se trimballe avec deux milles trois cents trente affaires. Moi j’ai un sac à dos avec dedans une feuille et un stylo et basta. Pas besoin de plus.

"-J’aimerais bien voir le soleil se coucher."

Je me rattache les cheveux parce que je commence à en avoir marre de les avoir devant les yeux. C’est quand même bien plus pratique comme ça, qu’importe mon apparence, je m’en fou. La voix de Raven me sort de mes pensées. Avec tous ce qui vient de se passer j’avais totalement oublier de répondre à sa question (même si en soit ce n’est pas si grave). Du coup évidemment la misse avait relancé la discussion. Je ne sais pas pourquoi est-ce qu’elle s’obstine autant avec moi, c’est un peu ridicule à force. Mais bon je vais lui répondre, au point où j’en suis.

Je me retourne pour la regarder dans les yeux (comme ça au moins je suis sûre qu’elle ne regarde pas ailleurs). Mon regard n’est ni méchant ni gentil. Juste neutre. C’est déjà bien non ? Comptez pas sur moi pour lui faire un sourire resplendissant non plus. Je pousse un petit soupir, décidément j’aurai passé ma journée à soupirer. M’enfin bref.

-Si tu veux.

Bon j’ai parler un peu plus sèchement que prévue. J’ai pas l’habitude de parler aux gens normalement voir gentiment. J’ai pas l’habitude de parler aux gens tout court en fait. J’ai peur qu’elle ai prit ça comme un “Fais ce que tu veux je m’en fou”, même si en soit c’est vrai, elle fait ce qu’elle veut et je m’en fou, mais ce n’était pas ce que je voulais dire.
Je me mords la lèvre inférieur, reste calme Night, ne montre pas tes sentiments. T’as aucune envie qu’elle voit que tu regrettes ta manière de t’exprimer ou ce que tu dis non ? Donc on se calme.

-J’ai rien à faire de toute façon.

Ma voix est moins agressive et un peu plus posée. Elle est loin d’être chaleureuse et accueillante, faut pas déconner, mais l’effort est fait. Je sais pas trop ce qui me prend d’accepter de rester un peu plus avec elle. Il doit être 16/17heure et j’ai des choses beaucoup plus intéressantes à faire que d’accompagner madame voir son couché de soleil. Alors pourquoi est-ce que je dis oui ? Franchement des fois je ne comprends pas.
Peut-être qu’elle me fait un peu de peine finalement. Peut-être que je m’en veux de l’avoir envoyez chier autant de fois (pourtant elle le méritait hein). Je sais pas, c’est bizarre. Je n’aime pas la compagnie, et pourtant je dis oui. C’est totalement illogique. Mais d’un autre côté cette fille m’intrigue. Elle m’intrigue parce qu’elle s’accroche malgré tout les vents qu’elle s’est prise de ma part. Elle m’intrigue par rapport à son pouvoir. Elle m’intrigue parce qu’elle est une des rares personnes à être venue me parler. Elle m’intrigue parce qu’elle m’a complimenté.
Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je devrais arrêter de me torturer la tête pour rien. C’est inutile. De toute façon c’est trop tard, j’ai accepter de rester un peu plus longtemps avec elle et je peux plus revenir en arrière.

Je prend mon sac à dos et je me dirige vers l’extérieur sans un mot. J’entends des bruits de pas derrière moi donc elle doit sûrement me suivre. De toute façon c’est ce qu’elle n’a pas arrêter de faire. Une fois dehors je m’arrête pour réfléchir. Elle veut aller voir un coucher de soleil, ok super c’est cool. Mais elle veut aller le voir où ? Je me tourne vers elle et lâche avec nonchalance:

-Tu veux aller où ?

Pour une fois que c’est moi qui démarre la conversation… C’est rare, je mérite au moins une médaille. En plus j’ai parler d’un ton las mais pas méchant. De toute façon je pense que je me suis résignée à supporter Raven encore un peu donc bon. On verra bien où ça me mène.

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Ven 18 Mar - 19:05
Night Evans & Raven Walker
It's a race !
Raven attrapa ses bottines dans son casier qui avaient survécu à la chute dramatique de ses affaires et rejoignit le banc placé au centre du vestiaire. Tandis qu’elle remettait ses chaussures, Night répliqua à la remarque de la lycéenne sur son envie d’aller voir le ciel. Sa réponse fut sèche, brève. En entendant cela, Raven se dit que sa camarade n’avait pas l’air de vouloir la suivre. Du moins, elle n’en laissait rien paraître. Lorsqu’elles n’étaient pas narquoises, ses réactions étaient froides. Elle n’avait pour l’instant pas fait preuve du moindre d’enthousiasme, si ce n’est de façon mesurée. Elle était maîtresse dans l’art de la nonchalance et affichait un désintérêt constant, ce qui la rendait plus difficile à cerner. Impossible pour Raven de déterminer si Night appréciait sa présence, ou si elle n’osait pas se débarrasser d’elle. Certains mots pouvaient tout de même laisser transparaître l’intérêt que la blonde portait à son aînée, mais ces paroles n’étaient pas facilement déchiffrables, d’autant plus qu’elles étaient généralement accompagnées d’une touche de sarcasme, dissimulant le véritable sens de ces phrases.

J’ai rien à faire de toute façon.

Génial. À l’écouter, on pourrait croire que Night n’en a rien à foutre. Bon, c’est certainement vrai, mais cette phrase détachée dissimulait un énorme élan de sociabilité. C’est juste qu’elle n’était pas expressive. Ça voulait donc sous-entendre qu’elle était partante pour regarder le coucher de soleil avec Raven. La demoiselle commençait peut-être à comprendre les subtilités des paroles de Night. Lorsqu’elle disait qu’elle n’avait rien de mieux à faire, ça voulait dire qu’elle était très enthousiaste. C’était mieux de le traduire ainsi. Parce qu’en vérité, si Raven prenait ses réponses au premier degré, elle aurait certainement eu de quoi se vexer. Ce n’est pas agréable d’être la fille avec qui l’on reste juste parce qu’on n’a rien de mieux de prévu. La solution de rechange. Mais la violine commençait à cerner sa camarade et comprenait donc que son engouement était perpétuellement modéré. Elle ne s’offusquait pas de son indifférence apparente. Ce qui l’énervait cependant, c’était la sincérité de Night. Elle n’arrivait pas à cerner si la cadette était franche ou non et l’idée qu’elle fréquente son aînée uniquement par pitié, pour ne pas la vexer ou n’importe quelle autre raison la déplaisait énormément. Elle préférait croire que la blonde était authentique dans sa démarche.

La demoiselle un peu farouche prit ses affaires et se dirigea vers la sortie. Mais cette fois, ce n’était pas pour fuir Raven. Non, elle l’accompagnait. Ce changement de comportement ravit la violine. Et peu importe si c’est uniquement pour passer le temps. Dans le fond, Raven sait. Elle sait qu’il y a autre chose derrière tout ça. Night aussi devait s’en rendre compte. La sauvageonne commençait à s’accoutumer à la présence de Raven. Ce n’était pas un changement extrême, mais tout de même un peu visible. Elle fissurait lentement son armure, laissant enfin apercevoir son vrai visage. Celui que les années et les épreuves avaient détruit. Celui qu’elle s’efforçait de cacher, sans doute pour se préserver. Celui qui la rendait si intrigante. Raven espérait tellement pouvoir voir ce qu’il se cachait derrière tant de protections. La question qui suivit était la preuve de l’attendrissement de Night. C’était la première fois qu’elle posait une question à la teintée, ce qui laissait entrevoir un début de conversation. Y avait du progrès. C’était aussi un signe de l’implication de la petite, qui semblait enfin s’intéresser à quelque chose.

Tu veux aller où ?

Ça, c’est une très bonne question. Elle avait déjà une petite idée en tête, mais ne la formula pas immédiatement à voix haute. Elle continua à marcher entre les différents bâtiments du lycée. La jeune fille réfléchit à l’interrogation de Night. Il y a beaucoup d’endroits que Raven voulait visiter. Il y a tellement de lieux intéressants sur cette île. Le coucher le soleil doit être magnifique ici, peu importe d’où on le voit. Raven avait cependant une idée qui la faisait rêver plus que toutes les autres. La plage. La demoiselle n’avait jamais vu de ses yeux ces étendues d’eau dont on entend tellement parler. Ça l’avait toujours intriguée. Son choix se décida donc rapidement. Elle rejoignit ses mains, ses avant-bras levés comme lors d’une prière. C’en était une, dans un sens. Raven regarda la jeune blonde, se rapprochant ainsi de son visage. Elle avait des étoiles dans les yeux.

J’aimerais aller à la plage, ça doit être magnifique là-bas ! Faut que je passe par ma chambre avant, par contre. Tu m’attends, hein ?

Sans attendre la réponse de sa cadette, Raven s’éclipsa dans le bâtiment d’en face et partie vers le dortoir de la classe D, perdant de vue l’adolescente par la même occasion. Elle aurait voulu partir en expédition immédiatement, mais ne souhaitait pas vraiment s’encombrer de sa tenue de sport. Les chaussures, ça prend de la place. Elle rentra dans sa chambre et déposa ses vêtements de sport sur son lit, qui commençait vraiment à être très encombré. Elle posa ses baskets au pied du lit. D’ailleurs, en parlant chaussures… À la plage, il y a du sable non ? Les bottines, ça ne doit pas être très pratique. Elle attrapa une paire de tennis en tissu et changea de chaussures. Avec ça, elle serait sûrement plus à l’aise. À vrai dire, elle n’était jamais allée à la plage et avait donc du mal à savoir ce qui serait le plus adapté à ce contexte. M’enfin des chaussures légères, ça devrait le faire. Elle ressortit immédiatement, ne voulant pas faire trop attendre la petite qui devait certainement être devant le dortoir. Cependant, son absence avait finalement pris plus de temps que prévu. Fallait toujours qu’elle se disperse pour des futilités. Elle atteignit l’entrée des dortoirs assez rapidement. Elle s’empressa de retrouver sa camarade, mais une fois arrivée devant l’établissement, elle ne la vit pas. Elle regarda à sa gauche puis sa droite. Personne. Beaucoup d’élèves passaient devant de bâtiment, entraient ou sortaient des dortoirs, mais pas de Night en vue. Pourtant, c’était bien ici qu’elle l'avait laissée, il y a un peu plus de cinq minutes.

Raven s’adossa contre le mur de la façade puis soupira. Elle se résigna. Night n’allait sûrement pas revenir. Elle avait enfin réussi à se débarrasser de Raven et avait certainement profité de l’occasion pour partir. Sa déception était à son paroxysme. Elle ne s’attendait vraiment pas à ça. Elle espérait sincèrement que l’intérêt qu’elle portait à sa nouvelle rencontre était réciproque. Faut croire qu’elle s’était fourvoyée sur toute la ligne. Encore. Elle sortit son téléphone de son sac pour regarder l’heure. Il était encore tôt. Le soleil n’était pas encore couché, mais bientôt les nuages allaient commencer à se teinter de tons orangés et rosés et elle ne serait pas avec la petite blonde pour regarder ça. Ça en perdait toute sa saveur. C’est comme un Happy Meal sans le jouet à l’intérieur. C’est nul.

Elle leva la tête et ferma les yeux. Cette fois, elle ne pouvait plus échapper à sa routine qui l’attendait à bras ouvert. Elle se résolut à rentrer. Peut-être qu’elle irait quand même regarder le coucher de soleil vu du toit, ou de sa chambre. C’est à ce moment-là qu’elle discerna au loin, au milieu des déambulations des étudiants, une silhouette qu’elle commençait à connaitre. Elle distingua immédiatement ces cheveux décoiffés et ce regard hagard, même à plusieurs mètres. La joie s’afficha aussitôt sur son visage. Raven courut en direction de l’adolescente. Elle était heureuse de voir que sa camarade avait ressurgit de nulle part. Elle croyait vraiment ne plus la revoir. La joie qu’elle ressentait n’en était que plus grande. Elle arriva rapidement auprès de Night, un sourire radieux aux lèvres.

T’es revenue ! Je t'ai manqué ?

Elle ne demanda aucune explication à Night. Elle avait évidemment teinté ses propos d’une touche narquoise, mais ne voulait pas se prendre la tête sur l’absence momentanée de la blonde. Peu importe si elle avait voulu profiter de l’absence de Raven pour se barrer ou si elle était juste partie pisser. Peu importe ce qu’elle avait l’intention de faire et ce qu’elle avait fait. Elle était là, c’est tout ce qui comptait. Le reste n’avait aucune importance. Raven attrapa la main de la fille aux cheveux d’or et la tira avec elle vers la sortie de l’école. Elle avançait d’un pas pressé, ne voulant pas rater le début du spectacle.

Allons-y !

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Sam 19 Mar - 17:01

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 Wow. Elle a l'air super contente que je lui demande où elle souhaite aller. On dirait un enfant à qui on aurait promis une surprise.

"-J’aimerais aller à la plage, ça doit être magnifique là-bas ! Faut que je passe par ma chambre avant, par contre. Tu m’attends, hein ?"

Elle veut aller à la plage. Soit. Je ne suis jamais aller à la plage, je ne vois pas trop ce que ça à d'intéressant. C'est une grande étendue de sable collée à une grande étendue d'eau. En plus il y a toujours beaucoup de monde dans ce genre d'endroit. Ca grouille de touristes, de gens, ça parle, ça hurle. Non décidément ce n'est pas le premier endroit où j'irais pour être tranquille. Après on est à Tevara ici pas à Saint-Tropez. Donc avec un peu de chance ça sera vide, du moins je l'espère. Je me raccroche à cette idée de plage totalement vide, calme et reposante. Mais personnellement je ne suis pas d'avis que ce soit magnifique, contrairement à la violine. Après, pourquoi pas, elle a peut-être raison.
Après avoir finit sa phrase elle file en direction du dortoir sans m'avoir laissé le temps de répondre. Je grommelle un "ouais" un peu agacée par ce comportement enfantin. Quand elle est pas provocante ou narquoise, il faut qu'elle soit enfantine et hystérique c'est ça ? C'est fatiguant. Evidemment que je vais l'attendre. Je vais pas disparaître juste après lui avoir demander où elle voulait aller, c'est totalement incohérent ou complètement méchant (au choix). Bref me voilà planté au milieu de la cours à attendre une fille que je viens à peine de rencontrer pour aller à la plage. Ce n'est pas tout à fait le genre de journée que je m'étais imaginé m'enfin bon.

Je m'adosse contre le mur du bâtiment en attendant que madame ne revienne. Sauf qu'elle ne revient pas. Je ne sais pas si c'est moi qui suis impatiente ou elle qui met trois plombes à revenir, mais en tout cas, le temps est long. Je me demande ce qu'elle fait, elle a sûrement du poser son sac et se changer. J'aurai peut-être du aller au dortoirs aussi histoire d'y déposer mon sac à dos, mais il ne me gène pas tant que ça et j'ai la flemme de bouger.  Je me demande pourquoi j'ai accepter d'y aller avec elle. Je ne la connais même pas... Peut-être que je cède à tous ses caprices dans l'espoir que lorsqu'elle aura voulut ce qu'elle veut, elle me laisse tranquille ? En tout cas je pense que je peux bien la supporter quelques jours, le temps qu'elle passe à autre chose. Parce que, soyons honnête, elle ne va pas me coller toute sa vie. Elle finira par se lasser. Je ne suis pas quelqu'un de super intéressant, et encore moins sympathique. Je ne comprends pas trop son entêtement, mais je suis sûre qu'il finira pas s'estomper.
Mais c'est bizarre, l'idée qu'elle me foute la paix devrait me réjouir non ? Je devrais être soulagée et contente. Mais bizarrement non, je ne ressens aucune joie. Au contraire l'idée d'être abandonnée me dérange, comme un petit pincement au cœur. Je ne comprends pas trop pourquoi, mais c'est un sentiment étrange... et c'est sacrément dérangeant.
Il faut vraiment que Raven revienne parce que je me met à penser à des trucs totalement improbable. Comme si ça allait me faire de la peine qu'elle me lâche enfin ! N'importe quoi.

En tout cas je m'ennuis, il n'y a rien à faire ici à part regarder la cours et les arbres. Ce qui avouons-le n'est pas tout à fait le genre d'activité que j'aime faire. Cependant, en regardant l'arbre à ma droite j'ai pu apercevoir un distributeur automatique. Çà par contre c'est carrément cool, parce que j'ai sacrément faim.
Sans plus attendre je me dirige vers le distributeur. Il y a toutes sortes de trucs dedans: des barres énergétiques, des barres chocolatées, des bonbons, des canettes de sodas, des chips... Le genre de truc pas très diététique qu'on trouve d'habitude. Et après ils viennent te dire qu'il faut faire gaffe à ce que tu manges, c'est sûr qu'avec ce genre de machine on atteint facilement les cinq fruits et légumes par jours. Enfin qu'importe les calories et autre conneries du genre. J'ai faim donc je mange. Ils n'avaient qu'à inventer un distributeur automatique de fruits.

Je commande une canette d'Ice Tea et un paquet de KitKat (j'aurai bien pris autre chose mais c'est juste trop cher) que je range dans mon sac et je fais vote-face pour retourner poireauter. Manque de bol, c'est l'heure de la fin des cours. C'est à dire que tout les étudiants de l'école rejoignent leur dortoirs pour...ben pour aller aux dortoirs. Du coup il y a des gens partout, et je n'aime pas ça. Je l'ai sûrement déjà dit mais je déteste la foule. Ca me rappel les rues grouillantes de Paris, où sont rassemblés des tas de femmes et d'hommes. La plupart sont pressés, d'autres ont le regards fermés, voir méprisants, personne ne fait attention à ce qu'il y a autour d'eux, tout ce qui compte c'est eux et leur petit monde. C'est ironique de voir que les endroits où il y a le plus de monde sont ceux où l'ont trouve le moins d'humanité.

Bref, je dois sortir de ce troupeau, je dois sortir de ces nuisances. Ca me donne mal à la tête à ça a le don de m'irriter. Comme si de base je n'étais pas assez énervée. On me bouscule sans faire exprès, quand je vous disais que personne ne faisait attention à personne. Bah tant pis, je bouscule en retour histoire de me frayer un passage entre les gens qui ne sont visiblement pas décidés à me laisser m'extirper de là.

"-T’es revenue ! Je t'ai manqué ?"

Hein ? Qui me parle ? En relevant la tête (pas parce qu'elle est plus grande que moi mais parce que je regardais par terre) je me retrouve nez à nez avec le corbeau. Ca aurait du me saouler encore plus, mais bizarrement non. Je suis même carrément soulagée de la voir. Ca voulait dire qu'on allait enfin pouvoir se barrer d'ici parce que je commence vraiment à en avoir marre. Par contre elle voulait dire quoi pas "T'es revenue" ? Je ne suis jamais partie à ce que je sache. Et non, elle ne m'a pas manqué, faut pas déconner. Je suis tentée de lui répondre "Non." juste pour voir sa réaction mais je n'ai pas le temps.

"-Allons-y !"

Sans que je n'ai mon mot à dire elle m'attrape la main pour me tirer avec elle vers la sortie de l'école. Ce geste me surprend. Je veux dire, je n'ai jamais été quelqu'un de très tactile. Je n'aime pas les contacts et personne ne m'a jamais pris la main comme ça. C'est bizarre et ça me gène. Je libère doucement ma main en faisant attention de ne pas être brutale. Ce n'est pas contre elle, mais ça me rend mal à l'aise, peut-être un peu triste aussi. J'ai l'impression d'être un animal sauvage vus mes réactions. Si on continue la métaphore on pourrait dire que Raven essaye de m'apprivoiser. Vus ce qu'il s'est passé cet après-midi ça ne doit pas être trop éloigné de la réalité comme analyse. La question reste: pourquoi fait-elle ça ? Je ne suis pas sympa, je ne suis intéressante. Je suis une fille lambda avec un sale comportement, alors pourquoi est-ce qu'elle tient autant à rester avec moi ? Et pourquoi est-ce que ça m'affecte autant ?
Je chasse le malaise et la mélancolie de mon visage rapidement et je marche aux côtés de la violine sans un mot sur ce qui vient de se passer. Je n'ai pas spécialement envie d'y revenir donc autant ne pas s'attarder dessus. Le problème c'est que du coup, il y a un certain silence.

On marche depuis tout à l'heure soit disant vers la fameuse plage, mais je me rends compte que je n'ai strictement aucune idée d'où est la plage. Je n'y suis jamais allée et je ne me suis jamais renseignée dessus. J'ai simplement entendue vaguement les quelques lieux qu'il y avait à Terava. D'ailleurs c'est quand même impressionnant. On est sur une île perdue au plein milieu de l'océan (en même temps c'est le principe d'une île) mais la diversité est tellement grande qu'on se croirait dans un pas entier. La plage, les montagnes, la forêt, la ville...Il y a de tout sur cet archipel, c'est assez intriguant.
Raven et moi-même marchons sans rien dire. J'ai rangé mes mains dans mes poches et je fixe l'horizon. Pourtant j'ai le sentiment de devoir dire quelque chose, que c'est à moi de démarré la conversation pour une fois. D'un côté ce n'est pas tout à fait faux. Je n'ai pas vraiment fait d'effort avec elle cet après-midi. Pourtant à marché comme ça à mes côtés, elle n'a pas l'air trop méchante. Peut-être que je pourrais être sympa pour une fois.

"C'est encore loin ? J'suis fatiguée."

Ma voix monotone romps le silence qu'on a eu jusqu'ici. Bon je n'ai pas dit quelque chose de très intéressant mais j'ai au moins fais l'effort de parler. Même si c'est pour râler, ça compte quand même. Ah oui parce que quand je parle, c'est soit pour faire une remarque, soit pour sortir une insulte, soit pour râler. Du coup là j'ai décidé de râler.
En plus c'est vrai, je commence à avoir mal aux pieds à force de marcher (sans compter le sport de tout à l'heure) et j'avoue que je ne dirai pas non si on me proposait de me poser sur la plage à regarder le coucher de soleil. J'dois admettre que ce n'est pas une si mauvaise idée.
En tout cas derrière cette plainte se cache une envie d'entamer la conversation, l'envie de dire quelque chose de pas trop méchant ni désagréable. Je viens de faire un réel effort de sociabilité pour la deuxième fois de la journée, c'est quand même miraculeux.

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Dim 20 Mar - 2:04
Night Evans & Raven Walker
It's a race !
Raven avait innocemment pris la main de sa camarade. Elle était tellement contente de pouvoir aller voir l’océan qu’elle en devenait infantile. Ce geste tactile ne représentait rien de vicieux. Elle voulait simplement se dépêcher d’atteindre la plage et partager son enthousiasme. En entrainant Night par la main, elles accéléreraient la cadence. Pourtant, la blonde ne semblait pas le voir ainsi. Elle se débarrassa de l’emprise de sa camarade. Elle le fit de manière assez douce, mais Raven put tout de même ressentir la gêne qu’elle s’évertuait à dissimuler. La blonde avait l’air plutôt mal à l’aise au contact de l’autre jeune fille. Ou alors, cela l’énervait. Difficile à dire, mais dans tous les cas, ça n’avait pas l’air de lui plaire qu’on la touche. C’était drôle de voir à quel point elle n’était pas habituée aux contacts charnels, au point de refuser ne serait-ce que de tenir la main d’une autre personne. Ce n’était pourtant pas un geste doté d’arrières pensés. Raven aurait bien fait une remarque sarcastique à ce sujet, mais elle préféra éviter les situations conflictuelles. Night semblait assez gênée comme ça, pas besoin d’en rajouter. Elle recommença à marcher au côté de la lycéenne.

Raven se demanda tout de même pourquoi elle avait retiré sa main. Sa première conclusion avait été qu’elle ne devait pas être tactile et n’aimait donc pas les contacts, mais au final, peut-être que c’est uniquement avec Raven qu’elle était comme ça. Cette réflexion la ramena à nouveau sur son soupçon concernant la sincérité de la blonde. En effet, il est logique qu’on n’aime pas être touché par quelqu’un qu’on n’apprécie pas. Mais après tout, Night n’appréciait personne. Raven ne devait sûrement pas le prendre personnellement. Tandis qu’elle était plongée dans ses réflexions, la violine ne remarqua même pas le lourd silence qui s’était installé entre les deux filles. Certes, Raven était bavarde, mais elle ne pouvait pas se perdre dans les méandres de ses pensées tout en continuant de parler. C’est alors que Night prit la parole. C’était surprenant qu’elle entame une conversation. Elle semblait faire de plus en plus d’effort de sociabilité. Est-ce que ça signifiait qu’elle appréciait Raven ? Mais qu’est-ce que ça pouvait lui faire de toute façon ? Fallait qu’elle arrête de se prendre la tête. Elle n’en avait jamais eu rien à foutre qu’on l’aime ou non. Ça ne l’avait jamais empêchée de harceler ceux qu’elle voulait.

C’est encore loin ? J’suis fatiguée.

Elle se plaignait comme un enfant qui demande toutes les trois minutes quand il arrive. C’était comique. Et mignon. Cependant, il ne faut pas oublier que tout à l’heure, Night était à la limite de s’évanouir. Cet état avait beaucoup inquiété la violine, mais le sarcasme dont la blonde avait fait preuve depuis montrait qu’elle allait mieux. Il ne fallait pas trop user ses forces. Ce serait problématique qu’elle s’écroule en chemin. Mieux valait arriver bientôt. Mais à vrai dire, Raven ne pouvait pas répondre à cette question. Elle n’en avait aucune idée. Elle ne s’était jamais rendue à la plage de Tevara et ne connaissait que vaguement le chemin à parcourir et le temps du trajet. Cependant, elles marchaient depuis quasiment un quart d’heure et ne devaient plus être très loin. Le chemin était assez simple théoriquement. Elle avait déjà eu l’occasion de voir une carte de l’île et avait remarqué la localisation de la plage, cependant, il est assez difficile de traduire un bout de papier dans la réalité. Surtout qu’elle n’avait pas la carte avec elle, mais possédait des bribes de souvenirs du plan dans sa tête. Elle n’avait pas choisi le chemin le plus court, mais c’était le plus simple. Elle ne connaissait pas très bien l’île. Elle savait qu’il y avait un raccourci en passant par le centre-ville, mais elle avait peur de se perdre dans les dédales des rues urbaines. Sans parler de la quantité de passants. Raven était habituée aux grandes villes contenant énormément d’habitants, la foule ne la dérangeait donc pas, mais elle se doutait que ce n’était pas le cas de sa camarade. Elle lui évita donc ce calvaire, quitte à ce qu’elle marche un peu plus. Faudrait savoir ce qu’elle veut aussi.

Je sais pas trop, je pense qu’on arrive bientôt.

En sortant du lycée, il y avait une longue route menant jusqu’à la périphérie de la ville qu’il fallait ensuite contourner. La route bétonnée se changeait lentement en un chemin sablonné çà et là. Une odeur iodée se faisait de plus en plus forte. C’était surprenant comme odeur. Après avoir marché encore quelques minutes sur ce chemin, les deux filles arrivèrent à un croisement. Raven remarqua alors qu’après le virage, le chemin semblait recouvert d’une quantité de sable bien plus conséquente qu’avant. De plus, on pouvait remarquer que cette route ne menait pas très loin, donnant alors sur des dunes. Elles étaient arrivées.

On y est !

Raven s’avança sur le chemin recouvert de sable, rehaussé par des planches de bois. Plus elle marchait, plus elle sentait l’océan approcher. Elle délaissa alors l’autre lycéenne pour courir vers les buttes de sable. Elle put alors enfin voir l’océan au loin. C’était magnifique. Elle sortit du chemin dont le sol boisé filtrait quelque peu les grains de sable pour atteindre le rivage. Elle courut sur le sable, tellement heureuse d’être enfin arrivée. Elle était en plein rêve. Tous ses sens étaient en éveil. L’odeur salée de l’océan envahissait ses narines, les vagues s’écrasaient sur le sable dans un fracas surprenant, l’air était imprégné de sable et de sel qui titillait son palais, des grains de sable roulaient sur sa peau, et ses yeux étaient en émerveillement devant ce paysage si impressionnant. Alors qu’elle courait en souriant comme une gosse, ses pieds s’enfoncèrent dans le sable qui s’infiltra dans ses chaussures. À chacun de ses pas, du sable sortait de ses chaussures tandis qu’une quantité bien plus conséquente rentrait. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée de mettre des petites chaussures fines. En plus, le sable, ça gratte dans les chaussettes. Elle s’arrêta de courir et retira ses chaussures et ses chaussettes, vidant au passage le sable qui s’était invité dedans. Elle posa ses pieds nus sur le sable froid. Night rejoignit l’adolescente sur la plage. Raven lui sourit.

On a de la chance, le coucher de soleil n’a pas encore commencé.

Elle parlait comme si elle allait voir un film au cinéma. Pour elle, c’était exactement ça. La séance allait bientôt commencer, après une page de pub. Manquait plus que les popcorns. Il y avait du monde sur la rive, mais étant donné la saison, ce n’était pas non plus bondé. Une brise plus puissante qu’au lycée soufflait, ce qui avait certainement découragé beaucoup d’habitants de l’île. Les filles marchèrent un peu, jusqu’à ce qu’elles atteignent un petit coin relativement isolé. Sans même se concerter, les deux adolescentes décidèrent de s’y installer. Elles s’assirent côte à côte. Raven n’avait pas pensé à prendre une serviette lors de son passage par sa chambre, elle posa donc ses fesses sur le sol. Avec sa main, elle lisait le sable en formant des cercles. C’était étonnant cette maniabilité. Elle attrapa alors une poignée de sable, laissant les grains s’écouler lentement entre ses doigts. La douceur de chaque granule était étonnante. La demoiselle semblait comme absorbée par cette découverte.

Alors qu’elle jouait avec le sable, elle eut une idée. Ce n’était peut-être pas une bonne idée, mais peu importe. Elle ferma les yeux pour se concentrer. Elle visualisa le sable. Elle sentit que les grains s’envolaient un à un autour d’elles. Raven n’avait pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir ce qu’il se passait. Elle le ressentait. Et les grains tournoyaient lentement autour d’elles, offrant un spectacle inattendu. Raven rouvrit les yeux pour voir le sable danser, enfermant les deux filles au milieu de leur chorégraphie. C’était à la fois splendide et effarant. Elle ne savait pas à l’avance si son pouvoir marcherait sur du sable, mais il était censé fonctionner sur tout objet concret. C’était donc une difficulté mesurée. Elle n’avait jamais utilisé sa télékinésie sur quelque chose d’aussi petit. C’était sans doute l’un de ses plus beaux tours. L’un des plus impressionnants. Elle remarqua l’étonnement dans le regard de Night, à moins que ce soit de la crainte. Enfin, pas sûr qu’elle a peur de quoi que ce soit. Elle paraissait tellement forte qu’il était difficile d’imaginer qu’elle puisse avoir des failles de la sorte. Raven avait toujours trouvé que les expérimentés avaient une chance incroyable. Elle ne prenait pas la magie comme un fardeau. C’était un magnifique cadeau, bien que sa création soit carrément glauque. Elle avait toujours été fière de ce pouvoir, malgré les sermons et la prudence excessive de son père. Elle s’était longtemps entraînée, seule ou avec Amy, ce qui expliquait la maîtrise partielle de son don.

Pourquoi avait-elle fait ça ? Elle-même ne savait pas vraiment. Elle en avait eu l’envie, tout simplement. Seulement, elle craignait que Night la prenne pour un monstre, surtout vu le regard qu’elle lui lançait. Raven avait pris le risque. Elle ne savait pas comment l’expliquer, mais elle avait confiance en Night. Son calme éternel l’apaisait. Elle avait quelque chose de rassurant. Et puis, elle avait accepté de venir avec elle jusqu’ici. Ça lui faisait vraiment plaisir. Raven avait trop de fierté pour remercier sa camarade, c’était donc une façon d’exprimer sa reconnaissance. À sa manière. Elle lui offrait la plus belle chose qu’elle avait. Elle en avait également marre de se cacher. Elle en avait marre de ne pas être elle-même. Dans son ancienne vie, elle s’efforçait tellement de ne pas dévoiler certains aspects d’elle qu’elle en perdait sa personnalité. Elle voulait s’épanouir. S’accepter avec ses capacités. Peu importe si elle était pointée du doigt. Peu importe si on se mettait à la regarder de travers. Peu importe, tant que ce n’est pas Night.

C’est beau, tu ne trouves pas ?

Elle annula son pouvoir et les grains de sable retombèrent lentement au sol. Heureusement que là où elles s’étaient installées, elles n’étaient pas à la vue de beaucoup de monde, sinon ç’aurait été un sacré bordel. Même si sur cette île les expérimentés sont acceptés, il n’est pas forcément recommandé d’exposer ses pouvoirs ainsi. Mais bon, Raven est insouciante. Elle s’en fiche de ça. Elle ne voit pas vraiment où est le mal. Et puis, c’était tout de même très joli ce qu’elle venait de faire. Pourvu que Night soit de cet avis. Une question lui brûlait les lèvres, mais elle hésitait à la formuler à voix haute. Oh et puis merde. Qu’est-ce qu’elle avait à craindre, de toute façon ? Elle se lança. Elle était trop curieuse pour résister à la tentation.

Toi aussi tu as un don ?

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Dim 20 Mar - 15:21

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On arrive finalement sur la-dite plage. Il était temps, je commençais à perdre patience. Raven à l'air super contente d'être enfin arrivée puisqu'elle file en courant sur le sable sans m'attendre. Je soupire doucement, mi-agacée mi-amusée par ce comportement enfantin. Franchement elle à quelle âge ? On dirait une enfant qui découvre la mer pour la première fois. Je ne comprends pas son enthousiasme, c'est aussi la première fois que je viens dans un tel endroit mais ce n'est pas pour autant que je me met à gambader partout avec un grand sourire sur le visage. Je suis pas quelqu'un de très sensible à la beauté visuelle des choses. Certes c'est joli, le sable doré brille et la mer s'étend à perte de vue...Mais c'est tout.

Je ferme les yeux. J'ai toujours préféré le ressentit auditif au ressentit visuelle. Je me concentre pour faire le vide dans ma tête et pour analyser et profiter de chaque bruits. J'entends celui des vagues qui viennent se briser contre la baie, j'entends le murmure du vent qui souffle sur le sable, j'entends le chant des oiseaux qui volent au dessus de l'eau bleue foncée. J'apprécie ce genre de mélodie. C'est naturel, calme et apaisant. J'ouvre les yeux. Même si je ne trouve pas l'endroit magnifique, je dois bien avouer qu'il est pas mal. J'aime bien les dunes de sables vierges de touts traces de pas (à part ceux du corbeaux mais bon) et la mer totalement calme. C'est comme si le temps c'était figé. Je déteste les endroits confinés ou grouillant de monde, c'est étouffant. Mais ici c'est grand et ouvert comme lieu, c'est comment dire...respirable.

Mes pensées sont coupées nettes dès que je pose un peu dans le sable. Je n'ai même pas le temps de faire trois pas que je m'enfonce comme si je marchais sur un sol en mousse. Mais encore si ce n'était que ça ce ne serai pas gênant. Là j'ai carrément du sable qui s'engouffre dans mes chaussures et c'est hyper désagréable. Si j'avais sus j'aurai pris d'autres chaussures....mais vus que j'en ai pas d'autre non en fait. En tout cas c'est chiant, je peux pas faire un seul pas correctement, j'ai les pieds lourds et j'ai pas envie d'enlever mes baskets et de marcher pieds nus. Je vais bien réussir à traverser cette étendue de sable sans trop de problème non ? Ben visiblement non, la nature à pas l'air décidé à me laisser tranquille. Tant pis, j'abdique. Je retire mes baskets noirs et mes chaussettes que je range dans mon sac à dos. J'ai bien fait de ne pas le déposer aux dortoirs celui-là il m'est bien utile finalement.

Je rejoins finalement la violine qui m’accueille avec un grand sourire. On marche un peu en direction des dunes avant de s’installer dans un coin relativement isolé. Je m’assois par terre sans trop me poser de question, au point où j’en suis de toute façon...un peu plus de sable ou pas, ça ne va pas me tuer. Raven s’assit à côté de moi et commence à jouer avec le sable. je l’observe du coin de l’oeil. Elle agit vraiment comme une enfant qui vient de découvrir un jouet. Je ne comprends vraiment pas tout cet enthousiasme..ce n’est que du sable hein. Mais bon à la voir comme ça je me demande vraiment si ce sable n’est pas magique. D’une mai je caresse doucement le sol. C’est assez agréable en fait. C’est plutôt chaud, doux et lisse.

Mais tout à coup il se passa un autre truc étrange. Les grains de sables se mirent à se soulever, comme ça, tout seul, sans prévenir. Ils se mettent à...à voler, tout simplement. Le sable danse et virevolte tout autour de nous. Je tourne la tête à droite et à gauche pour suivre le mouvement, assez surprise. Je ne met pas longtemps à comprendre que c’est Raven qui provoque cette danse. J’ai l’impression d’assister à un ballet, sauf que c’est pas des danseurs qui nous présentent leur chorégraphie mais des grains de sable. Vus comme ça c’est plutôt absurde en fait. Mais bon le spectacle est tout de même assez impressionnant, il faut bien le reconnaître.

-C’est beau, tu ne trouves pas ?

Les grains de sable retombent doucement au sol, comme des gouttes de pluies lors d’une averse. Nos regards se croisent et je la dévisage un peu surprise par ce que je viens de voir. Le soleil commence à se coucher et nous enveloppe d’une lumière vive et dorée. Je ne suis pas quelqu’un de très sensible à la beauté des choses, mais entre le coucher de soleil, l’étendue de sable, la mélodie de la mer, les sables volants…

-Ouais, j’avoue que c’est pas mal.

Ca à beau être agréable à regarder, je modère mes propos. Je ne vais pas non plus m’exclamer avec un grand sourire que c’était trop trop trop magnifique, faut pas déconner. Premièrement parce que je ne le pense pas et deuxièmement parce que ce n’est pas mon genre. Enfin, j’avoue que je l’envie un peu. Son pouvoir est plutôt cool contrairement au mien. J’ai toujours vus les pouvoirs des expérimentés comme quelque chose de violent, de brutal, et de destructeur. Je n’aurai jamais penser qu’on pourrait faire quelque chose d’élégant et d’artistique avec. Après je pense que certain pouvoir ne s’y prête pas. Et ce n’est pas avec le miens que je vais devenir une artiste. Les rares fois où je m’en suis servie c’était pour blesser autrui. Volontairement ou non, le résultat est le même.

"-Toi aussi tu as un don ?"

Je détourne le regard un peu gênée par sa question. Je n'ai pas très envie de répondre. J'ai toujours vus mon pouvoir comme une différence, comme un fardeaux, comme une faiblesse. J'ai toujours eu un comportement fuyant vis à vis de ça, et pour moi en parler serai comme baisser ma garde. Pourtant je savais qu'en venant ici j'allais forcément devoir affronté la réalité. J'hésite à lui répondre mais je me dis qu'elle m'a déjà fait deux fois la démonstration du sien, et que donc si je lui dit que moi aussi j'ai un don, elle ne va pas me prendre pour un monstre. Allez Night, ça va pas te tuer.

"-Oui."

Ma voix est redevenue un peu plus sèche. Je parle rapidement comme si je voulais passer à autre chose. Aussi étonnant que cela puisse paraître j'ai peur. Je n'aime pas mon pouvoir, j'aurai préféré ne pas en avoir et vivre une vie normale, dans une famille normale, avoir une enfance normale. Mais non, évidemment, rien de tout cela n'est arrivé. Je n'ai pas envie de continuer à en parler mais j'ai le sentiment qu'il faut que je dise plus qu'un simple oui. D'une main je gratte le sable frénétiquement, ce geste traduit un peu mon stresse et mon malaise grandissant. Je sais que c'est ridicule, ce n'est qu'un pouvoir. En plus il n'y a personne à par nous deux alors je peux bien dire la vérité.

"-Mais...il est moins joli que le tiens."

J'ai parlé tout doucement. J'espère qu'elle na m'a pas entendue mais vus son air étonné je crois que je rêve un peu trop. Je détourne la tête et je passe mes bras autour de mes jambes que je ramène contre moi. Oui, elle n'a pas rêver, je viens de faire un compliment. Pire que ça, je viens de lui faire un compliment. Il faut que fasse quelque chose où que je dise un truc rapidement, histoire qu'elle oubli ce que je viens de dire...Mais quoi ?
D'une main j'attrape mon sac à dos que j'ouvre, je sors la canette et les paquets de gâteaux que j'avais acheter en l'attendant tout à l'heure. J'ouvre la canette et je bois une gorgée avant de la tendre à ma voisine.

"-T'en veux ?"

J'essaye de paraître naturelle, mais ça doit pas être très convainquant. Je suis un peu gênée d'agir comme ça. C'est comme si j'avais passé ma vie à être désagréable et que là j'enlever mon masque pour essayer d'être gentille. Je la laisse prendre la canette et je détourne le regard pour me concentrer sur le paquet de KitKat, histoire de me donner une bonne excuse pour ne pas soutenir son regard. J'ouvre le paquet et je commence à grignoter ma barre chocolaté. Ca fait du bien de manger un peu, je commençais à avoir un peu faim.  Je devrais lui en proposer aussi, mais c'est pas évident de formuler mes mots.

"-J'ai...hm...J'ai ça aussi...si tu veux."

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Lun 21 Mar - 1:58
Night Evans & Raven Walker
It's a race !
Night paraissait tendue. Elle était gênée, et son regard était fuyant. Pourquoi se mettait-elle dans cet état pour une simple question ? Après tout, il n’y a rien de mal dans le fait d’être une expérimentée. Elle murmura un petit « oui », comme si elle avait honte d’avoir un don. Comme si c’était une vérité inavouable. Peut-être qu’elle pensait que c’était un fléau. Une monstruosité. C’est dommage. C’est une chance d’avoir des capacités que le commun des mortels n’a pas. En tout cas, Raven fut ravie d’apprendre que Night était une expérimentée elle aussi. Elles étaient pareilles. Cet aveu eut des airs de soulagement pour le corbeau. C’était un point commun qu’elle était contente de partager avec sa camarade. Elle avait toujours rêvé d’en parler avec quelqu’un doté d’un pouvoir. Elle n’avait personne à qui échanger à ce sujet dans son ancienne vie. La seule personne dotée qu’elle connaissait était son père qui reniait son identité. Elle n’avait jamais le droit d’en parler et encore moins de s’entrainer. Elle était forcée de le faire en cachette. Elle avait la chance d’avoir le soutien de sa meilleure amie à l’époque, mais par manque d’informations à ce sujet, elle en arrivait souvent à stagner dans son apprentissage.

Mais... il est moins joli que le tien.

Pourquoi disait-elle ça ? Peut-être que son pouvoir était glauque. C’était la seule explication logique qui puisse justifier cette retenue. Mais Raven n’était pas d’accord. Tous les pouvoirs peuvent être beaux. Il suffit d’en voir les bons côtés. Évidemment, chaque don a une part plus sombre, mais c’est comme pour les êtres humains. Chacun est libre de devenir quelqu’un de bien. Raven n’eut même pas le temps d’exposer son point de vue que Night sortit une canette de son sac. Elle semblait fuyante. Après une gorgée, elle tendit la canette à Raven. La violine prit la canette et la remercia, un peu interrogative. Elle suspectait la blonde de vouloir détourner l’attention. Jusqu’à présent, elle n’avait jamais eu ce genre de comportement. Elle n’osait même plus regarder sa camarade. Elle s’était recroquevillée sur elle-même. Pourquoi ? Apparemment, Raven venait de toucher un point sensible. Ces actes ne faisaient qu’attiser la curiosité de la violine. L’envie d’en savoir plus se faisait de plus en plus forte. Raven but une gorgée d’Ice Tea, tout en observant avec insistance l’autre lycéenne. Son attitude était vraiment intrigante. Cette expression sur son visage… on aurait dit de la peur. À croire que même elle avait des phobies. Mais pourquoi avoir peur de ce qu’elle est ? Raven n’arrivait pas à comprendre ce raisonnement. Les pouvoirs sont une partie à part entière des expérimentés, les renier en revient à abjurer ses origines.

Night sortit des gâteaux de son sac et commença à s’empiffrer. C’en devenait ridicule. Elle essayait de paraitre normale, mais ses actions avaient l’effet inverse. Au final, elle attirait encore plus l’attention. Raven ne se serait peut-être même pas rendu compte de son malaise si Night n’avait pas cherché à détourner l’attention de la sorte. C’était absurde. Peut-être qu’elle voulait juste changer de conversation, mais Raven ne voulait pas en rester là. Comme avec la canette, la blonde tendit les gâteaux à sa collègue. Tant de générosité, c’était suspect. Night n’était pas du genre à faire preuve de courtoisie uniquement par gentillesse. Cela cachait forcément quelque chose. C’était impossible qu’elle se comporte ainsi uniquement à cause de son pouvoir. C’était trop extrême. Il n’y avait pas de quoi être si gênée pour une simple conversation sur des pouvoirs. Raven se repassa la scène dans la tête, à la recherche d’un mot ou d’une action particulière. Tout à coup, tout s’éclaira dans sa tête. « Joli ». Mais oui ! C’était donc ça ! C’est parce qu’elle avait complimenté Raven qu’elle était mal à l’aise. La violine esquissa un sourire. C’était amusant qu’elle se mette dans tous ses états pour un simple petit mot. Et puis, elle n’avait pas complimenté Raven directement, mais juste son pouvoir. Ce n’était pas si grave. Apparemment, pour Night, ça l’était. Elle était asociale au point d’être mal à l’aise pour un tout petit compliment. C’était mignon.


J’ai... hm... J’ai ça aussi... si tu veux.

Tout en continuant de mâcher la quantité exorbitante de nourriture qu’elle avait rentrée dans sa bouche, Night avait tenté de parler à Raven. Tenté, c’est le mot. La violine éclata de rire. Night ressemblait à un hamster. C’était même surprenant qu’elle ait réussi à prononcer le moindre mot. Raven ne voulait pas se moquer de l’adolescente, mais la scène était hilarante. Elle partit dans un fou rire incontrôlable. Son comportement était adorable lorsqu’elle était réellement embarrassée. Elle était encore plus touchante quand elle montrait ses failles. Raven réussit finalement à se calmer après un long rire et essuya une larme qui naissait au coin de son œil. Elle attrapa finalement un gâteau tout en reprenant ses esprits.

Merci !

Elle croqua une bouchée dans le Kit-Kat. Même si elle avait une préférence pour les bonbons, elle aimait bien le chocolat. Elle adorait les sucreries. Ses hanches aussi d’ailleurs. Et puis, elle avait toujours un creux à l’heure du goûter, le gâteau tombait donc à merveille. Elle détourna le regard de Night pour la laisser se calmer tranquillement. C’est sûr que ça ne devait pas l’aider d’avoir un regard inquisiteur posé sur elle. Ça devrait peut-être aider la petite à oublier son compliment, même si Raven, elle, n’oubliait pas. Elle mangea une partie de la barre de chocolat tout en regardant la délimitation au loin entre l’océan et le ciel qu’on ne distinguait pas vraiment. C’était joli, on aurait dit que le ciel et l’océan ne faisaient qu’un. Les nuages commençaient à nuancer leur couleur dans des teintes rougeâtres. Raven constata au bout d’un moment que la blonde était plus ou moins détendue. Elle tenait à revenir sur la conversation précédente.

Tu sais, tous les pouvoirs peuvent être jolis. Tout dépend de la façon dont tu l’utilises. C’est à toi de décider ce que tu veux en faire.

Voilà qu’elle se révélait philosophe. Ce n’était pas vraiment son truc les réflexions trop poussées, mais elle trouvait ça dommage que les autres voient les expérimentés comme des erreurs. Il fallait que Night apprenne à exploiter positivement de telles capacités. Raven ne connaissait pas le don de la blonde, mais même sans cette information, elle savait que sa réflexion était adaptée à son cas. Le seul pouvoir pouvant faire exception à son idéologie serait de tuer quelqu’un par le toucher ou par la pensée. Cependant, Raven avait déjà touché Night et rien ne s’était passé. Elle avait aussi maintes fois poussé à bout la blondinette, lui donnant mille occasions de la tuer et elle était encore en vie. Night n’avait donc pas cette capacité morbide. Il n’était même pas sûr que ce genre de pouvoir existe. C’était tant mieux, sinon elle aurait eu l’air un peu conne avec son utopie de « tout est beau dans le meilleur des mondes ». Raven redonna la canette à Night après avoir bu une autre gorgée. Elle finit de manger la barre chocolatée tout en réfléchissant. Il était évident que Night n’avait pas vraiment envie de parler de son pouvoir, mais elle avait fourni tant d’effort pour tenter d’en discuter qu’il serait dommage d’en rester là. Après tout, à Tevara, les dons ne sont pas des secrets. Il n’y a aucun mal à les évoquer. L’envie de connaître son don était trop grande. Raven enfonça ses pieds dans sable puis les souleva, alors que le sable s’écoulait lentement entre ses orteils. Elle recommença l’opération avant de tourner la tête vers sa cadette.

C’est quoi ton pouvoir ?

Tout à l’heure, Night était sur le point d’en dire plus à ce sujet, avant de se goinfrer pour oublier son désagrément. Raven avait fait le premier pas en dévoilant son pouvoir, Night n’avait plus qu’à faire de même. Ça ne devait pas être si pénible que ça d’en discuter. Surtout que ce n’était sûrement pas la première fois qu’elle en parlait, ça ne devait donc pas être trop difficile. Si les mots étaient trop compliqués, la blonde pouvait toujours lui faire une démonstration. Ce serait même encore mieux. Enfin, pas sûr que ce soit plus simple pour elle de le montrer que d’en parler. Dans tous les cas, Raven ne la jugerait pas. Pas à ce sujet. Elle désirait que Night ait confiance en elle. Même si elle n’avait rien fait pour faciliter ça au début, elle espérait se rattraper. Et puis elle aimait bien la taquiner, ça n’avait aucun rapport avec la confiance. Elle voulait que la blonde soit libre d’être elle-même, sans avoir à se cacher. Mais elle n’osait pas le dire. Elle n’osait pas le penser. Elle voulait juste que sa sincérité soit réciproque. Elle se mordit la langue et refoula ces idées le plus loin possible dans sa tête. Parce que ça signifierait admettre qu’elle aime bien Night. Ça signifierait qu’elle est faible.

Raven s’en voulut d’avoir posé la question. Elle avait agi égoïstement, en ignorant les peurs de Night. Elle culpabilisa. Les deux filles étaient venues là pour regarder le soleil se coucher, pas pour entamer des conversations sensibles. Raven ne voulait pas gâcher ce magnifique moment. Elle-même n’exprimait jamais sa fragilité, même si c’est son corps qui le faisait en général. Raven sentait bien que Night était gênée par ce sujet et elle hésitait à remuer le couteau dans la plaie. Elle était certes moqueuse, mais pas sadique. Elle soupira avant de hausser les épaules. Elle ne voulait pas mettre sa cadette mal à l’aise plus longtemps. Lorsqu’elle vit que Night avait terminé ses gâteaux (qu’elle avait mangés à une vitesse incroyable, au passage) elle décida de se lever. Elle se frotta les mains pour faire tomber le sable. Elle épousseta son derrière et essuya les derniers grains qui subsistaient sur ses mains contre son manteau. Elle voulait mettre les pieds dans l’eau, sentir le flux des vagues sur sa peau. Elle tendit la main vers Night pour l’aider à se relever. Il était possible que la blonde refuse de venir avec elle, mais peu importe.

On va dans l’eau ?

En vérité, Raven aurait adoré terminer cette conversation sur les pouvoirs et elle aurait très bien pu attendre la réponse de Night avant de vouloir se précipiter à la flotte. Cependant, elle pouvait ressentir le trouble de la jeune fille et elle remarqua que sa réponse se faisait attendre. Il était possible qu’elle n’ait aucune envie d’en dire plus à ce sujet. Raven pouvait le comprendre. En détournant ainsi la discussion, elle lui offrait une porte de sortie. Elle avait ainsi le choix de ne pas parler de son pouvoir à l’autre lycéenne. Bien sûr, elle pouvait également le révéler au corbeau, ce qui la ravirait. Ce n’était pas à Raven de prendre cette décision.

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Lun 21 Mar - 20:59

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Attendez c’est une blague ? Je lui propose gentiment de partager ce que j’ai acheté et elle...elle..elle me rit au nez ? J’essaye de faire un putain d’effort de sociabilité avec elle et voilà ce que je reçoit  ? Oh mon dieu je vais la tuer. Je lui lance un regard noir avant de tourner la tête. Putain ça m’apprendra à vouloir être sympa. En plus c’est même pas un ricanement, c’est vraiment un vrai rire. Genre elle se fiche ouvertement de ma gueule en fait ? Je vais la tuer. Plus jamais je fais d'effort, c’est mort. En plus je ne vois même pas en quoi c’est drôle.
Raven me remercie mais je décide de l’ignorer superbement. Je n’ai pas envie de lui répondre après ça, au contraire. Je lui balancerai bien un remarque désobligeante ou sarcastique d’ailleurs. Rah, elle a réussit à m’énerver alors que je m’étais un peu prêt calmée ! Du coup ça m’énerve encore plus et je continue de gratter le sable plus violemment pour extérioriser tout ça. Ce qui fonctionne relativement bien puisqu’au bout d’un certain temps je retrouve les idées claires.
"
-Tu sais, tous les pouvoirs peuvent être jolis. Tout dépend de la façon dont tu l’utilises. C’est à toi de décider ce que tu veux en faire."


Hein ? De quoi est-ce qu’elle parle déjà ? Ah oui c’est vrai, des pouvoirs. Je me retourne vers elle en oubliant ma rancœur. La violine à réussis à capter mon attention contre toute attente. Ce qu’elle dit est sûrement vrai, le problème c’est qu’on ne peut pas utiliser son pouvoir à sa guise. Si je pouvais utiliser le miens pour faire de jolies illuminations, alors d’accord, peut-être qu’il pourrait être qualifier de “joli”. Cependant ça ne marche pas comme ça.  J’aurai beau vouloir à tout prix que ce soit le cas, ça ne sera pas possible. C’est vrai quoi on va pas se mentir ! Je ne le maîtrise pas, c’est tout. J’ai du l’utiliser quoi, trois, quatre, cinq dans fois dans ma vie ? Super l’expérience ! C’est vrai qu’en y réfléchissant je ne me suis absolument jamais entraînée à l’utiliser. Je l’ai fuis depuis que je l’ai découvert donc forcement ça aide pas. Ce pouvoir me fait peur. J’ai peur de moi. Je sais que je serai capable de blesser quelqu’un , et même pire. Et ça sans même le vouloir. C’est peut-être pour ça que je suis si asociale...Allez savoir.

"-C’est quoi ton pouvoir ?"

Je plisse les yeux, affichant une mine un peu triste. Évidemment je n’allais pas pouvoir fuir cette conversation indéfiniment, il allait bien falloir qu’on arrive à la question fatidique. Je n’ai pas envie de lui répondre. Je n’ai pas envie qu’elle sache. J’estime que, de toute façon, elle sait déjà assez de chose sur moi pour l’instant. D’ailleurs de toute l’île confondue je pense bien que cette fille en sait le plus sur ma personne que n’importe qui, ce qui est assez flippant en fait. Et puis si je décide de lui dire, je dis quoi moi ? Que j’ai le pouvoir de l'électrocuter si j’en ai envie ? Que je peux lui asséner un coup de foudre juste avec ma volonté ? Que je suis une dangereuse  décharge électrique sur pâte ? Oh bah oui très bonne idée ! Histoire de rajouter un peu de tension dans l’air ! (sans mauvais jeux de mots).

Quoique en fait c’est pas une si mauvaise idée. Peut-être qu’elle me laissera tranquille comme ça (Ouais, j’ai toujours son rire au travers de la gorge). Enfin je râle je râle, mais malgré mon mutisme elle n’a pas insister pour en savoir plus. J’ai l’impression qu’elle ne veut pas me forcer à parler si je ne veux pas puisqu'elle hausse les épaules en soupirant. Quand on hausse les épaules en soupirant c’est que ce n’est pas grave ou qu’on abandonne non ? Je l’observe du coin de l’oeil en attendant une réaction de sa part. Raven se lève finalement et essuie les quelques grains de sables qu’elle a sur ses affaires. Je ne comprends pas trop le but de la manœuvre puisqu’il lui en reste encore plein, mais bon, elle fait bien ce qu’elle veut. Je m’attends à ce qu’elle parte sans rien dire mais elle se tourne vers moi et me tends la main. Je lève un sourcil sceptique.

"-On va dans l’eau ?"

Mon regard alterne entre sa main, son visage, la mer, sa main, son visage, la mer, sa main… Je me lève sans la saisir, je n’ai pas besoin d’aide pour me mettre debout. C’est la première fois qu’elle change de sujet alors qu’elle pose une question, c’est bizarre. A chaque fois elle insistait pour avoir ce qu’elle souhaitait obtenir, mais là non. Elle n’avait pas continué à pousser et avait simplement changer de sujet. Tant mieux, c’était plutôt cool comme comportement. Peut-être qu’elle n’est pas si méchante que ça, finalement.

Je l’accompagne jusqu’à la rive sans un mot. Je n’ai pas encore répondu à sa question, je veux voir la mer de plus près avant. Plus on s’approche de l’eau salée plus le bruit des vagues est fort. J’adore ce bruit. Il est lent, grave et un peu triste aussi, pourtant je ne peux pas m’empêcher de le trouver doux, élégant et fort. En voyant la mer juste devant mes yeux, en voyant à quelle point cette étendue d’eau est grande, je me sens ridicule et insignifiante. C’est vrai qu’on oubli trop souvent qu’une seule bourrasque d’eau pourrait nous emporter dans les profondeurs de l’océan, et que comparé à cet élément l’être humain n’est rien du tout. Enfin, je divague (toujours sans mauvais jeux de mots).

“-Je n’aime pas l’eau.”

Ok après tout ce que je viens de dire ça peut sembler un peu incohérent. Mais c’est la vérité. C’est pas que je n’aime pas la mer ou l’eau en général, je trouve ça très beau, mais juste à regarder ou à écouter. Je n’aime pas me baigner et je pense que je n’aimerai pas naviguer en mer. Ça doit être effrayant de se retrouver au beau milieu de cette étendue bleue. C’est comme si vous vous retrouviez au milieu d’une foule humaine, mais en encore plus énorme et avec encore moins de moyen d’y échapper. Très peu pour moi. Enfin, comme je n’ai aucune envie d’exposer ma vision des choses si le corbeau me demande pourquoi je n’aime pas l’eau, je trempe le bout de mon pied pour voir la température. Évidemment elle est assez froide. Cool, ça me donne une raison de plus pour ne pas y aller. J’ajoute en maugréant.

“-En plus elle est froide.

Elle doit sûrement penser que je passe ma vie à râler, ce qui n’est pas trop éloigné de la réalité. Je m’assois au bord de l’eau pour contempler l’horizon. Les couleurs vivent du coucher de soleil se fondent dans la froideur et la noirceur de l’océan. Je comprends que les dessinateurs ou photographes aiment immortaliser ce genre de moment. Mais je ne suis pas une artiste, alors je me contente de regarder la vue d’un oeil neutre.
Je repense à Raven et à tout ce qui s’est passée cette journée. Je repense à sa question, celle sur mon pouvoir. Elle avait vraiment l’air de vouloir en savoir plus. Peut-être que je pourrais lui dire après tout, ça m’engage à quoi ? Et puis elle serait sûrement capable de voir le bon côté des choses elle au moins. Ça vaut peut-être le coup. Je ne sais pas, ça ne me ressemble pas. Je n’ai jamais parlé de moi à personne et ça ne m’a jamais posé aucun problème, alors pourquoi est-ce que j’envisage de faire le contraire de ce que j’ai toujours fait ? Ca veut dire quoi ? Que j’apprécie Raven ? Je secoue la tête en chassant cette idée de ma tête avant que ça ne me rende un peu gênée. C’est impossible de toute façon, je n’ai jamais appréciée personne et ce n’est pas près de changer.

“-Électrokinésie.

J’ai l’impression de passé mon temps à me contredire moi même en c’est absolument insupportable. Je ne sait pas ce qu’il m’a prit, mais je l’ai dit. Je n’ai même pas réfléchie, le mot est sortit tout seul. La violine me regarde un peu étonnée d’ailleurs. Je comprends un peu, ça doit pas être normal de balancer un mot un peu bizarre sans aucune raison apparente alors que juste avant je parlais de la mer. C’est même carrément absurde. Je plonge mes yeux dans les siens. Au point où j’en suis, je ne vais plus fuir.

Je veux dire, mon pouvoir. C’est l’électrokinésie.”

Je lui explique un peu, histoire qu’elle comprenne plus facilement ce que je viens de lui dire. Qu’importe sa réaction, je m’en fiche. De toute façon c’est trop tard. Ce qui est dit est dit. On verra bien ce qui se passera après. Alea Jacta Est, non ?

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