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Code par MV/Shoki - Never Utopia
Nous sommes actuellement en été au mois d'août.
Année 20xx. 80% de la population a développé des pouvoirs surnaturels, surnommés Alter. Certains les utilisèrent pour semer le chaos, détruire ou réaliser des activités illégales.
D'autres, à l'inverse, utilisèrent leurs nouvelles capacités pour sauver la veuve et l'orphelin, rendant réel le métier autrefois fantasmé de Super-héros, qui devint, au fur et à mesure, une activité reconnue par l'état. C'est ainsi que des écoles se spécialisèrent dans l'éducation de nouveaux justiciers, prêts à affronter ceux bravant la loi : les vilains.
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16/11/2016 — Equitis Romani autem esse filium criminis loco poni ab accusatoribus neque his iudicantibus oportuit.
11/11/2016 — Rogatus ad ultimum admissusque in consistorium ambage nulla praegressa inconsiderate et leviter proficiscere inquit ut praeceptum est.
11/11/2016 — Latius iam disseminata licentia onerosus bonis omnibus Caesar nullum post haec adhibens modum orientis latera cuncta vexabat nec honoratis

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Leave me alone !

 :: Complexe scolaire :: Troisième étage :: Bureau du Directeur Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Lun 28 Déc - 22:56

Leave me alone !


Pour fuir l'Enfer...






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Pour que vous compreniez ce qu’il se produisit ce jour-là, revenons au tout début, au commencement, le jour d’arrivée de Blake à Tevara. Vous savez, ce n’est jamais simple de tout quitter et de partir sur une île au milieu de nulle part pour soi disant apprendre à vous contrôler, alors Blake cherchait le seul moyen de retrouver un peu d’elle dans cet étrange lieu : lire des contes. Les contes ont tout forgé, des connaissances aux croyances en passant par la curiosité et l’envie, ne vous étonnez pas si sa vision du monde est étrange, personne ne l’a jamais éduqué comme il l’aurait fallu, non, c’était une gosse dangereuse et mystérieuse qu’on laissa courir au gré de ses pulsions. Bien donc, Blake n’avait qu’une idée en tête lors de son arrivée : trouver la bibliothèque. Ce n’est pas une fille très douée pour l’orientation, autant vous dire qu’elle ne l’a jamais trouvée malgré ses nombreuses aventures au sein de l’établissement. Non, jamais. La première fois elle se retrouva nez-à-nez avec le titulaire de la classe E, une autre fois sur le toit et puis avec le temps elle prit quand même quelques repères, les endroits clés et puis pour le reste elle avait pour habitude de suivre les gens, elle s’insérait discrètement dans la file et marchait en rang d’oignons. Mais jamais elle n’avait mis la main sur ce précieux lieu. Et elle le cherchait encore, sans relâche.

L’avantage de se faire discrète à Tevara, c’est que les gens ne vous remarquent pas, ils vous oublient même si vous êtes à trois centimètres d’eux. Blake profitait pour se renseigner, entendre les ragots et diverses rumeurs sur tout et n’importe quoi. Personne ne s’intéressait réellement à elle dans la rue, personne ne venait lui parler au café le soir ni même dans les couloirs, elle ne connaissait qu’un roux dont le nom lui avait échappé, ses camarades de chambres et les professeurs. Mais ça lui allait, elle aimait cette solitude tant qu’elle pouvait aider les autres, et cette situation lui permettaient de s’évader autant que l’on voulait dans ses pensées, à la découverte de l’inconnu. En sortant des cours, elle croisa des élèves de la classe B, des élèves toujours bien habillés, l’air un peu hautain mais jamais plus que ceux de la classe A. Elle enfila sa capuche et s’aventura près d’eux, dans la plus grande discrétion, leur discussion avait l’air passionnante. Deux mâles, un blond platine et un autre brun comme le noir de la nuit, ils étaient délicats dans leurs faits et gestes et leur voix douce comme la dernière symphonie de Ludwig de Beethoven. Le brouhaha général la gênait, elle n’entendait presque rien, mais leurs yeux étaient pétillants d’intérêt. Finalement, elle capta quelques brides d’informations, ils discutaient d’une supposée chasse au trésor produite par leur classe, ils devaient retrouver des bouts de papiers partout dans l’établissement. Au vu de la discussion, elle en conclut qu’ils formaient un duo, cependant ils leur manquaient les indices du dernier étage, du troisième étage là où l’on trouvait les salles de réunions, les bureaux de l’administration et celui du directeur mais aussi la salle d’archives. La salle des archives. Son regard s’illumina et elle dévala le reste du couloir en trombe, sa capuche vola au vent et elle faillit perdre sa lame.

Les escaliers menant au sommet étaient dépourvus de rambarde et se montaient en semi-colimaçon. Elle s’essoufflait lentement, l’arme était lourde mine de rien, elle plaçait sa main sur le mur pour rester sur pied. Soudain une foule de jeunes gens, de la classe B d’après leurs vêtements, la bousculèrent sans même s’excuser, ils ne l’avaient juste pas vu et l’avaient laissé se coller à la paroi pour les éviter de justesse. Décidément, ils avaient de drôles d’idées dans les rangs élevés, ils profitaient de leur temps libre pour s’amuser, à croire que leur cours étaient si parfaits qu’ils n’avaient pas besoin de relire. Elle continua l’ascension péniblement et arriva finalement à destination. Contrairement aux autres couloirs, il n’y avait pas de store lugubres pour empêcher la lumière de rentrer et de rendre la pièce plus gaie. Non, loin de là. Les murs étaient dorés par le soleil, le sol abordait des tapis propres, les lumières étaient toutes en état de marche. Même le couloir était différent, plus petit mais plus large, il s’arrêtait plus tôt pour laisser place à une magnifique porte, tandis que sur la façade opposée aux fenêtres se trouvaient trois portes. Les élèves de la classe B flemmardaient dans ce dit couloir, papotant du temps qu’il ferait demain, des amourettes d’un soir et de leur fameuse chasse au trésor. Blake se hasarda entre les petits groupes formés, elle devait trouver la salle des archives au plus vite, néanmoins elle allait devoir se dépêcher pour ne pas avoir à paraître idiote devant la foule. Elle ne savait pas où cette salle se situait et se voyait mal demander de l’aide, c’était une fille forte de caractère.

Se faufilant de part et d’autre, entre les dos courbés et les jambes charnues, elle se retrouva vite contre le mur, un peu à l’écart de la troupe. La texture était différente, tout semblait venir d’un autre monde ici, le monde de l’administration. Tout semblait hors du temps, comme si le jour et la nuit n’avaient aucun impact, c’était simplement vos sens qui éveillaient tout. Elle s’adossait et continuait son parcours, examinant chaque porte une à une pour pouvoir déterminer laquelle était la plus favorable à contenir des étagères par milliers de l’autre côté. Elles se ressemblaient toutes, en bois, majestueuses et avec des pommeaux argentés. Entre la deuxième et la troisième trônait un miroir, petit et juste à la hauteur de son visage. En passant devant, elle ne put que s’étonner, elle avait oublié qu’elle était comme ça, des yeux profondément étranges, une chevelure flamboyante et surtout on lui avait appliqué le matin même du crayon pour faire, dit-on, plus féminine. Ça la dégoûtait. Elle trouvait cela hideux et s’essuya les yeux avec ses poings, laissant une trace au niveau de sa joue droite sans s’en rendre compte. Non, réellement elle n’avait pas eu le temps de voir.

Deux jeunes hommes, ceux qu’elle avait espionné durant la sortie des cours, s’approchèrent dangereusement, trop même. Elle entendait les mots résonner dans sa tête sans pourtant arriver à distinguer si cela était réel. Hé, on t’a jamais vu dans le coin, t’es nouvelle ? C’est naturel ta couleur ? T’es mignonne tu sais. Paniquée, elle se recula, marchant sur le pied d’une jeune fille blonde et attrapant la première chose qu’elle trouva : une poignée. Celle-ci était dorée et correspondait à la porte au fond, l’unique, seule sur son mur telle une reine. Elle la tourna et s’engouffra dans la pièce sans regarder ce qui la contenait. Peut importait à vrai dire, tant qu’elle pouvait fuir ces saligauds. Haletante, elle fut aveuglée par la lumière se reflétant partout dans la salle. Des objets luxueux, des décorations à couper le souffle, des divans recouverts de cachemire, un bureau majestueux en ivoire, un lustre tombant telle une cascade et des rideaux en soie. Tellement de kitch que cela en piquait les yeux, les gens qui l’avaient décoré devaient se croire au château d’Ashford. Blake soupira dans sa chevelure, elle avait encore compris qu’elle n’était pas au bon endroit, mais elle ne sortirait pas, du moins pas tant qu’ils étaient de l’autre côté. On les entendait frapper à la porte. Bah alors on a peur ? On ne veut pas apprendre à nous connaître ? On voudrait bien te connaître. Ses jambes tremblotaient mais sa tête était subjuguée par la magnificence de la pièce.

Elle se décala en silence de la porte pour admirer les bibelots éparpillés sur les étagères. Des cadres, des statuettes et des objets indéfinissables. C’était magnifique, d’une beauté sans pareil. Cependant quelque chose l’angoissait, un regard, une présence. Elle fit volte-face et vit sur la chaise un homme. Il était d’une silhouette pure, blanc comme baigné dans une lumière cinglante. Ses cheveux blancs doraient tout comme sa peau pâle, il avait des traits fins pourtant il était grand et intimidant. En observant bien, elle jugea qu’il devait être assez jeune, pas de ride, pas de cernes trop marquées. Il ressemblait presque à l’abruti blond platine de l’autre côté de la porte. Cet homme vous hypnotisait en quelques secondes, il avait du charisme comme personne. Blake évita de rester bloquée sur lui et dévia son regard sur les bricoles, posa ses doigts fins dessus et tentait d’examiner celui qu’elle avait en main. Elle jetait des coups d’oeil à intervalles réguliers et puis finit par céder au bout de quelques minutes de silence.

« Vous ne vous ennuyez pas seul dans ce bureau à longueur de journée ? »

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Mer 6 Jan - 19:50
Beware of the Big Bad Wolf



Et une nouvelle année qui commence. Une année de taff. Une année d’incessantes emmerdes. Une année de questions désobligeantes. Une année à remplir des papiers et à les envoyer. Une année à engueuler des gamins irresponsables. Mais aussi une année à combler les orifices de certaines étudiantes dévergondées ou à corrompre les âmes innocentes qui pourraient décider de s’offrir à moi. Cela faisait combien d’années déjà que ce cycle se répétait encore et encore et encore ? Tevara avait ouvert en l’an de grâce 2001, non ? Donc quinze ans ? Déjà ? Comme le temps pouvait vite passer. Enfin, pour quelqu’un comme moi, ce n’était qu’un concept bien chiant que je ne comprenais tout simplement plus. J’étais comme une montagne figée au même endroit regardant les âges passer dans un silence de mort. La nouvelle promotion semblait intéressante, d’après Lev. Surtout qu’il y avait ses nouvelles créations, qu’il disait. Mais qu’est-ce que j’en avais à foutre qu’il ait rajouté ses nouveaux jouets ? Du moment qu’ils ne viennent pas me faire chier, je n’avais aucune raison de m’en préoccuper. Je comptais passer cette nouvelle année à faire ma vie de mon côté, comme pour toutes les autres. Enfin, à presque faire ma vie. Comme ce putain de Lev était trop occupé à faire ses trucs, il fallait que quelqu’un reste ici à détailler la paperasse, à signer les documents, à recevoir les quelques parents curieux, à engueuler les employés faisant mal leur taff, à punir les dissidents, à récompenser les meilleurs comportements, à…. Je ne sais même pas quoi ajouter d’autres. J’avais juste beaucoup trop de choses à faire. Le secrétariat ? Il ne pouvait pas s’occuper de ces trucs-là. Juste des petites tâches ingrates que je ne désirais pas faire. Mais pour le plus gros, c’était à bibi de bouger son fion et d’agiter sa teub pour le faire. Même si je n’en avais absolument aucune envie.

J’avais passé une nuit blanche à décortiquer la liste de tous les élèves. Je faisais toujours ça à la première rentrée. Pour mémoriser tous les noms et tous les visages. D’ailleurs, la liste intégrale du personnel y était également passée. En tant que sous-directeur, il me fallait bien connaître tout le monde, non ? C’est là qu’une mémoire eidétique était vraiment pratique. Même si elle n’était pas totalement parfaite. Mais j’avais eu le temps de la travailler durant toutes ces années que j’avais vécues. Des listes n’étaient donc qu’un jeu d’enfant, pour moi. Surtout qu’il n’y en avait pas tant que ça à retenir, en fait. Juste plusieurs centaines de visages et de noms, qui venaient remplacer les centaines des autres années. Une fois une personne partie, je n’avais plus aucune raison de m’en rappeler. Alors je l’effaçais tout simplement de ma mémoire. Comme je l’avais fait pour plusieurs gens de ma vie. Ce n’était pas très compliqué. Et ça me permettait de débloquer de la place dans mon cerveau. Quelques papiers de plus à signer et l’horloge murale se met à sonner la septième heure de cette journée. Il est donc déjà le matin ? C’est fou comme ça peut passer vite quand on a quelque chose à faire, hein. Je sors du bureau et dépose la paperasse à côté d’un des ordinateurs du secrétariat avec quelques indications sur un post-it. Oui, les employés du secrétariat sont tous des assistés. Enfin, à mes yeux. Dans ma tête, personne n’est assez qualifié pour quoi que ce soit, de toute façon. À part moi, bien sûr. Même Lev est quelqu’un d’inutile, à toujours courir un peu partout et à ne rien faire qui soit un minimum productif. Oui, je ne l’aime pas. Et je ne l’ai d’ailleurs jamais apprécié. Ni respecté.

Je prends le temps de rentrer chez moi pour la matinée. Je ne vais tout de même pas passer ma vie enfermé dans un bureau, peu importe à quel point il peut être agréable d’y être. J’en profite pour prendre une douche bien chaude et changer de vêtements. J’enfile ce qui me tombe sous la main, sans vraiment faire attention. Aujourd’hui, je ne me sens pas tellement de faire gaffe à mon apparence. De toute façon, j’ai des papiers à finir, alors je terminerai cette journée de nouveau séquestré dans le bureau de l’autre bouffon. D’ailleurs, pourquoi je n’avais pas mon propre office ? Et surtout, pourquoi je n’y pense que maintenant ? Enfin, même si la plupart des élèves pensent que c’est mon bureau, au final. Vu que Lev n’est juste jamais disponible. Encore en train de créer de nouveaux expérimentés, je suppose. Ou de développer d’autres limiteurs de pouvoir ou armes pouvant canaliser nos dons. Il avait toujours aimé jouer au savant fou. Et ce, depuis le début du projet Évolution dont il avait été le tout premier cobaye. Il ne pouvait plus s’arrêter. Juste des pauses de temps en temps. Et encore. C’juste quand il a la flemme de continuer, en fait. Je profite aussi d’être chez moi pour manger un truc. En même temps, le dernier repas que j’ai eu était la veille au soir. Plus de douze heures que je n’avais rien mangé, l’estomac se faisait entendre depuis ce matin. Une fois tout ce que je veux faire correctement accompli, je repars pour l’école, le troisième étage, le bureau de ce cher Lev.

C’est donc vers la onzième heure demie de la journée que j’arrive comme une fleur pour me remettre au travail. Je salue bien gentiment le personnel du troisième étage en reluquant les culs qui se présentent à moi, puis je m’enferme de nouveau dans cette pièce qui m’est chère. Ou pas, ahah. J’étale quelques papiers sur le bureau, sors mes lunettes de mon sac pour les trôner sur mon nez et…. Flemme. Il faut bien que j’arrive à saturation à un moment. Même moi, j’ai certaines limites. Surtout en ce qui concerne le taff. Je me lève du fauteuil et me dirige vers l’une des fenêtres que j’ouvre promptement. Je m’attrape une cigarette, l’allume et commence donc à fumer. C’est bien l’une des choses que je ne changerai jamais chez moi. Le fait de taffer quelques clopes. Mais bon, ça ne me tuera pas, alors pourquoi devrais-je m’en priver ? Tout comme pour l’alcool, d’ailleurs. Quand bien même il m’est impossible d’être bourré, mes cellules régénératrices m’empêchant tout état anormal. Le goût n’est toutefois pas mauvais. Alors quand j’ai l’occasion d’en boire une certaine quantité, j’avoue ne pas me retenir. Autant attraper une bouteille dans ma petite réserve personnelle, tiens. J’ai toute la journée à gaspiller, de toute façon. Et je pourrai toujours finir la paperasse demain. Ou un autre jour encore. J’avais tout le temps qu’il fallait. Une éternité, même.

Cinq heures plus tard, je dormais sur le bureau, deux bouteilles de vodka vides à côté de moi. Une voix m’a réveillé. Une des secrétaires qui venait me laisser d’autres feuilles à signer. Je jetais un œil sous moi. De la bave partout. Quel dégueulasse. Mais fallait croire que j’avais un bon sommeil. J’essuyai tout et lui fit signe de partir. Quelle honte de me déranger comme ça. Il n’y avait vraiment plus aucun respect de nos jours. Je remis mes lunettes sur le bout du nez et me replongeai dans la paperasse. Du boucan dans les couloirs. Qui pouvait bien perdre son temps à notre étage ? Sans déconner, ne pouvait-on donc plus travailler en paix aujourd’hui ? La porte s’ouvrit brusquement, une jeune fille aux cheveux flamboyant faisant une entrée assez rapide avant de la refermer tout aussi violemment. Je n’y prêtais pas plus attention que ça. Si elle avait besoin de quelque chose, elle demanderait. Pour le moment, je ne voulais que m’avancer dans le taff à faire. Du coin de l’œil, je la surveillais quand même. Elle touchait un peu à tout. Petite curieuse. Au bout d’un moment, elle prit quand même de rompre le silence qui noyait la pièce. « Vous ne vous ennuyez pas seul dans ce bureau à longueur de journée ? » Heh ? Comme si ça m’était vraiment possible de ne pas m’ennuyer. Si elle savait. Toujours ce même boucan incessant devant la porte. Et des gens qui toquent, appelant la demoiselle à sortir du bureau. Était-elle rentrée pour les fuir ?

Un léger sourire se dessina sur mes lèvres tandis que je déposai mes lunettes sur le coin de la table. « Chère demoiselle Osmond, cela fait des années que je me noie dans l’ennui et une éternité que je continuerai. » Et oui. Je connaissais son nom. Encore heureux que j’avais appris la liste la nuit passée. Je ne savais pas que cela me serait utile aussi vite. Je me levai, passai lentement à côté d’elle, en profitant pour bien la détailler, et ouvris la porte. Des jeunes de la classe A, heh ? Quelle bande d’imbéciles. Ils n’avaient donc rien d’autre à faire que d’importuner une jeune fille sans défense ? « Je vous prierai de bien vouloir dégager. Cet étage n’accepte en aucun cas les gens dépourvus de cerveau. Et rester ici sans mon aval vous vaudra d’être tout bonnement renvoyés. » Mensonge, comme si je pouvais les virer pour ça. Mais ça fit quand même son effet. Ils partirent tous en marmonnant des milliers d’excuses. Que je n’aimais pas les garnements. Je refermai promptement la porte et me tournai vers la petite Blake. « Sinon, en quoi puis-je vous être utile ? » Je m’avançai vers elle, baissant la tête pour la regarder. En même temps, à vu d’œil, elle devait à peine atteindre le mètre soixante. Elle était petite, quoi. Je pris l’une de ses mèches entre mes doigts, continuant de la fixer. « Vous savez, cela peut être dangereux de s’aventurer ici. » Un fin ricanement vint ponctuer ma phrase.
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Sam 9 Jan - 18:19

Leave me alone !


...il faut tomber sur le loup.






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C'était comme si elle n'était pas là. La phrase était restée en suspens dans l'air, invisible, imperceptible, toutefois les appels incessants déformés par la masse de la porte envahissaient la salle. Ils étaient coriaces ces petits, ces salauds. Blake n'était pas réellement fière de ce qu'elle avait provoqué, une course-poursuite avec des exécrables empotés à l'air impérieux et se permettant un peu tout, parce qu'ils sont les meilleurs. La rousse finit par se dire qu'il était trop occupé, ce type avec ses petites lunettes surmontant son nez. Elle examinait la babiole de plus près, c'était petit, un socle en plastique à vue d'oeil, une coupole en verre et de l'eau dedans. C'était amusant, lorsqu'elle le retournait, des petites particules blanches tombaient pour se retrouver de l'autre côté, et vice-versa. Comme de la neige sur une petite ville, oui, dedans il y avait une maison et un moulin noyés dans cette eau spéciale. Elle sourit sottement tant elle redevenait enfant grâce à cette drôle de chose.  Le temps passe si vite lorsqu'on s'amuse, n'est-ce pas Blake ? Elle n'avait même pas remarqué qu'il avait levé le nez de ses dossiers, révélant ainsi sa grandeur démesurée et son corps plutôt bien sculpté, carrément bien sculpté même, on voyait les muscles tendre le tissu, au niveau des bras comme au niveau du torse.  Il avait déposé ses petits verres sur le rebord du bureau et parla d'une voix calme, encerclant la pièce, la plongeant dans une atmosphère différente que celle dans laquelle la rousse était arrivée. La salle avait perdu de sa luxure, la présence de l'homme ne laissait voir que lui, effaçant le reste sous sa silhouette gigantesque.

Chère demoiselle Osmond, cela fait des années que je me noie dans l'ennui et une éternité que je continuerai. Le temps s'était arrêté, elle lâcha la boule de neige, la faisant exploser au sol, le liquide s'infiltrant entre les planches du parquet et les flocons fondant au contact de la chaleur ambiante. Ses pommettes avaient viré roses, comment connaissait-il son nom ? C'était qui ce type ? Il dégageait un aura différent de tous les autres garçons de cet établissement, plus fort, plus déconcertant, il vous emprisonnait par ses mots. Une éternité ? L'immortalité était une chose inexistante d'après Blake, des fabulations de certains expérimentés totalement à côté de la plaque, pourtant il paraissait jeune tout en étant plus mature que son âge. Il avançait d'un pas lent, gracieux et angoissant, la frôla tout en la reluquant, provocant une part de dégoût chez Blake. C'est à ce moment précis qu'elle s'aperçut que d'un côté il y avait les piranhas bloqués par une porte, et un incendie dans la pièce actuelle.  La porte s'ouvrit sous son autorité, il prit de haut les deux enfoirés et leur demanda, poliment ou presque, de partir d'ici aussitôt, menaçant de renvoi ces jeunes gens, mais pouvait-il au moins les renvoyer comme bon lui semblait ? Elle ne l'avait jamais vu auparavant, peut-être était-ce le directeur, le sous-directeur à la limite, qui sait. Blake était rouge comme une rose, effrayée et reconnaissante, au moins il avait fait fuir les poissons et il ne restait qu'un incendie, à savoir lui. Il ferma la porte et elle vit les saligauds déguerpirent aussi vite qu'ils s'étaient intéressés à la rouquine, faisant presque une révérence devant le grand homme blanc.

Sinon, en quoi puis-je vous être utile ? Elle planta son regard dans le sien, elle pouvait y lire une lueur de malice, un fragment d'espièglerie. Blake avait l'habitude de prendre en chasse les gens qu'elle croisait quand ils ne la voyaient pas, quand ils ne faisaient pas attention à elle, comme ce petit roux ou ces deux professeurs totalement incompétents. Sauf que là, elle était la proie, il s'approchait vers elle, dangereusement. La rousse avait reculé d'un pas, marchant dans les morceaux de verre sans pour autant se blesser. Il s'immobilisa devant son petit corps et attrapa une mèche rousse entre ses doigts, jouant avec et continuant de la regarder, toujours cette même rengaine dans les yeux. Vous savez, cela peut être dangereux de s'aventurer ici. Ce ricanement était plus qu'effrayant, Blake laissa les cheveux carmins glisser le long des doigts de l'homme tout en changeant de place, explorant les étagères des mains, contournant un divan en cuir noir qui devait coûter cher, se noyant sous la cascade en verre dominant la pièce, pour finalement tomber sur ce petit fauteuil lui aussi en cuir noir, où elle posa ses deux mains à plat. Son coeur n'était pas dans un état normal, elle ne savait pas comment réagir face à l'homme, il était sûrement plus puissant qu'elle, il ne servait donc à rien de lui enfoncer simplement une petite lame dans la tête comme elle aurait pu, et dû, faire avec les imbéciles heureux de la classe B. Elle parcourait le bureau des yeux, les lunettes, la plante, la lampe et puis toutes ces feuilles signées d'une main agile. On voyait sur certaines le stylo frais qui avait permis de signé du nom de Boiovski. Elle se mordit le bout de l'ongle, stressée, apeurée comme un oisillon perdu dans la caverne d'un loup. Ses mains caressèrent le cuir du fauteuil pour s'arrêter quelques centimètres au-dessus de la partie qui joignait l'armature de la texture.

Elle ôta un des bras et tourna autour du siège. Elle attrapa au passage les lunettes, puis s'assit confortablement. Il était moelleux, très moelleux, jamais elle n'avait eu le luxe de côtoyer de tels objets. Elle mit les verres sur son petit nez et s'étonna de ne pas avoir la vision floue, juste un peu trouble mais rien de très important, se demandant alors à quoi pouvait bien servir ces lunettes. Il était terrifiant, imposant, intimidant, mais Blake, tu ne vas tout de même pas te laisser faire de la sorte ? Oserais-tu faiblir pour si peu ? Pour une peur que tu puisses vaincre, par la peur du plus joueur, du plus vigoureux.

« Je ne pense pas que m'aventurer dans une pièce dont l'entrée tout comme la sortie m'est accessible soit quelque chose de dangereux en soit, sauf si vous me prouvez le contraire. -elle se stoppa un instant, reprenant son souffle-. Je pense, que je n'ai pas besoin de me présenter, vous l'avez bien fait vous-même, cependant reconnaissez qu'il est très malpoli de ne pas se faire connaître à son tour. Vous vous mettez sur vos grands chevaux directement, vous êtes encore plus odieux que ces stupides élèves, vous vous permettez de juger du danger que je fricote à ma place, de me toucher comme si j'étais votre et tout ça, sans la moindre gêne. - elle expira doucement et commença à prendre un ton de plus en plus solennel-. Mais je pense que je n'ai pas besoin de vous faire la leçon, n'est-ce pas Monsieur Boiovski ? »

Elle aurait dû s'excuser pour la boule de neige qu'elle venait de casser, pourtant elle n'en ressentait nullement l'envie. Elle remonta les lunettes sur son front, aérant la racine de ses cheveux de feux et plia ses jambes pour poser ses pieds sur le bord du fauteuil. Ses index et majeurs se croisèrent pour tous se réunir sur les lèvres de la rouquine, je ne pus m'empêcher de sourire. La peur n'a jamais été un obstacle pour toi, tu as toujours voulu surmonter tout ce qui touchait de près ou de loin à ta dignité, mais je vois clair dans ton petit jeu ma chère Blake. Là je la retrouve, la petite étincelle d'insolence.


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[20:13:41] @ Vlad K. Boiovski : Tu tiens tant que ça à me faire tromper l'ïle avec toi ?
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Mer 13 Jan - 15:20
Beware of the Big Bad Wolf



Ses cheveux étaient si doux. Elle devait sans doute en prendre grand soin. Sa couleur flamboyante me rappela un garnement que j’avais déjà plusieurs fois croisé. Que ce soit au sein de Tevara ou ailleurs. Lev me l’avait déjà présenté, avant de commencer à l’utiliser comme sujet pour ses nouvelles expérimentations. Mais le gamin ne devait sûrement pas se rappeler de moi. En même temps, nous n’avions que peu discuté. Puis, vu les expériences traumatisantes qu’il avait eu à vivre, ça n’était pas non plus étonnant. Quand bien même je me souvenais encore de presque tout ce que l’on avait pu me faire subir. Et, en même temps, les cicatrices sur mon corps étaient également là pour me le remémorer. Si seulement on pouvait oublier certains événements de notre vie, hein. On pourrait sans doute être bien plus heureux. Mais parfois, certaines choses ne partent juste pas. Ryleigh, si ma mémoire est bonne. Et elle l’est toujours, en fait. Cela faisait un petit moment que je ne l’avais pas vu, d’ailleurs. Aux dernières nouvelles, il était tombé dans la classe E. Comme ça lui allait bien. Je me reconcentrai sur la demoiselle. Son regard améthyste posé sur moi, elle ne semblait en rien à l’aise avec moi. Ma présence était-elle donc si étouffante ? Rien que l’idée m’amusait. Elle s’esquiva de ma proximité, faisant mine d’explorer un peu plus la pièce. Il n’y avait rien d’extraordinaire ici. Bon, j’avais fait moi-même la décoration, un peu à la va-vite d’ailleurs. Enfin. J’avais surtout dit oui à tout ce qu’un décorateur m’avait proposé histoire que ce soit fait le plus rapidement possible. Et finalement, ce n’était pas si mal que ça, je suppose. Ou tout du moins, j’avais fini par m’y faire au bout des années. Il faudrait peut-être que je pense à renouveler ça un jour. Quand la flemme ne serait pas là.

Habituellement, les gens se montraient choqués de tant de luxe. Mais ce n’était que le reflet de ma mégalomanie que de rendre cet étage le plus imposant possible. J’aimais montrer à quel point le reste du complexe scolaire ne valait rien comparé à mes appartements. Ici, on respirait l’argent. Et encore, si seulement les secrétaires et autre personnel travaillant au même niveau que moi pouvaient s’en vanter. Leur paie n’était toutefois pas proportionnelle à la richesse de leur environnement professionnel. Et bien d’entre eux avaient déjà essayé de dérober quelque chose, en vain. Il y avait des caméras dissimulées un peu partout. Je m’en étais personnellement chargé. Et, pour tout avouer, j’en avais également dispersées dans tout Tevara. Douches et toilettes comprises. On ne sait jamais ce qui pourrait s’y passer, vous comprenez ? Je refuse d’être jugé de la sorte. Vous devriez comprendre que la sécurité de mes élèves passe avant tout. D’accord ? Parfait. Et en parlant de sécurité, il faudrait que je fasse nettoyer, ou que je nettoie moi-même, les débris de la boule à neige que la miss avait faite tomber. Quelle peste maladroite. Venir dans le bureau des gens, les déranger en plein travail et détruire leurs biens. Comment pouvait-on être aussi mal élevée ? Je vous le demande. Je ne faisais pas vraiment attention à ses déplacements. Je réfléchissais plutôt à ce qu’il me restait à faire. Beaucoup trop de choses. Sa voix vint pourtant m’extirper de mes pensées. Que voulait-elle encore ? « Je ne pense pas que m'aventurer dans une pièce dont l'entrée tout comme la sortie m'est accessible soit quelque chose de dangereux en soi, sauf si vous me prouvez le contraire. Je pense que je n'ai pas besoin de me présenter, vous l'avez bien fait vous-même, cependant reconnaissez qu'il est très malpoli de ne pas se faire connaître à son tour. Vous vous mettez sur vos grands chevaux directement, vous êtes encore plus odieux que ces stupides élèves, vous vous permettez de juger du danger que je fricote à ma place, de me toucher comme si j'étais vôtre et tout ça sans la moindre gêne. Mais je pense que je n'ai pas besoin de vous faire la leçon, n'est-ce pas Monsieur Boiovski ? » Je clignais des yeux. Comment pouvait-elle avoir assez d’oxygène pour sortir autant de conneries à la suite ? Et sans trop s’arrêter ? Certaines personnes pouvaient toujours m’étonner, apparemment.

Mon regard dévia sur ma paperasse. Un stylo orné de mon nom trônait sur les différentes feuilles, signées ou non. Elle était observatrice. C’était bien. Mais comment pouvait-elle savoir que c’était moi ? Puisque nous étions deux à partager ce bureau. Elle devait sans doute tenter dans le vide. Quelle chance d’avoir juste. Je fis un signe de la main et les débris de la boule à neige s’envolèrent jusqu’à la poubelle. Mon visage restait impassible. Je n’allais même pas chercher à répondre à ses piques gratuites. Elle n’était qu’une gamine semblant pourrie gâtée. Mais je la ramènerai un jour à la réalité. Quand j’en aurai le temps. Et l’envie. « Vlad Karei Boiovski, pour vous servir. » Dis-je, dans un ton se voulant plus que sarcastique. « Mais je vous prie de vous adresser à moi par le titre Monsieur le Sous-Directeur. » Ou plutôt, elle n’avait pas vraiment le choix. Le respect se voulait de mise, si elle voulait justement ne rien avoir à craindre de ma part. Je m’avançai d’un pas lent vers le bureau et, posant mes deux mains sur les rebords, je me baissai au-dessus jusqu’à être à son niveau. « Vous voulez réellement savoir quel est le danger de s’aventurer ici ? » Un sourire vint orner mon radieux visage. Si elle le désirait, je pourrais quand même envisager de laisser le travail de côté afin de m’occuper d’elle. Mais je ne le ferais qu’avec son aval, bien entendu. Sauf si elle commençait à m’aguicher. Là, ce serait une toute autre histoire. Ma main droite lâcha le bureau et j’attrapai son menton de mon index et de mon pouce, avec assez de force qu’elle ne pouvait me faire lâcher. « Vous êtes en première année, demoiselle Osmond. Classe C. Née le 11 Mars 1999. Vous êtes irlandaise. Je crois que deux de vos camarades de chambre sont Amarillys Baskerville et Ichimada Daiketsu. Vous êtes odieuse avec les gens et aimez les prendre de haut, telle la petite peste que vous êtes. Votre pouvoir est plutôt intéressant, même s’il est bien dommage que vous ne puissiez pleinement le maîtriser. Les illusions manichéennes de la pensée, c’est comme ça que vous l’appelez, je crois ? » Je partageais un peu de mon savoir sur elle pour lui montrer en quoi elle devait avoir peur. Même si ça n’allait peut-être pas fonctionner. Je n’en savais rien. Mais ça valait quand même la peine d’essayer.

Je lâchai son menton, puis pris mes lunettes que j’allai poser en haut de la bibliothèque la plus proche. Je n’aimais pas que l’on prenne mes affaires. Et là, au moins, elle ne pourrait pas y toucher. Parce qu’elle était bien trop petite pour le faire. Je vins ensuite me mettre derrière elle, appuyant mes coudes contre le dossier du fauteuil, ma tête au niveau de son oreille gauche. « D’ailleurs, avez-vous eu quelques nouvelles de votre famille ? Comment va Lysander ? » Parfois, certaines familles envoyaient leurs enfants ici uniquement pour s’en débarrasser. Mais il y en avait qui pouvait se vanter d’être là parce qu’elles voulaient les aider. Pour Blake, cela me semblait plutôt être un entre-deux. À dire vrai, je ne m’y étais pas plus intéressé que ça pour vraiment être au courant. Mais j’en savais quand même un minimum sur chacun des élèves de Tevara. Je glissais doucement mes doigts dans ses cheveux. Elle ne pourrait pas rester impassible trop longtemps. Je voulais la voir craquer, de quelque manière que ce soit. Et je savais parfaitement que j’allais y arriver. Ce n’était qu’une question de temps.
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Mer 13 Jan - 17:31

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Croire en soi.






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Je crois que contrairement à moi, elle jugeait assez mal la situation. Sa seule préoccupation actuelle était de savoir pourquoi il portait des lunettes qui ne servaient strictement à rien, l'inutilité par excellence. Essayait-il de se donner un côté sérieux grâce à celles-ci ? Absurde, totalement abruti. Elle ne vit même pas qu'il emporta les débris de verre d'un seul geste de la main et débarrassa le sol d'un éventuel danger. Si seulement tu connaissais l'étendue de son pouvoir Blake, si tu savais sa puissance, tu ne t'attarderais point ici, tu arrêterais de réfléchir sur des futilités et tu foncerais droit vers la porte. Elle n'avait jamais entendu parler de lui, toutes les rumeurs qui courraient, l'image qu'on lui attribuait, cet être d'apparence candide pourtant rempli de vices, des pires atrocités, de l'innocence des plus pures personnes. Et après mûre réflexion, même si cela avait été le cas, elle n'aurait pas bougé, parce que vous le savez, Blake n'aime pas perdre, elle n'aime pas être maltraitée, rabaissée et restera jusqu'à gagner la partie. Sauf qu'elle n'a jamais pensé aux rapports de forces, avant elle s'occupait des gens de son âge, le sale gamin dans les toilettes, le rouquin dans le hall. Toutes ces personnes, bien qu'expérimentées, n'avaient jamais connu de personne comme Blake, ou encore aucune d'elle n'était du même tempérament. Mais Blake, Vlad Karei Boiovski n'est pas un enfant, il a depuis longtemps passé l'âge, il n'a pas peur de toi. Tu peux toujours tenter, tu n'aboutiras qu'à des échecs.

Pour ce qui était des échecs, elle l'avait bien saisi et n'allait pas tenter des folies. Les plaquettes des lunettes se coincèrent dans ses cheveux devenus presque pourpres à cause de la lumière, elle tirait en arrière pour cacher cette fatalité qui la détruisait intérieurement, qui lui faisait mal, mais c'était sa faute et elle ne devait surtout pas l'admettre. Ne jamais admettre que vous êtes la cause de votre perte, c'est une règle d'or d'après la rousse. L'homme fit sursauter la jeune fille qui remit aussitôt ses pieds sur le sol, par peur qu'il ne la réprimande d'abîmer les fauteuils, elle qui avait tant l'habitude de tout détruire sur son passage. Vlad Karei Boiovski, voilà que tu vas commencer à comprendre ton malheur douce enfant, tu comprendras assez vite que ce n'est pas un simple jouet que tu peux t'attribuer, mais que tu es son jouet. Elle n'aimait pas du tout sa façon de se tenir, ce ton acerbe qui paraissait comme un miroir pour Blake, comme si elle se parlait à elle-même et puis ses obligations barbantes. Monsieur le Sous-Directeur mais quoi encore ? Il fallait lui lécher les pieds ? Elle expira exagérément fort pour montrer son désaccord avec cette norme. Ce sale type s'avançait doucement, comme un loup s'appropriant son déjeuner, sourire aux oreilles, laissant pourtant ses crocs cachés, sinon elle aurait fait de même, elle aimait bien sortir les griffes aussi. Lui, avait posé ses pattes imberbes sur le bureau en ivoire, les ongles s'enfonçant presque dedans. Vous voulez réellement savoir quel est le danger de s'aventurer ici ? Elle le regarda, interrogatrice. Y avait-il au moins un quelconque danger ? Balivernes ! Ce n'était qu'un de ces nantis pouvant vous faire avaler n'importe quoi du moment qu'ils vous fourrent cuillère en argent dans la bouche, celle avec laquelle ils sont nés. Blake n'en voulait pas, elle détestait les gens riches, ils n'avaient rien d'intéressant, une estime d'eux-mêmes exécrable et ils sentaient l'odeur des billets à des kilomètres à la ronde.

Ni une ni deux, il s'empara d'elle avec sa main droite, l'autre restant fermement ancrée dans l'ivoire. Il avait une poigne admirable, et enfin je lisais dans ses yeux qu'elle comprit qu'elle ne pouvait pas le battre, et qu'elle méditait sur une façon de quand même gagner, alors que l'échec était couru d'avance, un peu comme quand votre dernière pièce sur le plateau est un fou et qu'en face il lui reste la Reine. En l'occurrence, Blake possédait le fou, puis elle était folle aussi. Il débita une tonne d'informations sur la rouquine. Date de naissance, origine, camarades, classe, pouvoir et caractère. Elle étouffa un rire avec sa main puis l'enleva pour lui répondre, par politesse.

« Odieuse et orgueilleuse ? C'est comme cela qu'on me qualifie ? Vraiment ? Pourtant je ne prends personne de haut et je suis encore moins une peste. Mais c'est bien, vous savez lire, je suis fière. »


Elle avait elle aussi un sourire fourbe, pensait-il réellement l'impressionner avec tous ces renseignements ? Elle savait bien que c'était inscrit dans les dossiers scolaires qu'elle avait feuilletés, elle aussi en savait beaucoup sur Amarillys et Ichimada, vu qu'elle avait lu leurs fiches. Il la lâche violemment et attrapa les lunettes. Celles-ci se défirent difficilement entre les mèches. Il tira si fort que quelques mèches cédèrent libérant ainsi les lunettes qu'il posa en hauteur, assez haut pour qu'elle ne puisse pas venir lui prendre. Elle faisait la moue, pourquoi ne voulait-il pas la voir jouer alors qu'il jouait avec elle ? Réellement, le sens de l'humour était la chose qui lui manquait après l'amabilité, à l'occasion elle lui en ferait part, mais pas maintenant. Il était coriace, il était là derrière elle, elle pouvait sentir son souffle chaud se rapprocher à mesure que ses coudes se nichaient dans le cuir du dos du fauteuil. La chaleur dispersait les cheveux un par un tout en la gênant dans son oreille gauche. Elle sentait son corps s'échauffait, elle paniquait, qu'allait-il faire ? Elle ferma les yeux un instant, de peur qu'il ne l'attaque mais seulement quelques mots se succédèrent dans son oreille. D'ailleurs, avez-vous eu quelques nouvelles de votre famille ? Comment va Lysander ? Tu vois Blake, je t'avais dit que tu étais son jouet, qu'il allait t'avoir. Il repassa sa main dans ses cheveux carmins, ça y est, il sait qu'il a touché un point sensible. Alors Blake ? Comment va Lysander ? Tu te souviens de lui ? Ton cher frère, celui qui t'a laissé partir alors qu'il te disait chaque soir avant de t'endormir que tu étais la prunelle de ses yeux, sa soeur adorée. Oui, lui, le même. Son épouvante se transforma en colère, pendant quelques secondes elle devint rouge, elle qui avait gardé les bras et jambes bien droites durant tout ce temps, elle se releva brusquement, tournant d'un demi-tour, ayant à présent le dos tourné vers le bureau et les genoux enfoncés dans l'assise. L'homme restait beaucoup plus grand qu'elle bien qu'elle ait pris quelques centimètres. Elle apposa l'extrémité de son index sur le torse de celui-ci, toujours folle de rage, et le remonta tout en se levant, chaussures sur le beau cuir noir, jusqu'à atteindre son bas visage où elle resta du doigt. On pouvait lire dans ses yeux toute la haine qu'elle éprouvait pour ce personnage. Elle glissa son visage le long du sien pour atteindre le creux de son oreille.

« Ecoutez mon cher Vlad Karei Boiovski, même si je décidais d'en avoir, je ne vous les partagerai en aucun cas. Je pense que quelqu'un de votre genre n'a rien à savoir de moi. »

Elle avait bien insisté sur le prénom, elle l'avait presque craché. Monsieur le Sous-Directeur était un nom trop important pour le lui accorder. Elle se retira, que ce soit son visage, son doigt ou même ses genoux sur le siège. Elle monta sur le bureau agilement et d'un coup de pied à droite, balança à terre une partie des feuilles ainsi que la lampe de chevet dorée, et d'un coup à gauche, retira tout ce qui restait, laissant seulement le stylo et la plante dans le pot intacte, car la fleur était drôlement jolie. Elle se baissa doucement, ignorant l'homme et regardant vers la fenêtre et finit par s'allonger. Encore une fois, l'ivoire était une matière bien trop dure pour son pauvre dos, le matelas du dortoir était dix milliards de fois plus confortable et doux. De toute manière, tout ce qui était dans cette pièce était dur, comme l'homme qui y régnait en monstre.  

« Je suis peut-être une gamine odieuse et légèrement arrogante, mais là où vous vous trompez sur la personne c'est que ce n'est pas moi qui les prends de haut, c'est eux qui me mettent sur un piédestal ».

Et puis dans une dernière tape acharnée, elle fit chuter le stylo ouvert au sol, étalant un peu d'encre sur le tapis magnifiquement décoré. Il finira par t'avoir Blake, tu es bien trop faible, tu ne résisteras pas longtemps, toi-même tu le sais, tu sens que cette flamme de haine cache bien d'autres choses.


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[20:13:41] @ Vlad K. Boiovski : Tu tiens tant que ça à me faire tromper l'ïle avec toi ?
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Mer 13 Jan - 20:00
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J’ai toujours su appuyer là où ça fait mal. Parfois, par pur hasard. Mais la majorité du temps, totalement intentionnellement. En même temps, en faisant parti du MGB, mon travail consistait à faire parler les prisonniers de guerre, les espions et traîtres. Alors il fallait forcément savoir comment les motiver à avouer. D’abord, nous commencions toujours par discuter avec eux. Au départ, ce n’était pas vraiment mon fort. Puis, au fur et à mesure du temps, j’y étais parvenu à merveille. Les collègues se renseignaient toujours un maximum sur la personne. Que ce soit la famille ou autres. Il fallait commencer par la manière douce, être gentil, tenter de peut-être se lier d’amitié. C’était ce que le patron voulait que l’on fasse. Puis, passer à la manière moins sympathique. Menaces, etc. Ça fonctionnait pour ceux qui savaient ce qu’il se passerait ensuite. Pour ceux qui étaient psychologiquement et physiquement les plus faibles. En quelques mots, j’avais même appris à en briser quelques-uns. Souvent, certains collègues se voyaient eux-mêmes craquer face à tant de pression. En même temps, les autres voyaient notre section comme la branche des monstres. Et il fallait les comprendre. Surtout lorsque nous passions à la manière finale. La torture. Personnellement, c’était ma partie préférée. Et il m’arrivait même de bâcler les autres afin d’être sûr de pouvoir passer à la torture physique, la mentale étant bien trop ennuyante à mon goût. J’aimais tâcher mes vêtements du sang de mes victimes. Parfois, je m’emportais un peu trop et finissais par les tuer. Jusqu’à ce que je me fasse réprimander trop de fois. En même temps, si je n’avais aucune information au bout, j’étais inutile. Et l’inutilité n’était pas ce que la Russie désirait. Oh que non. Du coup, c’était plus une déformation professionnelle qu’autre chose, de le faire dans la vie de tous les jours. J’avais eu à le faire pendant tellement d’années. Ce n’était devenu rien d’autre qu’une simple habitude. Puis, ça m’aidait aussi à m’approprier les gens. Et à les manipuler. Et j’avais toujours aimé ça.

Les élèves sont autorisés à recevoir des lettres et des colis de leur famille. Nous ne sommes pas non plus des tyrans séquestreurs. Ils devaient toutefois passer par le secrétariat d’abord, histoire d’être sûr qu’il n’y ait rien de suspect à l’intérieur. Et, après, je peux également décider de ne pas le faire parvenir. Pour certains, ça m’amuse de les voir stresser de ne rien recevoir. La petite Blake Osmond fait partie de ces personnes. Sa famille lui a déjà envoyé deux lettres alors que l’année n’a fait que commencer. N’est-il pas mignon de leur part ? Enfin, je ne sais pas ce qui est marqué dedans, mais ça ne doit pas être quelque chose de méchant, quand même. Contrairement à certains, elle a la chance d’avoir une famille. Les gens ont tendance à oublier ce qui est important avant de l’avoir perdu. Ce qui m’exaspère au plus haut point, à dire vrai. Il faudrait quand même que je les lui donne. Peut-être un poil plus tard. Si je pense qu’elle le mérite. Ou pour mieux la briser. Après tout, ça peut toujours m’être bien utile. À l’évocation de sa famille et tout particulièrement de son frère, la demoiselle se lève brusquement et se tourne vers moi. Je me redresse un peu en réflexe et la regarde me pointer du doigt en se mettant sur le fauteuil afin d’être à peu près à ma taille. Comme elle est drôle. Son regard trahit une haine instantanée à mon égard. Et il faut la comprendre. En quelques secondes, je l’ai faite craquer. Comme c’est simple avec ce genre de personnes. Il suffit qu’elle se sente au-dessus des autres pour la faire descendre d’un seul coup. Enfin, je dis ça, mais je suppose que ça pourrait également s’appliquer à moi. Mais j’avais déjà vécu tant de déceptions. Je ne pense pas que ça pourrait de nouveau m’arriver. Ou pas tout de suite, au moins. Je reste toujours aussi impassible. Quand bien même elle me fait intérieurement rire. Une peste comme elle, il y en a tellement sur Tevara. Mais une qui vient jusqu’à mon bureau pour être martyrisée ? Il faut bien le dire, ça n’arrive pas tous les jours. Alors j’ai bien le droit d’en profiter un peu. Surtout que cela fait office de pause dans ma tonne de travail.

Les lèvres de la miss s’arrêtent au niveau de mon oreille. « Écoutez mon cher Vlad Karei Boiovski, même si je décidais d'en avoir, je ne vous les partagerai en aucun cas. Je pense que quelqu'un de votre genre n'a rien à savoir de moi. » Eh ? Et pourtant, j’en sais tellement. Je me ravis du fait qu’elle ne m’appelle pas ‘Monsieur le Sous-Directeur’. En même temps, les gens qui se rebellent me sont toujours tellement plus utiles. Je dis ça dans le sens où ils m’aident à moins m’ennuyer. Même si je trouve qu’ils restent tout de même aussi prévisibles que leur contraire. L’intonation prise au niveau de mon premier prénom m’a quand même légèrement fait frissonner. La demoiselle sait se rendre désirable. Oui, plus la personne me rejette et plus j’en ai envie. Je fonctionne un peu comme ça. Et ça m’a d’ailleurs valu de prendre des décisions que certains pourraient qualifier de regrettables. Mais j’ai pour habitude de ne jamais rien regretter et d’assumer chacun de mes actes. Peu importe à quel point ils peuvent me rendre cruel aux yeux des autres. Et c’est la vérité, de toute façon. Je n’ai jamais été quelqu’un de foncièrement gentil. Même lorsque j’étais petit, ce n’était pas le cas. Et ça ne le sera sans aucun doute jamais. La demoiselle a tout ravagé pour se venger de mes paroles. Et la voici à présent allongée sur le bureau. La pauvre, ce ne doit vraiment pas être confortable, eh. Quelle idée de se mettre là. Elle pourrait être tellement bien installée sur le divan. Et ce serait tellement mieux pour l’y prendre… Ah, et voilà que les pensées perverses emplissent mon esprit. Ce fut assez rapide, pour le coup. « Je suis peut-être une gamine odieuse et légèrement arrogante, mais là où vous vous trompez sur la personne, c'est que ce n'est pas moi qui les prends de haut, c'est eux qui me mettent sur un piédestal. » Dit-elle en se redressant le buste, face à la fenêtre, et en tournant la tête vers moi pour me regarder. Au vu de ses paroles, on peut clairement dire qu’elle s’y croit un peu trop. Peut-être est-il temps de la faire de nouveau descendre de quelques étages ? Et non, je ne parle pas de manière littérale, quand bien même je pourrais être tenté de le faire plus tard.

Encore en un geste de main, je fais s’envoler feuilles, stylo et tout ce qu’elle a envoyé valdinguer se ranger correctement sur la table devant le divan ou sur des étagères. Au moins, elle me donne une raison de changer la décoration. Pourquoi ? Parce que le tapis est sale. Et qu’il faut donc l’enlever. Alors autant en profiter pour tout refaire. Oui, je ne fais pas les choses à moitié. En même temps, en quoi cela pourrait-il être marrant, sinon ? Je me mets face à miss Osmond, entre sa personne sur le bureau et la fenêtre qui lui fait face et, sourire toujours aux lèvres, je l’attrape par les cuisses et la tire brusquement vers moi, venant ensuite poser ma main droite contre le bas de ses reins pour bien la coller à moi. Je me penche légèrement, déposant mon front contre le sien, mes yeux se noyant dans ses pupilles couleur améthyste. Elle ne peut se dégager. J’y mets juste assez de force pour qu’elle ne le puisse pas. « On vous met donc sur un piédestal, c’est bien ça ? » Je ricane légèrement. Que cette fille peut être drôle à croire de telles inepties. « Alors je peux supposer que vous êtes quelqu’un de vraiment désirable. Et que vous faire mienne me contentera au plus haut point. N'ai-je donc pas raison ? » Elle n’y verra sans doute aucun rapport. Mais, pour moi, le lien de causalité est évident. J’enfonce un peu plus mes doigts dans sa peau, maintenant bien fermement son bassin contre le mien. Je l’imagine tellement mal à l’aise intérieurement. Et ça me plaît tellement. Je viens déposer mes lèvres contre sa gorge comme un prédateur viendrait planter ses crocs dans sa proie. « J’ai une chose à vous dire, chère Blake Osmond. Votre famille vous a écrit. Et vos lettres se trouvent quelque part dans la paperasse que vous avez fortuitement dégagée du bureau. » Et elle pourra peut-être les lire, si elle les demande. Ou pas. Je verrai bien. Je garde ma tête ancrée à son cou. Je ne vais tout de même pas de suite toucher à des endroits trop intimes. Même si elle peut quand même se mettre à crier à l’aide. Sauf qu’à cette heure-ci, les bureaux sont à présent vides. Et les seuls qui auraient pu lui venir en aide ont été renvoyés il y a peu. Alors, petite brebis égarée, jusqu’où irai-je avec toi ?
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Le problème de Blake, c’est qu’elle déteste tout ce qui touche de près ou de loin à la richesse. Les fortunés sont des êtres arrogants, se croyant supérieur, fiers d’avoir toujours tout eu, et même s’ils ne l’ont pas toujours été, elle les déteste. Pour elle rien ne justifie ce fait de mettre en avant sa fortune dans des objets plus ou moins inutiles, ayant pour seule fonction de vous taper dans l’oeil et qu’on se dise Ah lui, il est aisé ! Non, rien, même leur caractère prétentieux, elle n’en voulait pas. Elle arrivait très bien à posséder le même sans n’avoir jamais touché à des couverts en argent, sans jamais avoir porté une robe digne de ce nom, c’était une question de commodité, si vous aviez de quoi faire taire les rumeurs sur vous, alors on vous pardonnait tout, tandis que lorsque votre situation était égale à la famille Osmond, c’était une guerre importante pour obtenir ce que vous vouliez. Alors voilà, ce charmant homme aux yeux dorés et aux cheveux blancs l’agaçait. Il était en plus d’être tout ce que les opulents sont,mesquin. Une vraie tête à claques, pourtant elle ne pouvait pas, comprenez, frapper le sous-directeur serait sûrement mal vu. Très mal vu et elle n’avait aucune envie de retourner en Irlande voir sa famille. Exactement comme je l’avais prévu, par contre, je n’avais pas prévu ton comportement, le sien si.

Sa main balaya tout le bazar au sol dans les rayons des étagères ou sur la table basse au fond, du coin de l'oeil elle vit le divan et se demanda si ce n'était pas mieux pour dormir, elle avait déjà expérimenté le cuir du fauteuil qui était moelleux, adéquat pour se reposer et oublier ce sombre crétin qui paraissait s'inquiéter en cachette de sa décoration qui était à présent pourrie par une tâche d'encre sur ce soyeux tapis. Il était amusant à pouvoir changer de sujet de réflexion en un instant. Il se décala, passa du fauteuil à l'embouchure entre la fenêtre et le bureau. Elle le regarda avec une mine dégoûtée, il cachait les seuls rayons de soleil lui réchauffant le visage et la rassurant dans cette situation plutôt atypique qui la mettait hors d'elle. Il souriait de son sourire à vomir puis passa ses mains sous les cuisses de la rouquine et la tira doucement vers lui, les mains de Blake glissaient le long du plan de travail et finirent par se planter lorsqu'elle fut presque au bord, retenue seulement par la main droite de l'homme. Attendez, pardon ? Je savais qu'il allait la prendre en cible, mais pas aussi vite, si cela ne tenait qu'à moi je lui aurais déjà hurlé dessus pour avoir porté atteinte à ma propriété. Les doigts étaient légèrement trop proche du fessier, il avait réussi à la coller à elle de force, parce que la rousse n'avait aucune force physique, seulement mentale. Et voilà qu'il posa en prime son front agrémenté de cheveux rebelles sur le front de ma dulcinée, enfin, ce que j'espérais être ma dulcinée. Ses ricanements, ses yeux qui vous foudroient, le tout faisait trembler Blake qui repoussait avec une de ses mains le bras l'entourant en vain. Alors je peux supposer que vous êtes quelqu’un de vraiment désirable. Et que vous faire mienne me contentera au plus haut point. N'ai-je donc pas raison ? Elle entrouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun son n'en sortit, elle était terrorisée par l'homme, rouge de honte, de colère et d'embarras. Elle l'aurait bien frappé mais comme il s'agissait d'un des chefs d'établissement, elle se contenta de grogner tout en renforçant sa prise sur la main droite de Vlad. Les doigts de celui-ci s'enfoncèrent de plus belle et la rouquine poussa un petit cri, je ne saurais déterminé s'il était parce qu'elle avait mal, si elle était surprise ou si elle avait encore plus de remords d'être entrée dans cette pièce. J'aurai voulu qu'elle lui mette une tarte et qu'elle parte d'ici, malheureusement son bassin était étroitement lié au sien, aucune échappatoire. Tu étais la cible à présent, les rôles avaient été échangés, tu te rends compte de ce que tu leurs fait subir, à toutes tes victimes ? Elle n'était plus rouge, mais écarlate, son corps bouillonnait de colère.

Les lèvres délicates du sous-directeur se retrouvèrent soudain sur le cou de la jeune fille, elle se crispa, sa nuque ainsi que ses jambes se raidirent. Les baisers dans le cou étaient les pires, ils provoquaient cette sensation d'appartenance qu'elle ne voulait surtout pas avoir a subir.  J’ai une chose à vous dire, chère Blake Osmond. Votre famille vous a écrit. Et vos lettres se trouvent quelque part dans la paperasse que vous avez fortuitement dégagée du bureau. Son visage était toujours enfoui dans le creux entre la naissance du cou et du visage. Elle voyait ses mains frémir sur l'ivoire, ses jambes se laisser tomber sous le poids de l'homme. Elle releva avec tous ses doigts le visage angélique de Vlad, le sortant de l'ombre. Les cheveux étaient ébouriffés, les yeux désireux. Elle approcha son visage à quelques centimètres du sien, elle sentait son souffle rieur, son envie lugubre. Et elle partit toute seule, cette claque qu'elle n'aurait sûrement pas dû donner. Elle passa sa langue sur ses lèvres, une victoire personnelle en quelque sorte. La joue de Vlad était rougie et elle, encore plus.

« La prochaine fois je vous planterai un couteau dans l'oeil pour dire des choses pareilles. Je me fiche des lettres que ma famille m'envoie. Je les hais, tout autant que vous. »

Elle remuait son bassin pour se défaire, tout en grinçant des dents. Elle avait ce regard mauvais, méchant, prête à le tuer s'il fallait, elle se débattait pendant une bonne minute et finie par se laisser tomber sur le bureau dans un fracas démentiel. C'était une guerre naissante, mais que faire quand le loup a déjà attaqué et que le chasseur n'est plus là pour protéger sa brebis ? Il n'y avait rien à faire Blake, tu te résignes à continuer, mais lui ne s'arrêtera jamais, tu n'as aucune chance de victoire, alors mieux vaudrait-il que tu te laisses faire, tu ne penses pas ? Oh, j'oubliais, c'est déjà le cas.



Si Blake avait un talent, ce serait celui de la comédie. Elle passait toujours pour la féline et les autres étaient les repas, mais ce n'est pas ce qu'elle désirait, certes c'était amusant, mais Blake préférait qu'on la provoque. Oui, elle aimait être désirable, c'était son péché mignon. Et Vlad Karei Boiovski t'a fait prisonnière d'une prison que tu t'infliges. Ce baiser dans le cou, en vérité tu l'as apprécié, même tu en voudrais plus, tu es une drôle de fille, tu caches ton envie sous ta colère, tu as peur que l'on te juge pour ce que tu es. Mais comme je t'ai dit, si tu ne veux pas, il te poursuivra, alors pourquoi ne pas lui dire la vérité ? Pourquoi ne pas lui dire que tu tombes sous son charme ? Blake, ce n'est pas la peine de jouer de ton regard innocent améthyste pour me duper, je te connais mieux que quiconque, tu étais surprise de son comportement pourtant ton corps ne réclame que lui. Il ne réclame que ça. De l'attention. Tu as toujours eu de l'attention, jamais celle que tu aurais voulu avoir, il te la donne et tu la rejettes. En fait il t'effraies, parce qu'il est plus fort que toi, tu as peur qu'il te brise comme tu en as brisé des centaines. Tu voudrais juste l'embrasser, passer ce moment dans l'ombre avec lui, sans personne autour, sans aucun témoin. En fait tu le veux sans sa conscience. Alors, caches si tu le souhaites, cette envie démoniaque sous tes pulsions colériques, je ne te blâmerai pas, mais tu peux tout aussi bien cesser la comédie et profiter du moment. De toute façon, tu as toujours été une mauvaise fille.



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Sam 16 Jan - 15:19
Beware of the Big Bad Wolf



J’ai souvent forcé les gens à faire selon mes désirs. Quand bien même ils pouvaient être en accord ou non, d’ailleurs. J’ai toujours eu besoin d’avoir ce sentiment de supériorité, cette dominance sur l’autre. Sans doute parce que je me suis longtemps senti plus faible qu’autre chose. Ne pas pouvoir aider Yuliana. Ne pas pouvoir m’occuper convenablement de mes frères et sœurs. Ne pas pouvoir tuer ce maudit clébard. Ne pas pouvoir rester avec eux. Puis, dans la nouvelle famille aussi. Être traîné ça et là. Devenir le jouet de mes grandes sœurs. Et surtout celui de mes parents. Pourtant, j’étais bien traité, au fond. Et cette vie était bien plus riche de sens que la précédente. Mais comment ne pas vouloir revenir parmi les siens ? Faible de ne pas avoir pu être avec ceux qui comptaient pour moi. Et trop faible pour ne pas avoir su pardonner ce qui aurait dû l’être. Trop égoïste pour le faire, également. Trop occupé à haïr ces personnes qui étaient censées faire partie de ma famille. Une traîtrise trop lourde et trop grande pour être ignorée. Et aujourd’hui encore, j’ai du mal avec le sujet. Seul Lev est au courant de mon passé, il me semble. En même temps, je n’ai rien partagé avec quiconque depuis très longtemps. Non. Je n’ai jamais rien partagé avec quiconque. Et je ne pense pas que cela arrivera de sitôt.

Contrairement à l’aura froide qui peut dégager de ma personne, je trouve que je suis plutôt une personne très chaleureuse. Juste que mon vécu a fortement refroidi mes ardeurs avec le temps. Autrefois, j’étais également si joyeux. Pas de là à dire que je le suis moins, bien au contraire. Juste que la joie est toute autre, à présent. Une joie corrompue, souillée, délabrée. Ma personnalité avait été hachée au couteau depuis ma naissance. Je pense que j’aurais pu être quelqu’un de complètement différent si mes parents étaient restés ensemble. Et si nous n’avions pas vécu dans la pauvreté. Si ma Mère ne s’était pas prostituée. Qui sait, j’aurais sans doute eu une vie plus que normale. Je n’aurais pas été dans de grandes écoles. Je n’aurais pas intégré le MGB. Je n’aurais pas été envoyé en République Démocratique Allemande. Je n’aurais pas été rapatrié pour le projet « Évolution ». Je n’aurais pas été torturé au point de vouloir mourir, je ne serais pas devenu un expérimenté, je n’aurais pas vécu aussi longtemps et je n’aurais pas aidé Lev à fonder Tevara. Dire qu’un seul et unique choix avait finalement décidé de tout ça, avait tracé tout ce chemin pour moi. Ce maudit chemin.

Toutefois, j’avoue que, si on me le demande, je répondrai que j’aime pleinement ma vie. Après tout, regardez-moi aujourd’hui. Séduisant, riche et puissant. Je n’ai rien à envier à quiconque. Bien au contraire, les autres m’envient, plutôt. J’ai su amasser assez de richesse pour vivre des centaines d’années, même si mon état d’immortel me permettra de survivre bien plus que cela. J’ai des connaissances à en faire rougir les plus grands scientifiques, même si ma mémoire ne m’autorisera certainement pas à tout garder encore quelques années. Je serai bien obligé d’abandonner des souvenirs afin d’en avoir de nouveau. Je fonctionnais déjà un peu comme ça. Renouveler ma mémoire. En supprimer certains. Mais pour d’autres, je les garderais toujours. Je pense. Puis, ma beauté. En même temps, vu comme je prends soin de mon corps, encore heureux pour moi d’être toujours aussi séduisant. Ce visage avait réussi à berner tant de personnes et tant de cœurs. Un peu trop ou pas assez, selon les points de vue.

Blake est là, forcée à se tenir contre ma personne. Avec elle aussi, je me sens obligé de me montrer imposant. Ne puis-je donc jamais attiré les gens à moi sans avoir à les manipuler ou à les y forcer ? Il faut croire que non. Je sens son malaise. Elle n’a clairement pas l’air d’apprécier. Mais qui sait, peut-être cache t-elle son envie ? Ah là là, il n’y a vraiment que moi pour penser une chose pareille. Je serais même foutu de vous dire la même chose pour Sveta, alors que ce n’était rien de plus qu’un viol atroce pour elle. Le corps de la jeune fille me semble si fin et si fragile. Il donne l’impression de pouvoir être brisé si facilement. Surtout entre mes doigts. Si j’y vais trop fort, elle craquera forcément. Mais si cela arrive trop vite, où sera le plaisir ? Tu dois y aller doucement, Vlad. Tu le sais parfaitement. Alors ralentie un peu, je te prie. Je dois me stopper, mais comment faire alors que je suis si bien parti ? Je pose d’autres baisers le long de sa gorge. Sa peau si brûlante sous mes lèvres me ravit tellement. Mes mains si bien logées ne veulent surtout pas la quitter. Si rien n’arrive pour m’arrêter, j’irai sans doute jusqu’au bout. Si rien…

BLAM. Il faut croire qu’il arrive toujours quelque chose au bon moment. Ou presque. La demoiselle a finalement décidé d’agir et son refus a pris la forme d’une gifle. Elle n’a pas fait mal, mais elle a quand même été assez forte pour pouvoir laisser une marque sur ma joue. Légèrement rouge, elle reprend cependant très vite cette couleur blanchâtre qui est propre à ma peau grâce à mes cellules régénératrices. Et c’est comme si rien ne s’était passé. Et pour ponctuer son geste, voici qu’elle crache quelques paroles. « La prochaine fois je vous planterai un couteau dans l'œil pour dire des choses pareilles. Je me fiche des lettres que ma famille m'envoie. Je les hais, tout autant que vous. » Le visage de miss Osmond est d’un rouge encore plus vif que l’était ma joue. Comme c’est mignon. Puis, je remarque quand même qu’elle ne parle que des lettres. La situation actuelle ne la dérange donc pas ? Ou c’est juste que sa haine envers sa famille est bien trop présente pour qu’elle n’y réagisse ? De toute façon, je vais quand même les lui montrer. Et elle les lira devant moi. Et j’avoue avoir hâte de la voir le faire. Qu’est-ce que sa famille a bien pu y écrire ? Ahah, la curiosité.

Elle remue le bassin. Elle tente de se défaire de mon emprise. Mais, au bout d’un petit moment, elle finit par abandonner. Elle n’a pas beaucoup de volonté, apparemment. Mais bon, je vais quand même la laisser quitter ma proximité, pour l’instant. « Je vais te chercher cette fameuse lecture tout de suite. » Je me défais de son corps, la laissant sur le bureau en ivoire, et me dirige d’un pas nonchalant vers l’une des étagères où j’ai auparavant rangé une partie de la paperasse. Je cherche un peu, puis en sors deux lettres. Au passage, j’en profite pour fermer la porte du bureau à clef. Histoire qu’elle ne s’échappe pas, vous voyez. Il ne faudrait pas qu’elle décide de s’éclipser avant même les avoir lues. Ce serait bien dommage. Je reviens donc vers elle, enveloppes en main. « Tu as intérêt à les lire à voix haute, sinon tu passeras par la fenêtre. Et crois-moi, la vue est très belle d’ici. » Dis-je avec un grand sourire. Et si elle le souhaite, je pourrai même la faire tomber d’encore plus haut. Je n’ai absolument aucun problème avec ça. Il n’y a qu’à demander et j’exécuterai. Je pose donc les documents épistolaires sur le bureau, derrière elle. Puis, reprenant vivement mes lunettes et les relogeant sur mon nez, je m’étale d’une manière très gracieuse sur le fauteuil à sa gauche. Allez, Blake Osmond. Dépêche-toi. Je n’ai pas que ça à faire, non plus.
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Sam 16 Jan - 23:26

Leave me alone !


Jouer avec le Diable.






B
l
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k
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&

V
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a
d
Les gens n’arrivent pas forcément à comprendre la relation entre vouloir et pouvoir, c’est pourtant assez simple. Ce n’est qu’une question de conscience, de moralité, de bienséance. Une question d’éthique me direz-vous. En quelques sortes, pouvoir représente tout ce qui vient de votre capacité à effectuer les actions, tout ce qui est en votre possession, tout ce qui peut influencer le cours de votre journée, tandis que vouloir est une boite plus grande, englobant l’autre plus petite. Le désir est maître, ce que votre corps désire, ce que votre coeur vous dit de faire, toutes ces choses qui font de vous des personnes mauvaises et impulsives, sont souvent arrêtées par votre conscience. Tout dépend en réalité de celle-ci, par exemple, Blake n’a pas de code moral très développé du fait de son éducation. Loin de là même, elle ne maîtrise pas les répercussions de ses actes sur sa petite vie, souvent elle se jette sans savoir où elle atterrira, et elle n’appréhende jamais la réception. Cependant, il y a des moments où les pulsions sont d’autant plus fortes qu’elles déclenchent dans sa petite tête un mécanisme la repoussant de ses caprices. Vlad Karei Boiovski fut le déclencheur des pulsions, et du mécanisme par la même occasion. Il est vrai que tout porte à croire, pour elle en tout cas, qu’elle le veut, que son corps bouillonne d’envie et c’est bien la réalité, mais la rouquine éprouve toujours ce danger pour lui, pour sa force, pour sa masse imposante, son sourire redoutable et son emprise démoniaque. C’est là qu’une boîte adjacente aux deux autres fait son apparition : la satisfaction. Adjacente est un peu simplet, à vrai dire, elle est à la fois en dehors et dedans, elle naît dans les désirs et s'immisce peu à peu dans le pouvoir. La satisfaction contrairement aux deux autres est subjective et peut facilement changer de direction, ce qui était à un moment donné un de ces souhaits, à savoir profiter de lui, se retrouva bien vite être une frayeur, transformant ainsi le souhait initial à une nouvelle idée : partir d’ici au plus vite.

C'est donc après quelques secondes de réflexion intenses qu'elle referma la brèche du désir, cette flamme naissante dans sa poitrine, par un petit muret en pierre la retenant bien cachée. Son corps qui était si lâche déployé sur le bureau avait reprit un peu de nerf, le sang circulait plus vite dans les veines en faisant ressortir quelques-unes sur les mains, puis ses membres avaient comme gonflé, ils s'étaient préparés à une future attaque possible, attaque qu'elle préférait éviter. Maintenant, les baisers la rendait malade parce qu'elle en avait décidé ainsi, elle devait les esquiver, ne pas les appréciés, faire en sorte qu'ils partent de la case satisfaction. De même pour ses hanches fermement tenues, les doigts du sous-directeur ne devaient être qu'une plaie dans son corps, la déchirant de l'extérieur. Elle se mordait la langue pour ne pas commencer à l'insulter et lui faire tout un tas de reproches, pour elle les agissements de l'homme aux cheveux blancs comme les nuages d'été n'étaient autre que des refoulements du passé, des échecs qu'il noyait dans sa corruption de jeunes âmes, mais ce n'était tout de même pas la faute de la rousse s'il avait eu une mauvaise vie jusque là, du moins s'il en avait eu une en dehors de ce bureau, ce qui était fort probable et ce qu'elle espérait pour lui car la paperasse n'avait jamais amusé quiconque.

Soudain il lâcha son corps, ses mains s'envolèrent, ses yeux dorés changèrent de cap. Elle souffla doucement et rapidement de soulagement, elle n'avait plus à endurer cette tentation si forte, au moins maintenant le muret restait intact et la flamme ne venait pas caresser ses pierres. Je vais te chercher cette fameuse lecture tout de suite. Comment ça te ? Maintenant il la tutoie? Elle qui fait l'effort depuis le début de le vouvoyer, il n'y a décidément plus de respect, elle n'est pas son amie ni rien de la sorte, il n'y a aucune justification à son comportement, ce qui la frustra encore plus. Il se prenait réellement pour un être supérieur et se permettait tout, il la provoquait, il voulait la voir craquer, ce qu'elle tenterait de ne pas faire. Il connaissait trop bien son bureau, il savait exactement où se trouvaient les lettres qu'il lui avait volontairement dissimulées, elles étaient dans une des étagères, sous des bricoles décoratives. Il les attrapa et avant de revenir, se dirigea vers la porte pour la fermer à clé. Le cliquetis que la rousse entendit remis tous ses plans en question, maintenant elle ne pouvait plus s'échapper si facilement, pourtant elle ne voulait pas se plier aux règles de Vlad pour sortir indemne d'ici, ce serait accédé à ses caprices alors que lui ne voulait pas satisfaire les siens, il ne voulait pas la voir partir. Il passa la clé dans sa poche, encore moins de chance pour le coup de lui reprendre. Tu as intérêt à les lire à voix haute, sinon tu passeras par la fenêtre. Et crois-moi, la vue est très belle d’ici. Il souriait à pleines dents, fier de son petit jeu qui ne faisait pas du tout rire Blake, il déposa les lettres derrière elle sur le bureau, elle sentait le coin d'une des enveloppes sur sa chair, légèrement enfoncée. Elle posa son doigt sur celle-ci et la tira vers elle, se mit en tailleur sur le bureau et contempla la chose longuement. Ils lui avaient vraiment envoyé des lettres ? Elle reconnaissait l'écriture de sa mère, soignée et délicate, elle avait écrit Blake Osmond comme sur tous les documents administratifs, les larmes lui montaient presque aux yeux même si elle ne savait pas encore ce que contenait la lettre. Elle ne jeta aucun regard à l'homme, peur qu'il ne voie son désappointement. C'était un sale capricieux de toute façon, elle ne lui accordait plus d'importance maintenant, même si un merci aurait été de mise. Elle avait néanmoins vu qu'il avait récupéré ses lunettes, reprenant son côté sérieux, mais elle n'avait pas aperçu avec quelle élégance il arrivait à s'asseoir sur une chaise, contrairement à la rouquine qui s'affalait plus qu'elle ne s'asseyait.

Elle décacheta la lettre avec habilité, sa masse rousse cachait ses gestes et son visage alors qu'elle était de profil par rapport au sous-directeur. Elle ne pleurait pas encore mais ses mouvements étaient si lents et hésitants qu'on ressentait la douleur à sa place. Elle retira le papier doré de l'enveloppe, c'était le papier que sa mère utilisait pour les faire-parts et invitations aux évènements à l'auberge, elle allait chaque année le cherché à Dublin, toutefois elle avait pour souvenir qu'elle n'avait pu s'en procurer l'an précédent, à croire qu'elle en avait retrouvé par magie. Elle la tenait tout près d'elle et respira un bon coup avant de commencer la lecture, parce qu'après tout, elle avait quoi à perdre en la lisant ? Mieux valait-il cela plutôt que de risquer de tomber de haut.

« A Elizabeth Blake Osmond, le deux septembre à Galway.
Chère Blake, nous savons que l’année scolaire vient à peine de commencer mais ton père et moi sommes déjà désespérés de ton absence, nous savons que ce choix a été difficile pour tous surtout pour nous mais nous pensions que ce serait le mieux pour toi, au moins ici tu pourras apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur tes compétences tandis que nous continuerons de nous occuper de la taverne jusqu’à la fin. Nous espérons de tout coeur que tes trois années se passeront pour le mieux, que tu seras entourée d’amis et de professeurs sachant répondre à tes attentes. Aussi, nous te demandons de ne pas trop les bousculer dans leur petit monde, nous te connaissons et savons à quel point tu peux être têtue quand tu le veux. Quoi qu’il en soit, tu pourras toujours revenir durant les vacances d’été, ta chambre est toujours libre et il y a encore plus de place depuis que Lysander a quitté le nid. Nous t’enverrons des lettres le plus souvent possible et qui sait, peut-être des petits cadeaux de temps en temps.

Nous t’embrassons fort, papa et maman. »


Jamais ils n'avaient vu ça comme un abandon, jamais ils n'avaient voulu se débarrasser d'elle, tout avait toujours été dans sa tête. Ils t'aimaient et t'aiment toujours Blake, ou devrais-je dire Elizabeth. Car Blake n'a jamais été ton premier prénom, mais tout le monde a toujours trouvé qu'il t'allait mieux alors c'est devenu l'usuel, celui de tous les jours. Une larme perla et coula le long de son visage, elle la rattrapa avec son doigt et se frotta les yeux pour faire passer les suivantes. Ils ne lui avaient souhaité que du bonheur, c'était pour elle une chance d'être à Tevara, car même loin sa famille comptait sur elle. Elle posa la lettre, toujours sans bouger le reste du corps et ouvrit l'autre. Cette fois le papier était plus décoré, vert avec des petites fleurs partout et une écriture à l'encre violette, une écriture masculine et reconnaissable parmi toutes. Celle de Lysander. Elle commença à la lire avec assurance.

« Salut ma petite Lizzie… »

Elle leva les yeux vers ce cher monsieur Boiovski, bouche entrouverte. Elle replia la partie supérieure qu'elle venait de déplier qui composait l'une des trois parties formées par les plis, puis la tapota sur le rebord du bureau, des gestes lents et inquiétants. Elle ne savait pas s'il avait conscience de ce qui se trouvait dans les phrases alignées sur ce morceau de papier, peut-être les avaient-ils ouvertes, mais elle se fichait bien, elle n'allait tout de même pas lui obéir au doigt et à l'oeil, elle en avait marre de ce pauvre garçon, elle craquait peu à peu, laissant ses murailles du désir en place, mais pas celles de la colère.

« Non, je ne continuerai pas, je ne vous lirai pas cette lettre. Vous savez pourquoi ? - elle cessa les tapotements et laissa la lettre sur l'autre, posa ses deux mains à plat et ses hanches se rapprochaient du versant du bureau où monsieur c'était assis.-Parce que vous êtes un abruti. Non, en fait ce n'est même pas assez fort. Vous êtes un putain de connard égocentrique, dépravé, fouineur et capricieux. -elle passa sa main dans ses cheveux, les passant tous d'un même côté, sa voix était de plus en plus forte, elle hurlait presque-. Oui, c'est ça. Un putain de pervers. Vous me donnez envie de vous égorger comme un pauvre petit cochon, avec une hache bien aiguisée, voir tout le sang des âmes innocentes que vous avez corrompues couler de vos vaisseaux sanguins. -Elle déplaça la plante verte de quelques centimètres, la faisant presque tomber, mais elle n'avait pas envie de salir plus le tapis que ça-. Comment arrivez-vous à vivre ? Ça ne vous fait rien ? Vous n'avez jamais eu de remords ?-Blake se leva d'un bond et se dirigea vers le divan, d'un pas ralenti et maîtrisé- -Elle s'assit sur l'accoudoir, les pieds dans le vide et le siège dans son dos-.

La rouquine resta ici, dos frôlant les coussins en contrebas, les jambes touchant le sol muni d’un autre tapis similaire à l’autre, les mains courant sur le cuir. Blake n’était pas de la catégorie des gens à se faire marcher dessus, ces personnes qui se retirent quand on commence à crier, à leur reprocher les choses. Puis, elle voulait toujours sortir d’ici avant qu’il ne soit trop tard, avant que son horloge interne de retenue n’explose, n’atteigne les douze coups. Elle n’avait pas la clé, toutefois il avait lui-même proposé une issue.

« Faites-moi passer par la fenêtre alors, tenez vos promesses et sortez-moi d’ici. »


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Lun 18 Jan - 16:35
Beware of the Big Bad Wolf



Il faut l’avouer, depuis l’ouverture de Tevara, on venait rarement me déranger dans mon bureau. Les élèves n’avaient jamais vraiment de raison valable pour y entrer. Ou alors, s’ils y venaient, c’est tout simplement parce que je les y avais convoqués. Mais rares sont ceux qui s’y aventuraient de leur plein gré. Les courageux ne couraient pas l’établissement. Ou les plus stupides, plutôt ? Il m’arrivait pourtant de bien m’entendre avec certains, un peu trop même, mais ce n’était jamais une raison suffisante pour qu’ils passent par ici. En même temps, je devais aussi les intimider. Mais ça, je n’y peux rien, non ? Je n’ai pas vraiment choisi mon allure imposante, même si j’aime beaucoup jouer là-dessus. Mais ce n’est pas grave, je trouve toujours de quoi m’occuper. Ce serait bien triste, sinon. Passer l’éternité à s’ennuyer. Même moi, je n’en pourrais plus. Et le pire dans tout ça ? C’est que je serais obligé de le supporter à tout jamais, puisque je suis immortel.

Je reluque la demoiselle aux cheveux roux. Elle s’est mise en tailleur, restant toujours sur le bureau et face à la fenêtre. Elle a pris une des deux lettres dans sa main et la contemple. Elle ne doit sans doute pas me croire, mais elle n’aura d’autre choix que de le faire une fois qu’elle les aura lues. Après tout, c’est déjà fait, moi. Comment ? C’est simple. L’une des secrétaires à des yeux à rayons X. Il lui a tout simplement suffit de me les lire. Et comme elle refuse rarement ce que je lui demande… Ahah. Un jeu d’enfants. Mais, après, si la jeune Osmond se rebelle, je n’aurai qu’à les lui réciter. Ça ne me posera aucun problème. Sauf qu’au moment de quitter mon bureau, elle passera par la fenêtre. Je manque rarement d’honorer mes promesses. Je n’ai qu’une parole et je la respecte toujours. C’est tout de même le moins que je puisse faire, non ? Je fixe le profil de la rousse. Je peux entrevoir son œil gauche commençant à rougir un peu. Va-t-elle carrément pleurer ? Ce sera si drôle à voir, si ça arrive vraiment. Elle enlève délicatement le cachet de la lettre, tentant de cacher son visage avec quelques mèches de cheveux. Mais je n’ai nulle besoin de ça. Au pire, je peux toujours voir son reflet dans la fenêtre qui lui fait face. Quelle petite sotte, pensant pouvoir se cacher de moi.

Elle prend une grande inspiration. Puis se met à lire à voix haute et claire.

« À Elizabeth Blake Osmond, le deux septembre à Galway.

Chère Blake, nous savons que l’année scolaire vient à peine de commencer mais ton père et moi sommes déjà désespérés de ton absence, nous savons que ce choix a été difficile pour tous surtout pour nous mais nous pensions que ce serait le mieux pour toi, au moins ici tu pourras apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur tes compétences tandis que nous continuerons de nous occuper de la taverne jusqu’à la fin. Nous espérons de tout cœur que tes trois années se passeront pour le mieux, que tu seras entourée d’amis et de professeurs sachant répondre à tes attentes. Aussi, nous te demandons de ne pas trop les bousculer dans leur petit monde, nous te connaissons et savons à quel point tu peux être têtue quand tu le veux. Quoi qu’il en soit, tu pourras toujours revenir durant les vacances d’été, ta chambre est toujours libre et il y a encore plus de place depuis que Lysander a quitté le nid. Nous t’enverrons des lettres le plus souvent possible et, qui sait, peut-être des petits cadeaux de temps en temps.

Nous t’embrassons fort, Papa et Maman.
»

La petite doit sans doute tomber de haut. Elle qui se pensait abandonnée, ses parents ont fait ça pour son bien. Enfin, après, c’est ce qu’ils écrivent. Une personne peut mettre tout et n’importe quoi par écrit. Comment les croire alors qu’elle ne peut pas examiner leurs visages à la recherche d’une once de vérité. Enfin, ce sera à elle de voir. Personnellement, je pourrais très bien aller les rencontrer pour être sûr de ça. Mais ça ne me regarde pas. Et ça ne m’intéresse pas. Et je n’ai pas que ça à foutre. Surtout que je trouve ça plus chiant qu’autre chose, les histoires de famille. Finalement, elle commence un peu à pleurer. Oh oh, aurai-je la chance de pouvoir la consoler dans mes bras ? Mon sourire se redessine sur mes lèvres. Mais ce n’est pas encore fini. Il lui reste encore une enveloppe à ouvrir. Une lettre à lire. Celle de son frère. Pleine de l’assurance reçue suite à la lecture de la première, elle entame la seconde. « Salut ma petite Lizzie… » Mais Blake se ravise immédiatement. J’arque un sourcil. Bah alors ? Que fait-elle ? Elle se retourne vers moi, replie la lettre, puis m’adresse vivement la parole. « Non, je ne continuerai pas, je ne vous lirai pas cette lettre. » La demoiselle se rebelle donc. Comme prévu, si j’ose dire. Cela ne va en être que plus intéressant. Et divertissant. « Vous savez pourquoi ? » Question rhétorique. Tu vas me le dire, non, petite Omsond ? « Parce que vous êtes un abruti. Non, en fait ce n'est même pas assez fort. Vous êtes un putain de connard égocentrique, dépravé, fouineur et capricieux. » Dit-elle, s’étant rapprochée de moi et en le gueulant presque.

Je me retiens quand même de rire. Cette petite a pas mal de mordant. Je plains ses professeurs, ahah. « Oui, c'est ça. Un putain de pervers. Vous me donnez envie de vous égorger comme un pauvre petit cochon, avec une hache bien aiguisée, voir tout le sang des âmes innocentes que vous avez corrompues couler de vos vaisseaux sanguins. » Mon sourire s’élargit toujours plus. Vas-y, ma petite. Continue donc. « Comment arrivez-vous à vivre ? Ça ne vous fait rien ? Vous n'avez jamais eu de remords ? » Ses mots m’atteignent à peine. Comment pourrais-je être touché par les insultes d’un insecte ? Elle se trouve bien trop bas dans l’échelle naturelle pour que je puisse y faire attention. Mais si elle le savait, elle s’en offusquerait. Pauvre chose. N’as-tu donc pas fini de me cracher ton venin ? Si les remords me pouvaient me ronger, comment ferais-je ? « Je vous comprends, il y a peut-être cette attitude, vous savez, celle que l'on nomme curiosité. La curiosité, voilà. Savoir ce que les autres valent, leur goût, leur souffle sur votre peau, leurs peurs trahies dans leur regard, leurs lèvres gercées par votre faute. C'est tentant n'est-ce pas ? »

Elle a quitté le bureau et s’est éloignée de moi, allant s’installer sur l’accoudoir du divan. Je la comprends. Il est bien plus confortable que le bureau. Tellement plus, même. « Mais la curiosité est un vilain défaut Monsieur Boiovski. » Huh ? De quoi parlait-elle déjà ? Je crois qu’elle m’a perdu en cours de monologue. La curiosité. Pourquoi a-t-elle parlé de curiosité ? Je rembobine la scène dans mon esprit. Ah, si. Je sais. Non, ce n’est pas vraiment de la curiosité. Du plaisir, plutôt, si je puis dire ? Mais elle ne comprendrait pas à quel point ça peut être amusant de briser une personne, qu’elle soit humaine ou expérimentée. En même temps, j’avais appris à maintes reprises à adorer ça. Il n’empêche que, pour finir sa phrase, elle a usé d’une note de respect. Je me redresse sur mon fauteuil, tandis qu’elle termine enfin son monologue. « Faites-moi passer par la fenêtre alors, tenez vos promesses et sortez-moi d’ici. » Et c’est qu’elle le réclame elle-même, en plus. Comme c’est mignon. Elle désire donc tant que ça à sortir d’ici ? C’est méchant pour moi, non ? Pourquoi vouloir me quitter aussi vite ? Elle vient pourtant juste d’arriver. Et le jeu n’a commencé qu’il y a peu.

Je me lève à mon tour en laissant s’échapper un léger bâillement. Puis je me tourne vers elle en n’oubliant forcément pas de prendre la lettre avec moi. Je m’approche doucement d’elle, la fixant de manière plus ou moins intense. « Comme c’est gentil. Tous ces mots. Tous ces adjectifs. Et pourtant, tu es si loin d’un semblant de vérité. » Je me baisse allègrement sur elle, déposant l’enveloppe sur ses cuisses, puis je m’installe tranquillement à côté d’elle, sur le divan. « Je ne compte pas te jeter tout de suite. Mais c’est bien ce que je ferai afin de te faire quitter mon bureau, ne t’en fais guère. Tu auras le plaisir d’admirer la vue. » Je ricane quelque peu, sans pour autant la regarder. Je pose mes jambes sur la petite table face au canapé, m’affalant bien gracieusement, comme je l’avais fait avec le fauteuil il y a de ça quelques instants. D’un geste vif de mes mains, un tiroir du bureau de l’autre côté de la pièce s’ouvre et deux verres viennent se poser sur la table basse, suivis assez rapidement d’une bouteille d’alcool. « Je ne pense pas que tu bois de ça, mais tu n’as qu’à me dire ce que tu veux à la place. Je devrais l’avoir. » Mais en attendant, je ne sortirai rien d’autres. Et, au pire, je lui ferai boire un peu de vodka. Ça ne devrait pas lui faire trop de mal, ahah. « Mais revenons-en à la lettre, d’accord ? Tu t’en doutes, mais elle vient de ton frère, Lysander. » Je remplis mon verre, toujours sans bouger mon corps. C’est si bien d’avoir un pouvoir pouvant se montrer utile à tout instant. Je plains ceux qui en sont dépourvus. « Comme tu te refuses à la lire, je vais me faire une joie à te la réciter. » Lui dis-je, d’un ton assez joyeux. C’est parti, d'une voix claire et distincte.

« Salut Lizzie,

J'ai pas envie de faire les rabat-joies comme papa et maman quand ils écrivent leurs lettres en mode mélodrame, je sais que de toute manière qu'importe où tu es, tu t'en sortiras, parce que t'es une fille un peu folle et que tu te démènes pour obtenir ce que tu veux, n'est-ce pas ?
Simplement essaye de ne pas ramener des cadavres en souvenir, c'est pas super glamour !

En fait je voulais te parler de moi, je sais ça paraît hypocrite mais les lettres c'est fait pour donner des nouvelles je crois bien. Depuis que tu es partie c'était le vide à la maison, ils se démenaient pour gérer au mieux l'auberge, d'ailleurs je crois que c'est plutôt réussi car ils ont ajouté une annexe où il y a une petite scène et où des groupes défilent le soir. Pourtant je m'ennuyais, y'avait plus ma sœur pour m'embêter, seulement ces clients râleurs, alors je suis parti. Je les ai laissés Liz, ils ont dit qu'ils voulaient le meilleur pour moi et que si c'était ce que je voulais et bien que je parte. Ils n'ont pas dit un seul mot méchant, ils n'ont pas pleuré, un peu comme à ton départ. Mais ne va pas croire qu'ils n'étaient pas tristes, ils m'ont pris le chou pendant une semaine au moins parce que tu ne rentrais pas le soir, je leur ai dit que c'était normal, que ça allait être comme ça jusqu'à la fin.

Finalement, je crois que le fait de partir les aura aidés à prendre conscience qu'on est plus des gamins, plus des garnements cassant les verres à chaque course-poursuite. J'ai commencé par aller à Dublin pour faire des études en économie, ça ne m'a pas plu, les cours étaient fourrés de fils à papa pétés de tune qui te rabaissaient à chaque mauvais résultat. C'est vers début septembre que j'ai pris une décision qui n'a pas ravi tout le monde, qui peut-être ne t'enthousiasmera pas, j'ai décollé pour Paris puis pour Madrid, Rome, Lisbonne, Zagreb, Berlin, Vienne, Dubrovnik, Pristina, Skopje, Athènes, Antalya et toutes ces villes que l'on voit dans les brochures de voyages. Je vais faire le tour du monde en un an, je vais faire chaque pays un par un, et l'été prochain quand tu reviendras je serai peut-être à Galway, t'attendant. S'il n'y a pas d'accroches. Tu sais j'ai toujours rêvé de partir loin des paysages rocheux d'Irlande, c'est vraiment quelque chose de formidable de voyager, découvrir les cultures, les horizons nouveaux, le ciel étoilé est propre à chaque pays, comme son soleil. Je t'aurais emmenée avec moi si j'avais pu Elizabeth, ou Blake comme on a l'habitude maintenant de t'appeler. Je sais pas s'ils t'ont dit, mais ils n'ont jamais payé ton départ à Tevara, on leur a donné la somme précise pour t'y envoyer en disant que c'était le meilleur pour toi, je sais plus quand c'était, cet été je crois. Maman pleurait et papa lui assurait que c'était une bonne chose, personne n'a jamais voulu ton départ, personne. Tous les habitants se demandaient où tu étais passée, maman a prétendu que tu avais intégré une école pour jeunes filles en Angleterre. Pourtant nous savons tous deux que c'est faux.

Bon, je vais pas rentrer dans les détails de ça. Actuellement je suis sur l'île d'Amorgos, c'est très joli mais coupé du monde, j'ai dû rester assis pendant huit heures sur un bateau. Quand on arrive, les collines surplombent tout, elles sont verdoyantes, remplies d'arbustes et de fleurs, les maisons blanches en pierre se cachent dedans, c'est à couper le souffle. Y a aussi ce monastère, celui de Panagia Hozoviotissa, un truc dans le genre, c'est dans la falaise au bord de la mer. Je crois que c'est l'endroit qui t'aurait le plus plu, celui où personne ne vient t'embêter, où tu es libre de courir si tu le souhaites, où les gens te saluent sans te connaître. Je compte te ramener un petit morceau de là-bas, je verrai bien.

Il y a une dernière chose que je devais aborder, je sais qu'en lisant la lettre tu dois te demander pourquoi je suis parti seul, sur un coup de tête, sans argent. C'est légèrement plus complexe, j'ai rencontré quelqu'un, une Française. Et j'en suis tombé amoureux, elle a le goût de l'aventure comme toi, elle a de beaux cheveux auburn et des yeux verts scintillants. Elle te ressemble tellement, elle est si gentille, si drôle, mon cœur est emballé à chaque fois. Violette, un prénom de fleur encore, comme maman. Je te la présenterai à l'occasion, pour le moment il n'y a qu'une photo de nous dans l'enveloppe, j'y ai aussi ajouté une photo de nos têtes à toi et moi, quand nous étions jeunots et inconscients.

Tu pourras toujours m’envoyer des lettres via papa et maman, ils m’appellent toutes les semaines pour savoir où je suis et pourront ainsi me les transmettre, bon pas sûr qu’elles arrivent toutes à destination mais qu’importe, je ne peux pas t’appeler comme tu n’as pas de téléphone à Tevara.

Je t’embrasse très fort, je t’aime plus que tout au monde.

Lys’.
»

Je prends une gorgée, prenant le temps d’apprécier le goût de l’alcool sur mes papilles. Je l’ai récitée d’une traite, histoire qu’elle ne décroche pas trop. Je suppose que je pourrai l’effacer de ma mémoire, maintenant. Je repose mon verre sur la table, retirant mes jambes de dessus cette dernière. Dos rond, coudes sur les genoux, cuisses écartées, je baisse ma tête tournée vers elle pour mieux voir son visage. « Alors ? Cela t’a-t-il plu ? Et encore, tu as deux photographies dans l’enveloppe. Une de Lysander avec sa chère Violette. Et une de lui avec toi. Et j’avoue que tu es très mignonne dessus. » Je finis promptement mon verre avant de lui adresser une dernière fois la parole. « Mais ne reste pas muette. Dis-moi donc ce que tu en penses. » Je ricane un peu.
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Mer 20 Jan - 16:34

Leave me alone !


Pour reprendre ce qui t'appartiens.






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Exaltant, c'est un mot parfait pour qualifier à quel point il se plaisait de la torturer ainsi, c'était un plaisir enivrant dont l'odeur parvenait jusqu'aux narines de la jeune Blake. A la limite de sentir l'odeur du sourire qui ornait son visage, de sentir l'odeur du vice. Il la suivait comme si c'était nécessaire, la pièce était déjà assez petite comme ça, elle le voyait il n'avait pas besoin de se rapprocher plus, en plus elle n'en était pas forcément ravie, plus loin il était, mieux elle se sentait, peut-être était-ce à cause de ses hanches ou de ses baisers. Il avait prit la lettre qui n'avait pas été lue avec lui, elle ressentait les yeux posés sur elle mais ne fit pas attention et laissa couler, mieux valait cela pensait-elle. Ce n'était pas le moment de rentrer dans son petit jeu malsain. Comme c'est gentil. Tous ces mots. Tous ces adjectifs. Et pourtant, tu es si loin d'un semblant de vérité. Vlad prit un malin plaisir à se baisser sur elle simplement pour lui remettre l'enveloppe. La rouquine ne put s'empêcher de le foudroyer du regard, bien que la couleur de ses yeux la rende toujours moins crédible que la moyenne, elle ne touchait pas à la lettre, parce que ça faisait mal, parce qu'elle ne voulait pas qu'il l'entende mâcher les mots, parce qu'elle ne voulait pas pleurer devant cet abruti.

Il s'était de nouveau installé royalement sur le divan, faisant presque oublier la noirceur du cuir de celui-ci. Vlad avait ce don, le don de tout effacer derrière lui, de n'être la seule chose importante dans le lieu où il se trouvait. Il ne voulait décidément pas la faire partir, il s'amusait tant que cela avec elle ? La rousse l'ignorait presque, qu'il parle si ça lui fait plaisir, elle trouvera bien un moment pour partir d'elle-même. Il avait cette drôle de manière d'amener ou de ranger les choses par des coups de vents, il amena ainsi deux verres en cristal parfaitement décorés à la base, des verres ronds et assez opulents et suivi une bouteille d'alcool, elle le su parce qu'il le lui confirma subtilement, mais aussi elle reconnaissait l'odeur amère. De la vodka peut-être, ça allait bien avec sa tête. Il avait une tête à boire de la vodka, elle s'imaginait même qu'il avait été nourri à la vodka toute sa vie, qu'elle coulait dans ses veines comme le sang des âmes corrompues, ignoble. En plus de vouloir l'intoxiquer, il la prenait pour une abrutie de première classe, comme si tout le monde sur Terre l'appelait Lizzie et qu'elle ne s'était jamais doutée une seule seconde que ce papier magnifiquement orné venait de son frère. Elle le savait parfaitement, c'est d'ailleurs pour cela qu'elle avait cessé de lire la lettre, qu'elle s'était transformée en harpie. Il remplit grossièrement son verre toujours avec sa magie inexplicable et d'un air enjoué, lui récita la lettre, en entier, sans jamais s'arrêter.

C'était long et sa voix ne donnait pas du tout envie de la lire, il n'y mettait pas l'intonation que Lysander aurait souhaitée, il parlait comme s'il récitait un poème en primaire. Cela n'avait aucun intérêt, bon, elle écoutait car cela lui éviterait de revenir sur la lettre une deuxième fois et après tout c'était son frère qui l'avait écrite, qui avait déposé sa plume pour lui faire parvenir des informations. Finalement, une fois le speech terminé, elle fut prise d'une douleur à la poitrine, jalousie naissante, manque permanent. Avait-elle été remplacée si vite ? Etait-ce vrai ? Elle ne savait pas si elle devait croire l'homme aux cheveux blancs, peut-être que tout était une invention de sa part pour faire craquer la rouquine. Elle ne bougea pas les instants suivant le récit, elle n'avait rien à dire, c'était comme ça et point barre. Le sous-directeur but le contenu de son verre, une petite gorgée seulement, il était si serein, si calme à toute épreuve. Déconcertant. Il reposa son verre et dévisagea Blake. Alors ? Cela t'a-t-il plu ? Et encore, tu as deux photographies dans l'enveloppe. Une de Lysander avec sa chère Violette. Et une de lui avec toi. Et j'avoue que tu es très mignonne dessus. Comment pouvait-il tout savoir sans même avoir ouvert l'enveloppe ne serait-ce qu'une seule fois ? Non, cela ne lui avait pas plu, il était exécrable, elle le détestait au moment présent. Ses mots n'étaient que des mensonges, ses sourires des pièges et ses gestes des cataclysmes. Le dernier commentaire déclencha le processus de colère habituel de Blake, pourquoi se devait-il de préciser qu'elle était mignonne sur la photographie ? Cela l'intéressait-il de voir la tête de la jeune fille lorsqu'elle n'avait que quelques années ? Mais ne reste pas muette. Dis-moi donc ce que tu en penses. Elle ne dit rien, rien du tout et se laissa tomber un peu en arrière jusqu’à toucher l’épaule de l’homme avec son dos. Il servait de support à son corps, elle n’avait donc pas besoin de parler très fort pour qu’il comprenne bien les mots qu’elle allait, cette fois-ci, lui dire d’un ton calme, presque trop calme.

« J’en pense que vous êtes un très mauvais orateur Monsieur Boiovski. Je pense aussi que vous êtes bien trop curieux pour votre âge, fini les gamineries non ? Pourtant j’ai bien aimé entendre les écrits de mon frère, je n’en ai pas tous les jours. »

La rousse laissa tomber son fessier de l'accoudoir sur le siège, décalant vers la droite Vlad qui s'était accoutumé à sa position. Elle avait toujours le dos collé à son épaule, bon maintenant c'était son biceps, la hauteur manquait. Blake se tourna et attrapa, s'affalant presque sur lui, le verre de l'homme dans lequel elle déglutit trois bonnes gorgées en une seule. L'alcool était réellement une boisson peu appétissante, mais pas au point de faire faire la grimace à la jeune fille, elle se contenta d'apprécier à une valeur honnête le goût de celui-ci. Vodka, comme prévu. Ensuite, son petit corps revint à la bonne place, elle souriait délicatement, un sourire déterminé qui paraissait à première vue simplement simplet. Elle enfonça alors ses ongles vernis d'un rouge puissant à l'endroit où la chair laissait place à des petites fossettes sur le visage de Vlad, sa main droite, la libre donc, appuya sur le buste de l'homme, l'enfonçant dans le dossier du divan. Pour faire cela, elle s'était mise sur lui, la rouquine avait posé ses genoux sur les cuisses vêtues d'un pantalon pâle du sous-directeur. Elle le força à relever la tête en renforçant sa prise sur ses joues, il dévoila ses clavicules et les nerfs parcourant son cou. La rousse s'approcha non farouchement du visage de l'homme, baladant sa main sur le torse pour finalement l'arrêter près d'une poche intérieure, celle où il avait mis la clé. Forcément, il ne lui donnerait pas comme ça, mais elle ferait tout pour se la procurer. Ses lèvres à quelques centimètres de celles de Vlad, elle murmurait d'une voix moqueuse des supplications, qu'elle cachait sous des banalités.

« Tu pourrais me rendre la clé que tu caches ici et nous pourrions ainsi discuter en bons termes, puis ensuite je repartirais. C’est une bonne idée non ? »

La question se voulait ironique, jamais il ne trouverait que ce serait une bonne idée, parce que Vlad était comme ça. Elle avait commencé à le tutoyer, le respect n’était a priori plus de mise depuis le début, donc pourquoi continuer à jouer la jeune fille modèle lorsque la personne en face vous bombarde irrespectueusement ? Elle souffla narquoisement et passa son visage au niveau du creux du cou de l’homme, ses lèvres déposèrent à son tour un baiser, léger et fin, qu’elle reproduit à plusieurs reprises, marquant à chaque fois la trace de ses lèvres rougies. Elle avait cette manière si spéciale de laisser des traces sur ses cibles, des petites marques exquises et féroces à la fois, qu'on oubliait presque la personne qu'elle était au moment de la rencontrer. Au même moment, elle en profita pour entourer la clé d’un de ses doigts, l’ayant passé dans ladite poche.


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[20:13:41] @ Vlad K. Boiovski : Tu tiens tant que ça à me faire tromper l'ïle avec toi ?
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Dim 24 Jan - 15:56
Beware of the Big Bad Wolf



Il faut avouer que je n’avais pas du tout utilisé le bon ton en lisant la lettre de son frère. Mais, en même temps, à quoi cela m’aurait-il servi ? Si elle désirait s’imaginer la voix de son Lysander avec les paroles, elle n’avait qu’à la lire elle-même. Si elle voulait entendre une bonne lecture de ses mots, pareil. Mais elle n’avait pas voulu le faire. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Surtout que je n’en ai rien à faire de savoir si ma manière de lire une chose aussi niaise lui plaît ou non. Sans trop faire attention à elle, je remplis de nouveau mon verre. Il faudra que je pense à racheter des bouteilles. Je crois bien qu’il ne m’en reste bientôt plus. La tristesse. Il faudra aussi que je demande au concierge de passer un coup dans le bureau, vu que la demoiselle a tout saccagé. C’est fou comme une jeune fille de cet âge peut être à ce point turbulente. Mais que peux-ton y faire, hein ? Le fait de la sentir s’appuyer contre moi attire mon attention vers elle. Elle semble assez blasée. Je crois que je n’en suis toutefois pas plus étonné que ça. « J’en pense que vous êtes un très mauvais orateur, Monsieur Boiovski. Je pense aussi que vous êtes bien trop curieux pour votre âge, finies les gamineries, non ? Pourtant, j’ai bien aimé entendre les écrits de mon frère, je n’en ai pas tous les jours. » Un très mauvais orateur, hein ? En même temps, je n’ai mis aucun effort dans la lecture. Et, il faut le dire, les écrit de son Lysander sont bien chiants. Alors forcément que je n’allais pas pouvoir les rendre un minimum intéressants. Puis, pourquoi devrais-je arrêter d’être curieux ? La curiosité est l’une des meilleures choses qui soient en ce monde. Vraiment. Surtout à mon âge, justement.

Miss Osmond se laisse tomber de l’accoudoir, me forçant sans mécontentement à me décaler vers ma droite, gardant quand même une position identique, ou presque, vu que j’avais quelques instants plus tôt affalé mon dos contre le dossier du divan. Elle se tourne brusquement et, s’allongeant presque sur moi, elle va pour prendre mon verre dans sa main. En un coup, elle avale trois bonnes gorgées de vodka. Je me trouve assez surpris de la voir faire. La demoiselle n’a vraiment pas froid aux yeux, hein. Boire de l’alcool devant le Sous-Directeur. Mais, en même temps, le respect n’était pas là depuis presque le tout début de l’entrevue. Même si elle avait apparemment décidé de me nommer avec respect une nouvelle fois. Ce qui avait failli passer inaperçu, d’ailleurs. Mais well, ce n’est pas si important. Elle enfonce subitement les ongles de sa main gauche dans mon visage, forçant sur mon buste avec la droite afin de bien m’enfoncer dans le dossier. Curieux, je me laisse totalement faire. Que veut-elle, encore ? Elle s’installe sur moi, genoux sur mes cuisses, et en augmentant sa pression sur mes joues, elle me fait relever le visage. Je la fixe tout du long, restant tout de même sur mes gardes. On ne sait jamais, avec une telle lionne. Elle approche sa face de la mienne, sa main s’arrêtant au niveau de la poche intérieure de mon haut. Là où j’avais auparavant mis la clé. Elle veut donc tant sortir, eh ? « Tu pourrais me rendre la clé que tu caches ici et nous pourrions ainsi discuter en bons termes, puis ensuite je repartirais. C’est une bonne idée non ? » En effet, c’est l’une des possibilités qui s’offrent à moi. Mais, la vraie question, en ai-je l’envie ? Elle m’a tutoyé, d’ailleurs. A-t-elle décidé d’abandonner le peu de respect qu’il restait ?

Nos regards se perdent l’un l’autre alors qu’elle vient déposer délicatement ses lèvres contre ma gorge, les faisant doucement parcourir ma peau de légers baisers, y laissant des marques de rouge à lèvre. Sentant à la même occasion ses doigts se glisser dans la poche pour avoir la clé, je lui attrape gentiment le poignet et la pousse dos contre les coussins du divan, prenant bien soin de me positionner confortablement sur elle, ses jambes de part et d’autre des miennes. Appuyant sur mes avant-bras afin de ne pas l’écraser de mon poids, je la fixe assez intensément. « Alors comme ça, on tente de me distraire afin de me déposséder de l’un de mes biens ? » Je ricane et je viens à mon tour déposer mes lèvres contre sa gorge bien offerte à mes crocs. J’y laisse quelques frivoles baisers avant de revenir face à son visage, la sachant forcément bien remontée contre moi. Que peut-elle faire, de toute façon ? Elle n’est qu’à ma merci. Et j’aime fortement ça. « Je te l’ai dit, tu ne sortiras que par la fenêtre. L’as-tu déjà évincé de ta mémoire ? » Je continue de ricaner, non sans le faire silencieusement. Ma main droite vient doucement frôler ses côtes, puis sa taille et son bassin. Je pèse sur son corps au niveau de l’entrejambe, je la bloque du mieux que je peux. Ça ne doit clairement pas lui plaire, mais au diable son avis, n’est-ce-pas ? « Dis-moi, Blake. Et si nous allions voir ta famille ? Ne meurs-tu pas d’envie de les revoir ? Au moins une fois ? » Je pose mon regard sur elle. Si elle le désire, j’ai la possibilité de la faire manquer quelques jours de cours juste pour qu’elle puisse les voir. Oh, ne suis-je pas gentil ? Comment ça, non ?

Je prends la clé entre mes doigts et la fais tourbillonner au-dessus d’elle, la lançant ensuite de l’autre côté de la pièce. « Oops. » Dis-je pour ponctuer mon geste. Comme si ce n’était pas voulu, hein ? « Oh non. Suis-je maladroit. La clé est très loin maintenant. Loin de toi. Ahah. » Je lui caresse doucement le visage du bout des doigts, venant reposer mes lèvres sur sa peau, contre sa joue. Juste quelques instants. Je me redresse ensuite subitement, ramenant mes jambes afin de me mettre à genoux, faisant ainsi relever ses jambes à elle. Posant mes mains sur le divan au niveau de son bassin, coudes contre ses cuisses, pour la bloquer, je la surplombe du haut de mon buste. « Dis-moi. Que serais-tu prête à faire pour avoir cette clé et sortir de ce bureau, hein ? » Un ton assez glauque. Une question bien ambiguë. Moi-même, je ne suis pas sûr de ce que cela pourra me faire faire. Mes pupilles se baladent sur son corps avec insistance. Je me baisse de nouveau et viens souffler dans son cou. « Alors ? J’attends une réponse, miss Osmond. »

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Mer 27 Jan - 13:16

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Sa peau est agréablement sucrée, comme une friandise, c'est sûrement dû à son parfum ou son savon mais il faut avouer que Blake ne s'en plaint pas, il est, comme l'expression le voudrait, à croquer. Elle ne s'arrêtait pas de le conquérir de son rouge délectable qui ainsi s'échappait peu à peu de ses lèvres pulpeuses. La clé était bien là, dans le pli de la phalange de son index, elle la tenait fermement et continuait son travail acharné jusqu'à ce que l'homme aux cheveux blancs ne se rendent compte de la tromperie et ne lui empoigne l'avant-bras. Ses baisers se transformèrent en une grimace de déception, encore une fois elle allait devoir se battre contre lui, vraiment ? Elle avait déjà perdu beaucoup de pions, tandis qu'il lui en restait une majorité, l'échec était absolu. Et elle s'obstinait à continuer la partie, rien n'était jamais gagné d'avance pour la rousse, ni perdu d'ailleurs, c’était un échec des plus douteux. Il la posa contre les coussins, proche de l'accoudoir et se mit au-dessus d'elle, laissant les jambes de la demoiselle fuir des deux côtés et l'emprisonnant de barreaux faits de ses bras. La rouquine le fixai depuis le début, elle n'avait jamais quitté son regard, il devait voir qu'elle n'allait pas abandonner, il devait lire la détermination dans ses iris, comprendre qu'il allait devoir la faire battre sans pitié, l’anéantir. Les yeux dorés revinrent à la rencontre des améthystes peu de temps après, il y eu cette sensation, celle qu’elle ressent à chaque fois qu'il posait ses yeux dans les siens, la sensation de n'être qu'une minable. Alors comme ça, on tente de me distraire afin de me déposséder de l'un de mes biens ? Blake souriait timidement, c'était le but premier, mais vu comme les choses avaient tournés, cela n'avait pas marché. Un fiasco complet.

Ses lèvres, son rire, ses gestes précis et délicieux, tu as envie de tout lui redonner au centuple. D'une manière mauvaise, et d'une autre tout aussi délicate. Le rempart qu'elle avait établi quelques minutes auparavant retrouvait la chaleur de la flamme désireuse, léchant chaque millimètre et faisant fondre peu à peu cette muraille. Le désir, le vice, tout ce qui est dangereux est intriguant. Même sortir par la fenêtre pouvait devenir quelque chose dont elle avait envie, parce que ce n'était pas commun, redoutable. La main droite du sous-directeur se colla contre le dos du divan pour finalement effleurer le côté gauche de la rouquine, il la descendait tranquillement jusqu'à atteindre le bassin qu'il garda en main quelques temps. Elle ne disait rien, elle continuait de le regarder, l'air détestable, presque impassible. Crache-lui à la gueule, c'est le meilleur conseil que je puisse te donner, même si tu ne le feras sûrement pas. Le temps paraissait éternellement long, interminable, tu haïssais ça. Tu aimais tellement ça. Mauvaise fille. Dis-moi, Blake. Et si nous allions voir ta famille ? Ne meurs-tu pas d'envie de les revoir ? Au moins une fois ? Son étonnement ne manqua pas à l'appel. Il avait dit ça comme si ce n'était rien, une simple proposition qui pourtant avait une répercussion inimaginable. Elle préférait se taire, ne pas lui répondre, il était si agaçant. A la place, elle se frotta le cou, à l'endroit où il avait, une fois de plus, laisser l'empreinte de ses crocs, elle y frotta violemment jusqu'à se rendre rouge et par la même occasion, lui tendit un majeur magnifiquement levé. Si avec ça, il n'avait pas compris le message, elle ne pouvait pas faire mieux. Bien sûr, elle voulait revoir sa tendre famille, parce qu’ils étaient un tout, et beaucoup plus fréquentable que lui par ailleurs.

Vlad n'avait pas dû apprécier ce petit présent, ce petit geste d’affection de la part de la miss. Il avait saisi la clé qui était restée dans la main droite de la gamine et lui avait longuement fait admirer avant de la lancer à l'opposé. Oops. La rousse savait pertinemment que ce n'était pas du tout un accident, c'était un rancunier sur les bords un peu ce cher Karei. Elle détourna le regard en direction de ladite clé, songeant à aller la récupérer quand elle se serait débarrassée du poids qui la piégeait.  Oh non. Suis-je maladroit. La clé est très loin maintenant. Loin de toi. Ahah. Tout le monde peut s'accorder sur le fait que ce soit un enfoiré, comme Blake l'avait justement prédit. Elle se retenait de lui en remettre une, par politesse et pour pas avoir à subir une autre vengeance puérile de ce style. Un frisson parcourut son visage lorsque la pulpe de ses doigts chatouilla sa peau, un tressaillement des plus plaisants, accompagné par l'ardeur de ses babines. Il y resta, il soufflait sur son épiderme, si elle était désirable il l'était d'autant plus, mais Blake refusait de céder à la tentation, pour le moment. Il se releva et se replaça de manière à relever les jambes de la jeune fille sur ses cuisses. Il était quasiment collé à elle, la paume s'enfonçant dans le cuir et les coudes au niveau de ses quadriceps. Il s'était penché en avant pour lui montrer sa supériorité, en taille comme en force, elle ne se débattait pas, elle avait déjà essayé et avait constaté qu'il l'avait laissé justement lorsqu'elle avait cessé de se débattre.  Dis-moi. Que serais-tu prête à faire pour avoir cette clé et sortir de ce bureau, hein ? C'était la première fois qu'il usait ce ton sordide, pleins de sous-entendus. La rouquine respirait avec peine et restait taciturne. Comme à une partie d’échec, elle devait restée concentrée et tout faire pour ne pas perdre, pour ne pas être mise en échec. Le combat s’annonçait rude surtout lorsque l’adversaire vous dévore du regard, de haut en bas, sur des endroits improbables et dérangeants, pour ensuite laisser résonner son impatience dans un souffle chaleureux.

Cela dit, c’est une bonne remarque. Jusqu’où iras-tu petite fleur ? Vas-tu t’imposer, vas-tu te cacher ? Vas-tu résister ou céderas-tu ? Les dilemmes de toute une vie, des choix vicieux qui refont toujours surface à un moment ou à un autre, après c’est seulement une décision morale, pour plus avoir un poids sur la conscience, le poids de l’hésitation. Mais tu le sais Blake, le meilleur moyen de gagner une partie à coup sûr et de tricher. Tu vas mettre de côté la partie, tu donnes un grand coup dans le plateau et renverses tout ce qu’il contenait, brisant certaines pièces au passage. Oui, c’est le mieux, oublie que tu te bats, oublie que tu risques gros, dis-toi que ce n’est qu’un homme parmi d’autres. Que tu peux le vaincre. Elle tira sur la cravate à rayures violettes et bleues de Vlad et le rapprochait d’elle, elle n’avait jamais fait attention mais il était raffiné dans ses vêtements, il portait un costume trois pièces assorties. Le veston et le pantalon étaient d’un blanc brumeux, cassé tandis que le gilet était un peu plus foncé et la chemise d’une couleur similaire à celle de la nuit. Une fois qu’elle put s’en saisir, elle passa sa main gauche dans le noeud de la cravate, la défaisant un peu de son annulaire et de son pouce.

« Tu veux vraiment me lancer sur ce terrain de jeu périlleux ?
-elle souleva son buste pour poser sa joue contre la sienne.- Tu sais, malgré les apparences, je suis assez joueuse. »

L’intégralité de sa main maintenait maintenant fermement le noeud de cravate, de l’autre main elle appuya sur le bas-ventre du sous-directeur et les remonta à la verticale, gardant sa joue collée. La cravate était distendue et en pagaille par sa faute. Elle décolla son visage du sien et avança ses jambes, approchant son bassin de celui de l’homme, elle l’entourait de ses jambes qu’elle croisa dans son dos. Tu le sens ? Ton sourire sur tes lèvres, ton coeur battant rapidement, cette vague de malice envahissant ton corps ? Elle tripotait toujours la cravate défaite, elle l’enlevait de plus en plus, usait de ses doigts pour la faire crouler. La rouquine décala sa tête au niveau de l’oreille de l’homme et lui mordilla voluptueusement -ou presque- le lobe. Elle continua sa trajectoire en revenant vers les pommettes, qu’elle mordit de la même façon. Ce goût si agréable qu’il avait dans son cou était aussi sur son visage, sur tout son corps, c’est si bon que cela en devient mauvais, n’est-ce pas Blake ?

« Et toi, Vlad Karei Boiovski, jusqu’où serais-tu prêt à aller ? »


La question valait pour lui tout autant que pour elle. Sa bouche trouva refuge près de la sienne, juste dans le coin, elle se retira et admira longuement son visage doux et attirant. Elle planta ses yeux dans les pépites dorées et s’avança dangereusement ses lèvres vers les autres, la gamine les frôlait de l’extrémité mais ne faisait rien, elle restait juste là. Vas-tu aussi les mordre Blake ? Je te rappelle que ta première idée était de jouer avec lui pour qu’il te laisse, il à l’air de ne pas s’intéresser à toi si tu le poursuis, pourtant tu le sais, tu vas trop loin. Ce n’est peut-être pas une si bonne idée. La jeune fille se rétracta brusquement, laissant à l’abandon les lèvres charnues de Vlad. Elle avait enfin réussit à refaire ce foutu noeud et d’un coup sec remonta le tout pour rattacher sa cravate. Le geste était un peu violent, elle serra trop fort, tant pis pour lui. La rousse s’accrocha alors au tronc de sa cible, elle tenait la chemise sur les côtés, juste en dessous du gilet, au plus bas. Sa tête se mit droite, un peu en hauteur, petit air supérieur dominant son faciès.

« Il serait fâcheux que je m’éprenne de toi, tu ne penses pas ? »

Ce serait fâcheux pour toi surtout, cela signifierait que tu as lamentablement échoué. Que tu as laissé l’envie te dominer.


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[20:13:41] @ Vlad K. Boiovski : Tu tiens tant que ça à me faire tromper l'ïle avec toi ?
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Ven 29 Jan - 14:09
Beware of the Big Bad Wolf



« Ceci n’est pas un viol. » Combien de fois des gens forçant quelqu’un à l’acte ont pu se dire une telle chose ? Combien de fois des personnes se sont auto-persuadées que leur partenaire pouvait être consentant, alors qu’en fait non ? Pour les monstres de ce genre, ce n’est jamais de leur faute. Après tout, l’autre a bien allègrement aguiché. C’est vrai, quoi. La victime savait bien ce qui allait arriver, non ? Alors pourquoi agir de la sorte ? Pourquoi chercher encore et encore et encore ? Le jour où ces personnes comprendront qu’il faut bien se tenir, alors les soi-disant viols arrêteront. Voilà ce que peuvent penser ces monstres-là. En même temps, voir certaines personnes être peu habillées ou se déhancher sensuellement attirent forcément le regard, et plus. Mais ne vous inquiétez pas. Je ne fais pas partie de ces bêtes qui pensent ce genre de choses. Non, moi, je sais faire la différence entre avec consentement et sans consentement. Par exemple, avec Maria, c’est avec consentement. Avec Sveta, ce fut sans consentement. J’ai commis pas mal de viols dans ma vie. Cela ne m’empêche toutefois pas d’avoir eu bien plus de rapports sexuels avec consentement que sans. Je sais, c’est assez difficile à croire. Mais que voulez-vous ? J’ai la quatre-vingt-dizaine, alors forcément que mon nombre de partenaires est tout aussi massif que mon temps d’existence en ce bas monde. Et je n’en suis pas peu fier, croyez-moi. Bien au contraire. Peu de gens peuvent se vanter d’avoir autant mis, ahah. Enfin, autant mis… Pas dans le sens littéral, hein. J’y mets pas mon sperme, quand même. J’me protège. Le minimum est quand même de mettre une capote avant de fourrer. Puis, surtout quand j’prends des mecs. Pénétrer leur trou comme si j’faisais la sonde anale ne m’plaît que si j’mets du latex sur mon sexe d’abord. En même temps, j’vois pas à qui ça pourrait plaire d’avoir la queue qui sent fort et qui est grave dégueulasse ensuite… Pas à moi, en tout cas. Pour ça que je préfère les filles, d’ailleurs. Comment dire non à une belle salope, hein ? Ouaip, impossible. Je le sais bien.

Parfois, il m’arrive de penser à ce que pourrait ressentir ma famille en sachant que j’ai violé ma sœur. Mais qu’y puis-je ? J’avais été pris d’une crise de rage. La demoiselle clamait que son frère ainé, moi, était mort à l’âge de onze ans. Mais comment pouvais-je être décédé alors que j’étais vivant et devant ses yeux ? Comment avait-elle pu ne pas me reconnaître ? Comment ça, à deux ans, elle ne pouvait forcément pas se souvenir de moi ? Que des excuses, hein. Elle avait vu des photographies, c’était obligé. Et je n’avais pas tant changé que ça, en plus d’une dizaine d’années. Pour moi, cela avait simplement été une trahison de sa part. Du coup, je suis méfiant envers les autres. Comme on dit, nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-mêmes. Ce que nous pouvons faire par nos propres moyens doit être effectué de cette manière-là. D’un côté, ça évitera de finir en gros rageux si la personne ne fait pas correctement ce qui devait être fait. Même si je n’y parais pas trop comme ça, je suis du genre à difficilement accorder ma confiance. Comment pourrais-je ? Je ne vois la majorité de mon entourage que comme des malpropres, des malappris, des va-nus pieds, des singes de cirque, des idiots de bas étage. Seuls quelques heureux élus ont droit à mon respect. Et non, Lev n’en fait pas part. Il a beau être mon patron, ce n’est pas pour autant que je dois le respecter. Juste en apparence, parce que je n’ai pas le choix. Mais sinon, je l’abhorre au plus haut point. Il m’a fait connaître des souffrances que je n’aurais jamais crues possibles. Des tortures que même moi je n’aurais jamais osé mettre en œuvre, faire subir à des sujets. Et pour ça, on peut dire que je l’admire aussi. Après tout, détester quelqu’un n’empêche pas d’être également en admiration devant ce même quelqu’un. Et pour Lev, c’est tout simplement le cas. Sinon, je me rebellerais bien plus souvent que ça. Même si ça ne servirait à rien, vu son pouvoir.

Blake Osmond n’a pas mon respect. Après tout, chose pareille se mérite. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir actuellement toute mon attention. Mon souffle chaud réchauffe sa peau tandis que mes lèvres parcourent toujours sa gorge. Il n’y a pas à dire, elle sent vraiment bon. Elle a l’air vachement concentrée, mais je n’y prête pas plus attention que ça. Elle fait ce qu’elle veut avec son cerveau, avec ses pensées. Cela ne me regarde en rien. Pour le moment, seul son corps m’intéresse. Ou m’attire, tout du moins. J’ai quand même hâte de savoir ce qu’elle va me répondre. Après tout, elle est du genre grande gueule. Ou elle semble l’être. Elle avait osé m’insulter. Alors que pourrait-elle me dire, à présent ? Qu’encore une fois je suis ignoble ? Un sale pervers dégueulasse ? Que je ne suis qu’un monstre fait de vices, de péchés ? Si c’est le cas, alors elle aurait juste tellement raison. Et encore, cela serait même un euphémisme. Je respire le vice. Je vis le vice. Je ne fais qu’un avec lui. Si le vice devait porter un nom, ce serait sans doute le mien. Et Tevara est mon empire. Mon royaume. Je suis tel Satan gouvernant l’Enfer. Tel Hadès gouvernant les Enfers. Une fois passé le Styx, vous m’appartenez. Vous êtes mien. Vous êtes mon jouet. Tout le monde est concerné. Peu importe si vous êtes élève, enseignant, secrétaire, concierge, infirmière, je m’en moque. Chaque être vivant sur ces îles est comme un pion sur mon échiquier. Et je joue avec chacun d’entre vous pour mon plus grand plaisir. Tout comme je le fais avec la demoiselle aux cheveux flamboyants.

Alors que je remonte le haut de mon corps afin de la surplomber, la voici qui attrape ma cravate et tire dessus afin de me rapprocher de nouveau d’elle. Si elle ne voulait pas que je m’éloigne de son corps, elle n’avait tout simplement qu’à me le dire. Pas besoin de me tirer ainsi vers elle. Les femmes, c’est à n’y rien comprendre, eh. Elle passe sa main gauche dans le nœud de mon accessoire et commence à doucement la défaire du bout de son annulaire et de son pouce. C’est qu’elle veut me déshabiller, ou bien ? « Tu veux vraiment me lancer sur ce terrain de jeu périlleux ? » Dit-elle en soulevant son buste afin d’atteindre ma joue avec la sienne. « Tu sais, malgré les apparences, je suis assez joueuse. » Ah, mais je l’avais déjà deviné, ma chère Blake Osmond. Pressant plus ou moins fortement sur mon bas ventre de sa main droite, elle me fait vivement dresser le tronc, la ramenant avec moi. Elle enroule en suivant ses jambes autour de mon bassin, collant presque nos entrejambes l’un à l’autre, et les croise à l’arrière de ma personne pour bien se tenir à moi. Elle qui voulait pourtant me quitter le plus rapidement possible, la voilà qui se met complètement contre moi. Elle commence à me mordiller l’oreille. Je ferme légèrement mes paupières pour apprécier cet instant. À quoi joue t-elle, au juste ? À me faire ainsi du rentre-dedans ? À tenter à présent de me séduire ? J’entends presque le cœur de la miss tellement il bat fort. Je lui fais donc autant d’effet ? Ou c’est l’énervement qui fait ça ? « Et toi, Vlad Karei Boiovski, jusqu’où serais-tu prêt à aller ? » Elle approche soudainement ses lèvres des miennes, sans pour autant les toucher. Puis elle recule son visage, que je prends la peine d’observer de mes pupilles dorées. Elle s’avance de nouveau, frôlant mes lippes des siennes. Est-elle indécise sur ce qu’elle veut faire ? Qu’elle m’embrasse, si elle le désire. Ça ne me dérangera pas plus que ça. Bien au contraire. Plus le temps passe et plus je souhaite la croquer, plus je désire goûter son fruit. Elle se rétracte subitement. Elle a donc changé d’avis, eh. Dommage. Au passage, elle a refait correctement ma cravate. Toutefois pas aussi bien qu’elle ne l’était avant qu’elle ne me la défasse. Puis elle la serre d’un seul coup. Assez fort pour presque me couper la respiration. Mais pas assez pour me faire tousser sous la douleur. Ne voulant pas m’embêter à difficilement inspirer et expirer, j’arrête tout simplement d’utiliser mes poumons. Étant immortel, je n’ai de base pas besoin d’oxygène pour rester en vie. Mais même, je peux rester assez longtemps sans respirer avant de ressentir une quelconque sensation désagréable.

De ses petites mains, elle s’agrippe à ma chemise, se tenant bien droite. Si elle était grande, elle pourrait sans doute me dépasser. Mais cela ne l’empêche apparemment pas de me regarder avec un léger air supérieur. « Il serait fâcheux que je m’éprenne de toi, tu ne penses pas ? » J’arque un sourcil. Pourquoi cela devrait-il arriver ? Est-elle déjà en train de succomber à mon charme ? Elle n’aura pas duré longtemps, alors. Je passe mes mains le long de ses cuisses, puis de ses fesses, et je les abandonne dans le bas de son dos contre ses reins. Mon regard continue de se noyer dans le sien. Pourquoi serait-il fâcheux qu’elle s’éprenne de moi ? Elle ne serait pas le premier papillon à s’aventurer trop près de la lumière. Mais qu’elle fasse attention à ses ailes. Il serait dommage qu’elle fasse un remix d’Icare. Mais qui sait, je serai peut-être là pour la rattraper tel un Prince Charmant. Même si l’image me sied très mal. Approchant doucement mon visage du sien, je viens déposer un baiser frivole sur le coin de ses lèvres. « Tu fais tes propres choix. Cela ne me regarde en rien que tu t’éprennes ou non de ma personne. » Et c’est bien le cas. La soulevant sans mal, je me lève du divan et vais la déposer sur l’accoudoir, lui mettant la tête sur le dossier. Je la fais me lâcher pour qu’elle se retrouve entièrement allongée dessus, mais garde quand même ses jambes autour de moi, restant donc assez baissé pour que son postérieur soit également sur l’accoudoir et non dans les airs. Je pose ma main droite sur le coussin posé sur le divan à sa gauche, afin de ne pas trop affaiblir mon dos dans l’exercice. Je viens ensuite apposer mon front contre le sien. « Et je suis prêt à faire des choses que tu ne souhaites pas, crois-moi. Mais peut-être la prochaine fois, qui sait. » Dis-je d’une voix bien lubrique. Je viens ensuite lui mordre légèrement la gorge, laissant quand même une trace bien présente sur sa peau. Au même moment, une voix s’élève de derrière la porte du bureau. Quelqu’un est dans le couloir. « Vlaaad, viens m’aideeer. Y a un connard qui s’est foutu en créneau derrière moi et j’peux pas sortir ma voituuure. » Ah, ça, c’est Maria. Elle n’aura donc jamais de chance de ce côté-là. Venant presser ma main contre la bouche de Blake pour éviter qu’elle n’appelle à l’aider, je réponds vivement à ma petite Maria. « Tu n’as qu’à rentrer avec l’une de tes collègues. Je m’en occuperai après, promis. » Je l’entends un peu râler, puis partir. Attendant encore un peu juste histoire d’être sûr qu’on ne sera pas de nouveau dérangés, j’enlève enfin ma main de ses lèvres, que je viens ensuite dévorer avec les miennes. Le baiser ne dure que quelques instants, puis je me recule et l’observe en me léchant les lippes. « Comme tu hésitais à le faire, je me suis dit que j’allais gracieusement t’aider. Mais ne me remercie pas, je te prie. Tout le plaisir est pour moi. » Dis-je en rigolant.
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Sam 30 Jan - 16:46

Leave me alone !


Tout à une morale si l'on cherche bien.






B
l
a
k
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&

V
l
a
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L'amour est un mot bien compliqué, inexplicable même. Disons que tout dépend de votre point de vue, de votre âge, de votre culture, de votre éducation en somme. Demandez à un enfant, ayant vers les cinq ans, de vous parler de son amoureuse, et bien il vous répondra toujours à quel point elle est adorable, gentille, à quel point il aime lui faire des cadeaux et toutes les niaiseries allant avec. Ensuite, prenez un adulte, là, la notion d'amour devient de suite plus ambigüe. L'amour fait intervenir le sexe, sans sexe ce n'est pas une relation, et quelquefois ce que l'on nomme les sentiments amoureux n'ont même pas besoin d'être ici. Juste du sexe. Juste de la baise. Pour le plaisir qu'ils disent. Mais parlons surtout de la phase de transition, l'adolescence, pas le début mais la fin. Une jeune fille sur ses dix-sept ans connaît les battements de son coeur, elle y associe la raison et connaît tout aussi bien le désir, l'envie sexuelle. Sauf Blake, qui ne connaît rien. C'est une étourdie, une abrutie, une gamine sans cervelle et naïve. Quoi qu'elle sait se montrer intelligente quand la chance est avec elle. Le jour où j'en aurais le temps, je lui apprendrais le B.A-BA des relations amoureuses bien que je ne sois pas expert en la matière, seulement je me refuse à la laisser entre d'autres mains pour cet enseignement. Comme vous le savez tous, Blake c'est la fillette qui se nourrissait de compte et croyait au Prince Charmant, aux mariages royaux, aux aventures intrépides, mais surtout aux méchants. Et elle s'est toujours considérée comme une méchante, celle qui se devait de pourrir l'idylle du couple princier, enfin, de la roturière et du Prince, car depuis toujours, ses cheveux roux étaient des repousses-hommes et repousses-femmes. Ils voyaient dans le carmin de ses cheveux une couleur sanguinaire, insensible, cruelle et mortelle. C'est sûrement de là que vient son petit côté grande gueule et fouteuse de merde, elle se venge, rancunière dans l'âme. Toutefois, en grandissant elle s'adoucissait, son côté féroce restait présent mais sans la violence qui l'accompagnait, elle avait cessé de tabasser les premiers venus pour ensuite prendre ce qu'elle leur voulait, en faire ses jouets. Elle passait de Méchante de contes de fées à Héroïne pour contes pour psychopathes. Je ne sais pas encore lequel est le mieux.
Après, j’admets l’avoir connue sous un meilleur angle, une jeune fille fourbe et qui pourtant avait de l’amour à revendre, de la compassion et de l’indulgence à partager. Pour ne pas me mettre en tort, nous dirons simplement qu’un petit accident, volontaire, fit qu’elle perdit son côté sensible et compatissant, mais rien de bien grave je vous assure. De toute manière elle en avait déjà perdu une partie entre notre première et dernière rencontre. Il serait dommage de vous expliquer à sa place, elle serait ravie de le faire je suis sûre. Sa leçon est valable pour tous, la gentillesse c’est le mal. Être trop gentille apporte les malheurs, malheureusement elle ne s’en est jamais rendu compte à temps.

Il y a encore des choses auxquelles elle n'a jamais répondu, des questions en suspens, sans réelles convictions, des questions posées il y a des années comme il y a quelques minutes. Comme ce qu'elle pensait de la lettre de son frère. Pourquoi elle a toujours cru qu'ils l'avaient abandonné ? C'est beau de simuler, de prétexter un rejet. Mettons les choses plus ou moins au clair. Blake savait pertinemment depuis le début qu'elle n'avait pas été abandonnée, par ses parents du moins. Elle ne leur en a jamais voulu pour quoique ce soit, mais à toujours dû les intégrer dans l'excuse pour paraître plus crédible. Le problème, depuis le début, est Lysander. Elle veut lui échapper. Elle veut le revoir. Elle se met toute seule dans une contradiction. Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû, elle a toujours éprouvé pour son frère plus qu'un amour fraternel. Il était si gentil avec elle, si galant, un frère dont toute personne rêverait d'avoir. Tu étais amoureuse de lui, pas vrai ? Tu lui as dit aussi, tu t'en veux, n'est-ce pas ? Je sais tout, j'étais là, j'ai entendu. Il n'a pas refusé tes avances, il ne les a pas acceptées non plus, tu présentais cela tel un amour complexe, un amour partiel, rempli d'antagonismes. Il a simplement profité. Voilà pourquoi tu refuses de céder à Vlad. Parce que sans être comme Lysander, il lui ressemble quand même. Hors ce soir-là, c'est toi qui l'avait embrassé, tu n'avais pas hésité. Le sous-directeur caressait tes jambes, ton fessier pour nicher ses mains dans ton dos. Ton frère t’avait plaqué au mur, prolongeant le contact de ses lèvres contre les tiennes. Amour incestueux, tu sentais qu’il ne fallait pas, que ce n’était pas correct. Les Princesses n’embrassaient pas leurs frères, et les Méchantes Reines n’avaient pas le droit à l’amour. Néanmoins tu en réclamais, tu te disais digne d’en avoir. Je pense que tu as raison, mais tu n’as jamais demandé à la bonne personne. Le baiser continuait, ardemment. Vlad baisa le coin de ses lèvres. Tu fais tes propres choix. Cela ne me regarde en rien que tu t’éprennes ou non de ma personne. L’homme aux cheveux blancs la porta et la fit s’allonger sur l’accoudoir gauche, les jambes étaient toujours accrochées autour de son bassin. Le brun suréleva les cuisses de sa soeur pour la remonter à son niveau, la tenant fermement par son fessier, toujours son visage collé au sien. Le parallèle d’une situation déjà vécue, front contre front, les corps proches. Et je suis prêt à faire des choses que tu ne souhaites pas, crois-moi. Mais peut-être la prochaine fois, qui sait. Ils décalèrent leurs crocs vers sa gorge, mordant assez fort pour y laisser une trace, toutefois chacun d’un côté différent. La trace c’était estompée pour le premier, elle résistait pour le second. Que ne souhaiterait-elle pas, au fond ? Au fur-et-à-mesure, je vois pourquoi tu étais si hésitante à l’embrasser, je comprends même trop bien.

La douleur d’une trahison, l’annihilation d’un espoir. C’est donc de ça que tu as peur ? D’être trahie, abandonnée ? Mieux, tu as peur que, si tu te laisses aller, tu tomberas sous son charme. Et tu t’accroches tellement aux gens que leur départ est toujours trop difficile pour toi. Pourtant tu sais, Vlad n’est pas le genre de type tendre, qui restera dans ta mémoire assez longtemps pour que tu puisses éprouver des sentiments pour lui. Il y a bien mieux, des tas de gens qui te conviendraient mieux à Tevara. Mais tu ne vois que lui pour le moment, tu es captivée. Jusqu’à ce que quelqu’un la déconcentre et la fasse revenir à la dure réalité, une voix féminine appelant à l’aide l’homme avec qui elle passait son temps. De l’aide pour une place de parking. Enfin, elle pensait pouvoir sortir, il allait bien devoir sortir pour l’aider, or elle se trompait amplement. Le sous-directeur entoura la bouche de la rouquine avec sa main, elle prenait presque tout son visage tellement elle était grande. Blake s’arrêta de respirer quelques temps, un peu surprise et ne pouvant pas bien le faire à travers sa peau claire. Il veut vraiment la garder seule dans cette pièce pour la soirée hein ? Quoi qu’il en soit il n’accéda pas à la requête de la jeune femme derrière la porte, qui partit un peu mécontente. La demoiselle attrapa de ses deux mains son bâillon et tenta de le retirer. C’était fini, elle était partie, il n’y avait plus de risque alors bon, il pouvait au moins arrêter de l’étouffer, son visage avait viré rouge tellement elle se privait d’oxygène. Cheveux-blancs décala ses doigts, très lentement et les remplaça par ses lèvres. Le goût y était encore, c’était agréable. Vraiment délicieux. Et exécrable. La rousse laissait ses bras tomber sur les deux côtés de l’accoudoir, elle ne se débattait pas pour autant de ce baiser volé. Il n’avait pas duré longtemps, pas assez. Tu en veux encore Blake ? Demande-lui. Il la regardait satisfait, se léchant les babines comme s’il venait de finir son repas, et elle était rouge écarlate, couleur qui disparaissait peu à peu de son faciès. Comme tu hésitais à le faire, je me suis dit que j’allais gracieusement t’aider. Mais ne me remercie pas, je te prie. Tout le plaisir est pour moi.
Ces dernières paroles étaient, amères. Très amères. Il jouait avec ses nerfs et ça marchait. Elle se mit sur la pointe des pieds et d’un air lascif se rapprochait de lui. Une nouvelle fois, beaucoup plus violente que la précédente, Blake le gifla. Ce n’était pas une simple baffe, c’était un gros coup dans sa maxillaire, il avait osé lui voler un baiser pour ensuite lui dire que c’était de sa faute ? Mais il se prenait pour qui lui encore ?

Elle quitta le bras du divan et retourna près des étagères. C'était si joli, ces livres, ces figurines, toutes ces lettres entassées. Il n'y a que chez les nantis qu'on trouve ça, des décorations superflues. De toute façon il n'y a que les riches pour vous voler ce qui vous appartient, ils n'en ont jamais assez. Oui, Blake a déjà volé des baisers, mais ce n'était pas un pur plaisir, elle l'a toujours fait parce qu'elle éprouvait quelque chose pour la personne. Des fois le seul moyen de se rendre compte de nos vrais sentiments et de se lancer, pour au final admettre un jugement sur nous-même. Vlad faisait-il ça ? Non. Il n'aimait personne, il n'avait pas besoin de tenter les choses, il connaissait la sensation des baisers, des corps s'entrecroisant, de la chaleur ambiante. Peut-être pas de l'amour véritable, de l'amour tout court même. La demoiselle le connaissait à travers les contes, c'était expliqué en long et en large, les fins heureuses et les baisers d'amour véritable, mais elle n'avait jamais expérimenté la chose avec une personne qui l'aimerait en retour. Et ne le ferai probablement jamais. Elle commença a griffer les livres de ses doigts, chaque couverture avait maintenant sa trace.

« T’es vraiment un pauvre con. Je ne voudrais pas paraître vulgaire, mais… -elle jeta les livres par terre et les écrasa un par un- t’es une vraie crevure. Un enculé peut-être ? »

Elle avait tout fait tomber, saccagé la pièce de ses mains. La lionne était de sortie et elle comptait continuer. Seulement, connaissez-vous le réel sens de la lionne ? Pourquoi sort-elle les griffes ? D’une part, c’est vrai, pour tout anéantir, tout mettre à bas. Et l’autre part ? La lionne sort quand elle en a envie, quand elle a faim et a trouvé un plat digne de son appétit. La rouquine jetait des regards incessants à Vlad, tentant de ne pas se faire voir. Il te plaît bien finalement, tu te fiches de l’âge. Il est à ton goût. La miss posa son regard sur lui et s’approcha d’un pas soutenu, décidé.

« Ordure, si seulement je le pouvais je te ferai manger mes poings. T’es qu’un connard, je te déteste. - Elle était juste en face de lui, toujours une tête de moins et tira la cravate pour le faire descendre-. J’te casserai les dents un jour, pour m’avoir volé un baiser. Pour n’être qu’un emmerdeur. Je … vais…te… »

Il l’admirait avec son sourire en coin comme à son habitude. La rousse lâcha tout, bouche-bée. Furtivement, elle captura les joues de l’homme et l’embrassa. Elle l’avait fait, elle avait cédé, elle avait posé ses lèvres charnues sur les siennes. Il était si séduisant, si attirant, et son contact était si plaisant. Tu ne t’en lassais pas, c’était le contraire même. Le baiser était encore plus court que celui qu’il lui avait donné, elle avait honte et se rétracta rapidement, repoussant avec un peu de force son visage et fila vers la porte, fermée, remuant sans arrêt ses lèvres, encore imbibée du goût de l’autre abruti, sur son visage rougi de honte. Elle espérait une sortie, elle voulait partir. C’est après un peu moins d’une heure dans ce bureau que tu auras enfin compris ce qui n’allait pas dès le début Blake, ce qui était là depuis le commencement et que tu as nié. Il a toujours été plus fort, que ce soit en séduction ou dans n’importe quel autre domaine. Lorsque tu as posé ce pied dans son bureau, tu avais déjà, sans le savoir, céder à la tentation. Il est l’heure de l’avouer, tu t’es éprise de lui depuis longtemps. Tu as lamentablement échoué, Blake.

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A Wolf and a Lioness



L’amour. Pour moi, ce n’avait jamais été qu’un concept. Un sentiment que les gens avaient créé afin de se rassurer. Afin d’adoucir leur vie, de la rendre moins amère. Afin de pouvoir avancer à travers les jours mauvais et de survivre jusqu’aux jours meilleurs. Une idée, une croyance faite pour garder espoir en un monde perdu d’avance. L’amour, ce n’était qu’une chose inventée par les plus grands afin d’émerveiller les plus petits. C’était tout simplement leur jeter de la poudre dans les yeux, leur poser un voile sur le visage, leur cacher l’atrocité et la monstruosité de la réalité. L’amour, ce n’a jamais été qu’une pensée abstraite pour éclairer les plus faibles d’une lumière pourtant noire. Une lueur dans l’obscurité pour la majorité des moutons qu’est la population humaine. Mais ce n’est en vérité qu’un concept de bas étage. Une excuse à la reproduction. Une excuse à l’acharnement. À l’agression. À certaines tortures. L’amour, c’est aussi une excuse à la lâcheté. Au manque de bravoure. Parfois au manque tout court. L’amour d’une mère ? D’un père ? D’un frère ou d’une sœur ? D’amis ? D’amants ? Tout. Inventé. Autrefois, la mère ne s’occupait qu’à peine de ses enfants. Autrefois, les bébés en trop étaient jetés en pâture aux cochons. Autrefois, le père ne se préoccupait même pas de sa propre famille. Autrefois, les parents commençaient par se nourrir eux-mêmes avant de partager avec leur progéniture. Autrefois, on ne voulait se lier qu’aux plus riches et aux plus puissants. Autrefois, l’amour n’existait pas. Je vous l’ai dit. Ce n’est qu’un concept.

Alors, vous pourriez continuer de me dire que j’ai tort. Vous pourriez essayer de prendre ma vie en exemple. Comme quoi j’ai forcément connu le moindre amour. Et je vous répondrais que c’est peut-être le cas. Vous pourriez me parler de Yuliana, ma Mère. Alors je vous dirais que si l’amour d’un parent est de vendre son enfant au plus offrant, alors j’ai été beaucoup aimé. Ou de mon Père, Yuri. Il nous a tellement aimés qu’il nous a littéralement abandonnés pour une femme plus jeune et plus riche. Adam, mon nouveau père. En réalité, il ne s’intéressait sûrement qu’au magnifique corps de ma Mère. Et je le comprends. Elle était merveilleuse, resplendissante. Vous pourriez alors évoquer mes frères et sœurs. Ils ne se rappellent sans doute même pas de moi pour la plupart. Et l’autre partie me croit mort. Sans doute ma Mère qui a trouvé bon de leur faire gober un tel mensonge plutôt que de partager avec eux la dure vérité des choses. Et ma nouvelle famille, alors ? Après tout, ils m’ont acheté. Ils m’ont donc choisi. Moi, pas un autre. Sans doute parce que j’étais le moins cher, non ? Pour prendre un enfant d’une famille pauvre ? Donnez-leur quelques pièces et ils vous baiseront les pieds en vous appelant leur Seigneur. Et ma petite fiancée, Alisa ? Ce n’était qu’un mariage arrangé par nos parents respectifs lorsque nous avions à peine douze ans. Certes, nous nous entendions bien. Elle était gentille avec moi. Mais ce n’est en rien suffisant pour que j’éprouve un tel sentiment inexistant. Surtout qu’au final nous n’avons jamais échangé aucun vœu devant l’autel. Et tous mes ex, dans l’histoire ? Je n’appréciais que leur corps. Et le fait de m’afficher en leur présence. Je n’ai jamais choisi des gens laids ou bêtes. Apprendre à bien connaître quelqu’un ne m’intéressait déjà pas. À quoi cela aurait-il pu me servir de toute façon ? Les gens sont inutiles. Alors nul besoin de m’encombrer de leur compagnie. Et ma meilleure amie, Yevpraksiya ? Elle s’était elle-même donnée ce titre. Après, j’avoue qu’elle arrivait parfois à se montrer utile. Quand un professeur avait une dent contre moi, par exemple. En tant que déléguée, elle avait un minimum de pouvoir. Alors l’avoir dans ma poche n’était pas chose vaine. Mes collègues de travail ? Personne ne se supportait au MGB. Tout le monde était le rival de tout le monde. Surtout moi, le fils d’un haut placé. Pour les autres, je ne méritais pas ma place. Et pourtant, j’étais celui qui faisait le mieux son boulot. Mais que voulez-vous, ils avaient leur propre vision des choses. Une vision erronée. Ma femme, alors ? Après tout, je me suis bien marié, une fois rendu en République Démocratique Allemande. Une dame du pays. Philae. Vous pourriez du coup penser que j’étais allé jusqu’à l’autel avec elle pour sa richesse. Sauf qu’elle n’était pas riche. Non. Philae, elle était belle. Elle était rayonnante. Elle resplendissait bien plus que le Soleil lui-même. Philae, c’était une blonde aux yeux verts avec des formes pas trop protubérantes, mais assez faites pour pouvoir faire tourner les têtes sur son passage. Philae, elle travaillait dans un bar et se faisait souvent chahuter. Philae, je devais la posséder. Et le seul moyen pour qu’elle soit complètement mienne fut tout simplement de lui passer la bague au doigt. La séduire fut chose aisée. La demoiselle était déjà dévorée par l’envie de m’avoir dans son lit. En même temps, les jeunes femmes allemandes étaient toutes intéressées par les beaux soldats russes que nous étions. Et étant l’un des plus jeunes de la garnison, j’étais forcément le plus convoité. Sauf que Philae était la seule à avoir un minimum d’intérêt à mes yeux. Combien de paris avaient été mis à l’eau à cause de moi ? Tous les mâles voulaient se la faire. Mais je l’avais eue.

Et c’est ici que vous pourriez vous arrêter dans les quelques exemples à prendre. Non pas qu’il n’y ait pas d’autres choses à évoquer, mais plutôt que vous n’en auriez pas le courage. Abandonner, c’est tout ce que vous seriez capable d’accomplir. Et vous seriez sûrement tenté de prendre aussi l’amour en excuse, hein ? Mais jamais vous ne pourriez m’enlever l’idée que l’amour n’est qu’un concept abstrait. Comme tous les autres sentiments, je suppose. Nous pourrions parfaitement vivre sans. Mais la nature en a décidé autrement. C’est pourquoi je pense que les animaux nous sont supérieurs. Ils sont la preuve que presque tout  ce que nous appelons émotions est tout bonnement inutile. Ce n’est que de la poudre aux yeux. Tout ça pour pouvoir avoir l’illusion de vivre correctement. Qu’est-ce que l’être humain ne serait pas prêt à inventer pour ses petits plaisirs égoïstes, hein. Quelle abomination.

La demoiselle Osmond a peur de s’éprendre de ma personne. Pourquoi voudrait-elle éprouver un quelconque amour pour moi ? À moins qu’elle ne parle de simple attirance ? Certaines personnes n’arrivent pas à en faire la différence. Ils leur suffisent de vouloir amener quelqu’un dans leur lit pour penser qu’ils désirent passer leur éternité avec cette même personne. Après le baiser volé, son regard change du tout au tout. La haine cachée au fond d’elle se réveille. Elle se met sur la pointe des pieds et sa main rencontre ma joue en un claquement resplendissant. La douleur n’est toujours pas là et la marque disparaît bien plus vite qu’elle n’est arrivée. N’a-t-elle donc pas aimé le contact de mes lèvres contre les siens ? L’a-t-elle détesté à ce point-là ? Ou alors était-ce son premier baiser ? On ne sait jamais, après tout. Peut-être la demoiselle n’est-elle qu’une ignare. Je pourrais alors lui apprendre avec joie le plaisir des corps qui s’enlacent et ne font qu’un. Elle s’éloigne promptement de l’accoudoir. Ai-je tué son humeur joueuse ? Tout ça en un baiser ? C’est que la demoiselle n’est pas très forte. Elle abandonne très vite. Elle parcourt les livres correctement rangés sur les étagères. Il y en a de tous les genres. Et je les ai absolument tous lus, d’ailleurs. Les parcourant toujours, elle décide de les griffer. Ah, quel dommage. En plus de refaire la décoration, il faudra que je change tous les bouquins de cette étagère ? C’est que la gamine va me coûter cher, apparemment. « T’es vraiment un pauvre con. Je ne voudrais pas paraître vulgaire, mais… T’es une vraie crevure. Un enculé peut-être ? » Dit-elle en jetant violemment les bouquins sur le sol et en venant les piétiner. En attendant qu’elle termine sa petite crise, j’en ai profité pour me servir et descendre un autre verre d’alcool. Elle s’approche soudainement de moi et je pose alors mon verre vide sur la table. « Ordure, si seulement je le pouvais, je te ferais manger mes poings. T’es qu’un connard, je te déteste. » Dit-elle d’une voix bien décidée. Puis elle attrape ma cravate et tire dessus pour que je me baisse et sois à son niveau. C’est qu’elle n’aime pas être regardée de haut, eh. « J’te casserai les dents un jour, pour m’avoir volé un baiser. Pour n’être qu’un emmerdeur. Je … vais…te… » Quelle rancune. Tout ça me fait juste tellement sourire. Après tout, n’est-elle pas merveilleuse lorsqu’elle est en pétard ? C’est bien l’un des plus beaux côtés des femmes. Elles s’énervent si facilement. C’en est si drôle. Toujours. Elle plaque brusquement ses mains sur mes joues, me surprenant presque, et vient accoler ses lippes aux miennes. Et voilà, la miss a cédé à la tentation. Le baiser ne dure pas. Il est concis. Mais reste assez passionné. Elle se rétracte tout aussi rapidement et me repousse de ses petites mains, puis vole jusqu’à la porte fermée à laquelle elle fait face, comme pour se cacher de mon regard appuyé.

Je ricane allègrement. D’une main distraite, j’attrape la bouteille et termine le peu qui y reste d’une traite. Je m’attèle ensuite à ranger le contenant ainsi vide et le verre dans un des tiroirs de mon bureau. Je le nettoierai plus tard, ce n’est pas pressé. Je ramasse également la clef gisant toujours sur le sol et vais la déposer en haut d’une étagère. J’enlève mes lunettes et les dépose sur le bureau. Il serait fâcheux de les faire tomber par mégarde, alors autant qu’elle soit en sûreté dans un coin. Je reviens ensuite vers la jeune fille, toujours dos à moi. La porte est-elle si belle que ça ? Je me tiens juste derrière elle. « Pourquoi autant de violence dans tes paroles ? Surtout pour ensuite venir me voler un baiser à ton tour. » Dis-je en enlevant gilet et veston, ne gardant ainsi que la chemise. Après tout, la chaleur se fait plus présente avec tout ce trop-plein d’hormones. Mes mains viennent doucement se poser sur ses hanches, mon buste se collant à son dos et ma joue se précipitant contre la sienne. « Mets donc ta haine de côté, veux-tu. » Mes lèvres glissent le long de sa joue, de son menton, puis de son cou. Ma main droite est venue pousser ses cheveux, pencher sa tête vers la droite et lui caresser doucement le crâne. Je m’applique à lui faire un suçon bien voyant, quittant ensuite sa délicieuse gorge pour de nouveau rejoindre ses lèvres bien appétissantes. Mais juste un instant. « Et avec de la douceur, tu préfères ? » Demande-je comme pour illustrer mes actes. Sûr que ça doit changer par rapport à jusqu’à présent. Surtout que je la sais presque consentante depuis le baiser qu’elle m’a volé. Pourquoi l’aurait-elle fait, sinon ?

Je la retourne alors brusquement et la plaque tout aussi violemment contre la porte, posant mon front contre le sien. Mes mains viennent se poser contre ses cuisses et, s’y agrippant correctement, je la soulève sans trop de mal, la montant jusqu’à ce que nos visages soient au même niveau. Je la maintiens ainsi en sandwich entre ma personne et la porte, mes mains ayant à présent glissé sur ses fesses, ses cuisses posées sur mes avant-bras, mes coudes juste sous ses genoux. « La question est : Désires-tu aller plus loin maintenant, ou attendre notre prochaine rencontre ? » Personnellement, l'un ou l'autre me convient. Même si j'ai actuellement du temps à perdre. Mais je vais quand même la laisser décider. Après tout, je ne suis pas d'humeur au viol, là. Mon regard est planté dans le sien. Mon souffle chaud se heurte contre ses narines. Mes doigts sont ancrés dans son fessier. Nos entrejambes sont collées l’une à l’autre. Avant qu’elle ne réponde, je viens lui voler un autre baiser, toujours aussi court. Si elle en veut un long, elle n’aura qu’à demander. Ou le prendre d’elle-même. « Alors, petite lionne. Que veux-tu de moi ? »
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Leave me alone !


Soyez ce que vous voudriez avoir l'air d'être.






B
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V
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Tu veux déjà me quitter ? Je ne te satisfais pas Elizabeth ? Oh bien sûr que si, il était même trop bien pour toi. Tu ne vaux rien. Tu te tenais devant la porte de la chambre, une petite porte en bois qui se laissait ouvrir par la poignée en fer qui la poignardait au milieu. Ta main droite caressait le bois tandis que l’autre allait appuyer sur la poignée. Tu ne devrais pas avoir honte, nous sommes tous les deux fautifs. Je te promets, tu iras mieux après. Balivernes, ce n’était qu’un prétexte pour te connaître plus intimement. Pouvoir te faire sienne pour une nuit, le plaisir de l’inceste. Tu ne l’avais même pas laissé t’approcher, ça te dégoûtait tellement, tu te rebutais toi-même d’avoir fait ça. Le brun s’était rapproché agilement et tu avais appuyé fermement sur cette foutue poignée pour sortir, et il plaqua sa main sur le coin supérieur pour la refermer. Violemment.

Tling. La bouteille en verre que Vlad reposa dans les rangements du bureau trinqua avec le verre dans lequel elle avait bu, ce qui la sortit de ses pensées. Elle admirait l’homme de loin, sortir était toujours une priorité bien qu’il soit trop tard pour fuir la réalité maintenant que le mal était fait. Ici la porte était beaucoup plus imposante, construite dans un bois plus robuste et la poignée était dorée, c’était un pommeau en fait. Comme prévu, elle apposa sa main dessus sans pour autant la tourner. Blake ne saurait-elle pas si elle aime ça ? Ce petit jeu qu’elle a produit ? Certes, cela ressemble fortement à ce pourquoi je l’ai trahie, et ce pourquoi je la trahirai si cela se reproduisait. Mais personne ne peut t’en vouloir, tu es humaine, tu fais ce que tu veux, tant que tu ne t’attires pas les foudres du sous-directeur. Toujours la main ressentant la froideur du pommeau, elle lorgnait ses moindres faits et gestes. Il ramassait la clé avec grâce et la posa en haut de l’étagère. Rends-toi à l’évidence, la dernière sortie est la fenêtre, mais tu ne vas quand même pas t’y risquer du troisième étage. D’un coup d’oeil furtif il se tourna en sa direction, elle se remit alors à contempler les gravures de la porte. La rousse entend tout, son souffle léger, ses pas avenants, son regard accusateur et même la suite des évènements. Il ôta deux pièces de son costume, dévoilant sa chemise bleue nuit contrastant avec son pantalon beige, la rouquine rattacha son gilet à l’aide de la fermeture éclair, bien jusqu’en haut. La demoiselle n’avait pas pour habitude de bien s’habiller, un jean gris un peu troué au niveau du genou du fait de ses nombreuses chutes, un bustier noir toujours surplombé de ce fameux gilet ample à capuche. Les reproches sont des choses que les adultes savent bien faire, remettre la faute sur votre personne. Pourquoi autant de violence dans tes paroles ? Surtout pour ensuite venir me voler un baiser à ton tour. Pourquoi ? Parce qu’il le mérite, et ce n’est pas un baiser volé, il devait s’y attendre, c’est de sa faute. Ah, oui, on peut aussi facilement l’accuser, mais allez savoir qui de la lionne ou du loup est le plus vorace. Après tout, canidés et félins s’opposent et se complètent, non ?

La sensation éprouvée à chaque toucher de sa part, que ce soit sur les hanches, le contact de son buste sur son dos ou encore de leurs visages plaqués l’un contre l’autre, tout est envoûtant. Mets donc ta haine de côté, veux-tu. J’allais le proposer, mais il l’a fait, au final il commence à te comprendre, tes désirs sous ta haine, tu t’es trahie toute seule il y a quelques instants. Tu mérites la punition qu’il t’inflige. Elle se mordit les lèvres quand celles du sous-directeur atteignirent son cou tout en dévalant le côté de son visage. Il retira les mèches gênantes de son cou et lui bascula la tête sur le côté pour entamer ce qu’on appelle une morsure d’amour. Voilà que ses lèvres s’accolèrent à sa peau et commencèrent à la sucer délicatement, Blake ne rougissait plus de honte, elle appréciait comme il lui avait demandé. C’est un milliard de fois plus agréable lorsqu’on en oublie que la personne derrière est celle que vous avez frappé à plusieurs reprises. La marque laissée était pourpre, impeccable et témoignait de ce qu’il s’était passé dans ce bureau. La main qui avait décalé son visage finit par le tourner vers Vlad pour qu’il y dépose encore un baiser furtif. Et avec de la douceur, tu préfères ? La réponse inavouée est oui, et le sera toujours. Subitement, il la balança contre la porte, la retournant au passage et colla son front sur le sien. Contrairement à ce qui était au début, la rouquine n’avait plus aucun mal à respirer, à apprivoiser ces moments et les prendre comme ils venaient. Donc, dès qu’il l’eut soulever de ses mains pour la mettre à son niveau, ce qui d’ailleurs l’enchanta, la petite ne rouspéta pas et se laissa entraîner. L’homme aux cheveux-blancs tenait bien ses fesses et elle reposait uniquement sur tous les avant-bras de celui-ci.

La question est : Désires-tu aller plus loin maintenant, ou attendre notre prochaine rencontre ? Des mots luxurieux, des mots convenant parfaitement à Vlad qui pourtant firent hésiter la rousse. Non pas de savoir si c’était maintenant ou plus tard, mais si elle devait continuer sur cette lancée ou s’arrêter. Nous savons tous les deux où ce genre de question mène, n’est-ce pas Blake ? Si tu veux on peut remettre ça à plus tard, comme tu préfères. La rouquine abandonna des yeux le sous-directeur et regardait dans le vide. La différence entre Vlad et Lysander, c’est qu’elle en aimait un mais n’aime pas l’autre. C’est de la curiosité, simplement de la curiosité. Et du plaisir aussi. Qui peuvent, quelquefois, mener à ce sentiment appelé amour. Il lui vola un baiser qui la réveilla, il était toujours aussi court et elle en était frustrée, trop frustrée. Alors, petite lionne. Que veux-tu de moi ? Elle sourit et décala ses coudes pour les mettre sur les épaules de l’homme et ainsi pouvoir frôler de ses doigts, son visage et ses cheveux. Le fait qu’il lui touche le fessier ne lui effleura même pas l’esprit, elle voulait continuer de jouer, mais pas trop non plus.

« Je n’attends rien de ta part Boiovski, je te méprise toujours autant il faut croire. -Elle enroula une de ses mèches blanches autour de son index et caressant sa joue de l’autre main-. C’est d’ailleurs pour ça que nous n’irons pas plus loin. »

Ne pas aller plus loin que quoi, hein petite rose ? Tu ne connais même pas tes propres limites, tu ne sais pas t’arrêter quand tu es lancée, à moi que quelqu’un ne t’arrête, tout bonnement. Et le loup ne le fera pas, il te mène dans le sens opposé même. Ses petites mains se baladaient sur le corps de l’homme, elle le reluquait de haut en bas, elles glissaient de haut en bas sur le torse, sur le haut de la chemise qu’elle froissait à chaque passage, sur ses épaules vigoureuses, sur son visage charmeur. La cravate prenait le dessus surtout maintenant que le gilet avait disparu, c’était si dommage. La rouquine la tripota alors frénétiquement tout en remontant jusqu’au noeud, à ce moment ses yeux croisèrent ceux d’un doré poignant. Elle jeta sa tête en arrière sur la porte en bois, laissant entrevoir le suçon qu’elle avait caché de ses cheveux.

« Dis-moi tout, qu’attends-tu de moi Vlad ? »


Ce qui différencie un canidé d’un félin est sa race qui est la plupart du temps définie par le physique. Blake et Vlad n’ont rien en commun, rien de vraiment flagrant. Toutefois, je pense qu’il faut s’accorder sur un point, les deux savent jouer de l’autre. Et pourtant, ils restent diamétralement opposés. La demoiselle se redressa et, toujours les mains sur le noeud de cravate, elle captura les exquises lèvres du sous-directeur et y resta. Longuement. Le temps de pouvoir descendre ses mains dans l’échine de celui-ci et d’introduire ses mains sous la chemise, la libérant ainsi de l’emprise de la ceinture. Elle remontait sa colonne vertébrale, décidément, tout était bien fait chez lui. Elle s’arrêta au niveau des omoplates où elle logea ses deux mains. Le baiser continuait, elle avait fermé les yeux et n’avait pas remarqué qu’elle l’avait quelques peu démuni de sa chemise, celle-ci étant remontée au milieu du dos, et à peu près au quart à l’avant, dévoilant sa musculature. Elle se retira au bout d’un moment et se lécha, puis se mordit la lèvre inférieure, satisfaite de ce baiser, elle ne se tenait qu’à quelques centimètres de son visage, le reste du corps toujours en place.

« Veux-tu bien me faire descendre à présent ? »

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